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Tibet

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Pour les articles homonymes, voir Tibet (homonymie). Page d'aide sur l'homonymie
Cet article a pour sujet le Tibet. Pour les actuelles manifestations au Tibet, voir Troubles au Tibet en 2008‎.
Tibet
Localisation Chine continentale : provinces de
l'Ü-Tsang, de l'Amdo et du Kham.
Langues Geman Deng
Groma
Tibétain
Capitale Lhassa
29°39′23″N 91°7′42″E / 29.65639, 91.12833
Superficie 2 500 000 km2
Population[1] 5 020 000 Tibétains
1 470 000 Chinois Han
790 000 Autres ethnies
Tibet culturel/historique et revendications territoriales diverses
Tibet historique revendiqué par les tibétains en exil
Territoires désignés comme tibétains par la RPC
Région autonome du Tibet
Revendiqué par l'Inde comme partie de l'Aksai Chin
Revendiqué par la RPC comme partie de la Région autonome du Tibet
Autres zones de la sphère d'influence historique tibétaine

Le Tibet est l'aire asiatique habitée par le peuple des Tibétains. Cette zone linguistique tibétaine ainsi que « le grand Tibet historique » revendiqué par le gouvernement tibétain en exil sont composés de trois régions : le Ü-Tsang (dont la plus grande partie du territoire est aujourd'hui comprise dans la Région autonome du Tibet), l'Amdo (correspondant aujourd'hui globalement aux provinces chinoises du Qinghai et du Gansu) et le Kham (dont le territoire est partagé entre les provinces du Sichuan et du Yunnan et la Région autonome du Tibet). Le nombre de Tibétains dans l'ensemble de ces régions est de 5 020 000, selon le bureau des statistiques de Chine[1]. Le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala (Inde) donne une estimation proche de ce chiffre de 6 millions de Tibétains vivant actuellement au Tibet. Il faut ajouter qu'environ 150 000 Tibétains ont fui le Tibet et vivent actuellement en exil, principalement en Inde.

La superficie du Tibet varie de 1 221 600 km2 (pour la région administrative, qui correspond à peu près au territoire qui était indépendant de facto entre les deux guerres mondiales, mais est plus réduite que celle du territoire administré par les dalaï-lamas sous la dynastie Qing)[2] à 2 500 000 km2 pour le Grand Tibet revendiqué par le gouvernement tibétain en exil. La population de la Région autonome comptait 2 616 000 habitants en 2000[3]. La capitale historique qui, traditionnellement, concentre l'autorité religieuse et temporelle du Tibet, est Lhassa.

Tibet se voit parfois orthographié Thibet, notamment dans les récits de la célèbre exploratrice et orientaliste Alexandra David-Néel.

Sommaire

[modifier] Définitions du Tibet

Lorsque la République populaire de Chine utilise le terme Tibet, elle fait référence à la région autonome du Tibet dont la capitale est Lhassa, l'une des cinq régions autonomes de la RPC ; elle y inclut la plus grande partie de l'État indien de l'Arunachal Pradesh dont elle revendique la possession.

Lorsque le gouvernement tibétain en exil et la diaspora tibétaine utilisent le terme Tibet, ils se réfèrent aux régions correspondant aux provinces traditionnelles de l'Amdo, du Kham et de l'Ü-Tsang, recouvrant à la fois la région autonome du Tibet et les entités autonomes tibétaines des provinces du Qinghai, du Gansu, du Sichuan et du Yunnan.

[modifier] Généralités

Les entités administratives autonomes tibétaines de la République populaire de Chine.

Selon le gouvernement tibétain en exil, le Tibet est composé de trois régions :

L'ensemble de ces régions a été unifié au VIIe siècle sous le règne du roi Songtsen Gampo, mais aussi au XVIIe siècle sous le 5e dalaï-lama[4]. Cependant, des populations non tibétaines sont installées, parfois anciennement, dans certaines zones ; c'est notamment le cas des Hans autour de Xining et dans l'est du Kham, ou des Mongols autour du lac Kokonor et dans le bassin du Qaidam.

Les Tibétains parlent le tibétain, une langue de la famille tibéto-birmane, et sont majoritairement bouddhistes, plus précisément le bouddhisme vajrayâna.

L'économie du Tibet est peu développée. Les principales activités sont l'élevage du mouton, de la chèvre et du yack, la culture des céréales (dans les vallées du Sud et du Sud-Est) et l'exploitation du bois (dans le Sud). Le tourisme est aujourd'hui possible, bien qu'encore encadré, et représente une part importante de l'économie.

[modifier] Histoire

Icône de détail Article détaillé : Histoire du Tibet.
Drapeau du Tibet (1912-1959), créé en 1912 par le 13e dalaï-lama, à partir d'emblèmes[réf. nécessaire] remontant au règne du roi du Tibet Songtsen Gampo au VIIe siècle. Drapeau militaire de 1912 à 1951, il continue à être employé par le Gouvernement tibétain en exil, mais est interdit en République populaire de Chine depuis 1959 qui le nomme parfois Drapeau aux lions des neiges[5].

Version du drapeau du Tibet (1912-1959) présentée par le 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso, en 1912, qui continue à être employée par le gouvernement tibétain en exil mais proscrite par la République populaire de Chine. Son origine remonterait au VIIe siècle sous le règne du roi du Tibet Songtsen Gampo.

« Les Cinq peuples rassemblés », le Drapeau de la République de Chine de 1912 à 1928, représentant les Hans, les Mandchous, les Mongols, les Ouïgours et les Tibétains - les cinq peuples principaux de la République de Chine[6]
Carte de la Chine des Qing en 1892 ; le Tibet y est représenté rattaché à la Chine (comme la Mongolie)

L'histoire, notamment les événements du XXe siècle, ont donné lieu à une double interprétation relevant du domaine de l'historiographie.

[modifier] Avant 1950

Au VIIe siècle, le Tibet unifié est fondé par Songtsen Gampo, qui crée un vaste et puissant empire. Pour consolider ses alliances politiques, il prend pour épouses la princesse népalaise Bhrikuti, fille du roi Amsuvarma, et la princesse chinoise Wencheng Gongzhu, nièce de l'empereur Tang Taizong. Les Tibétains attribuent l’introduction du bouddhisme et la fondation du temple de Jokhang à ces deux reines, considérées comme deux incarnations du bodhisattva Tara.

Chine, Dynastie Yuan mongole, 1294

Après l'invasion et le contrôle par le pouvoir mongol de la Chine au XIIe siècle et la fondation de la dynastie Yuan par Kubilai Khan, les relations politiques entre les chefs des écoles du Bouddhisme tibétain et l'Empereur de Chine, Mongol à l'époque, débutèrent. Kubilai Khan interagit avec les Sakya qui conserveront leur rôle politique.

De 1643 à 1949, le Tibet était gouverné par le dalaï-lama et le gouvernement tibétain, parfois en tant que chef d'État, parfois en tant que vassal de l'Empereur de Chine et soit comme 1er grand Lama soit en partageant le pouvoir avec le panchen-lama.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, une situation de concurrence se développe entre la Russie et la Grande-Bretagne, la Grande-Bretagne cherchant à contrôler le Tibet depuis l'Inde, et la Russie cherchant à l'en empêcher pour maintenir son influence en Asie centrale. Par leur expédition militaire conduite par le colonel Francis Younghusband, qui écrase dans le sang en 1904 la défense tibétaine, les Britanniques finissent par s'imposer au Tibet, et s'y attribuent des privilèges commerciaux et diplomatiques.[7]

En 1908, la Chine, profitant du départ des troupes britanniques, envahit le Tibet pour en reprendre provisoirement le contrôle[8] en tant que puissance suzeraine, jusqu'à la révolution de 1911 qui marque l'effondrement de l'Empire Qing et l'installation de la République de Chine. Cette invasion entraîne la fuite en Inde du 13e dalaï-lama qui est déposé par la Chine.[8]

Les troupes et les autorités officielles chinoises sont expulsées du Tibet en 1912 par les Tibétains. En 1912, suite à une lettre de Yuan Shikai souhaitant restaurer le rôle du dalaï-lama, celui-ci répond qu'il ne demande aucun titre du gouvernement chinois car il entend exercer son pouvoir spirituel et temporel au Tibet.[9] Cette lettre est considérée comme une déclaration d'indépendance.[8] Le 13e dalaï-lama proclame publiquement puis par un édit l'indépendance du Tibet en 1913. La même année le Tibet et la Mongolie (indépendante depuis 1911 et elle a adopté le bouddhisme tibétain et était vassale de l'Empire chinois) signent un traité de reconnaissance mutuelle de leur indépendance de la Chine en présence d'Agvan Dorzhiev. Mais le Kashag et le 13e dalaï-lama ne reconnaissent pas cet accord[10][11], et la communauté internationale ne reconnaît ni l'indépendance de la Mongolie, ni celle du Tibet[12].

En 1914, à l'issue de la Conférence de Simla où la Grande-Bretagne, le Tibet et la Chine sont représentés, les régions de population tibétaine sont divisées en « Tibet Extérieur » administré directement par le dalaï-lama et « Tibet Intérieur » administré par la Chine et sous l'autorité uniquement spirituelle du dalaï-lama, les deux secteurs étant considérés comme étant sous la « suzeraineté » chinoise[13]. Bien que représentée, la Chine ne signa pas cette convention, ce qui introduisit une durable incertitude sur sa reconnaissance de cette proposition et donc sur ses possibles revendications sur le Tibet.

En fin de compte, cette division entre un « pays Intérieur » administré par la Chine et un « pays Extérieur » administré par un gouvernement local, fut appliquée après la Première Guerre mondiale au Tibet et à la Mongolie. Au Tibet, le « pays Extérieur » était composé de la partie occidentale de l'actuelle Région autonome, à l'ouest de Lhassa incluse. Le « pays Intérieur » était composé des régions de Koukou-Nor (actuel Qinghai) et de Tchouan-Pieng (ou Kham: est de l'actuelle Région autonome, et ouest du Sichuan).

En 1946, après la guerre sinojaponaise, les representants du gouvernement tibétain rencontrent le gouvernement du Guomindang qui dirige aujourd'hui Taiwan et considère toujours le Tibet comme faisant partie de la Chine à Nanjing [14]

[modifier] Après 1950

En 1950, l'Armée populaire de libération entre dans la région tibétaine orientale de Chamdo et rencontre peu de résistance de la part d'une armée tibétaine faible et mal équipée[15].

Le 23 mai 1951, des représentants du Dalaï-lama signent à Pékin l'Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet, sous la menace d'une poursuite de l'avancée de l'APL[16].

En 1954, le 14e dalaï-lama, le 10e panchen-lama et le 16e karmapa se rendent à Pékin pour discuter de la question du Tibet avec Mao Zedong[17]. Lors d'une entrevue avec le dalaï-lama, Mao lui donne l'assurance que l'identité tibétaine sera respectée et qu'aucune grande réforme ne sera entreprise au Tibet pendant six ans[18].

Les États-Unis, dans une visée anticommuniste, apportent leur soutien à la guérilla tibétaine opposée au parti communiste chinois, entraînent les guerriers tibétains[19], et invitent le dalaï-lama à s'exiler en Inde[20].

En 1956 a débuté à Litang dans le Kham une révolte des Tibétains contre l'occupant chinois, qui s'est étendue aux autres secteurs du Kham, puis en 1957 et 1958 dans les secteurs de l'Amdo, puis en 1958 et 1959, dans le Ü-Tsang, la Région autonome du Tibet, avant de s'étendre à l'ensemble du territoire. En 1959, l'insurrection éclate à Lhassa, le dalaï-lama fuit le Tibet pour se réfugier en Inde. Il sera suivi d'environ 100 000 Tibétains. Cette révolte fut sévèrement réprimée par les autorités chinoises. Le nombre de victimes tibétaines, important sujet de désaccord entre la Chine et le gouvernement tibétain en exil, est généralement estimé à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

À partir de 1959, juste après avoir réprimé ce qu'il qualifie de révolte de l'ancienne classe privilégiée de l'ancien Tibet, le gouvernement communiste met en place au Tibet une série de réformes, notamment l'abolition du servage[21].

Selon Amnesty International, depuis 1987, plus de 214 tentatives de manifestations pour l'indépendance ont été réprimées et les manifestants arrêtés expédiés dans des camps de travail. Tous ont été condamnés à des peines allant de 3 à 20 ans de prison.

Alors que Hu Jintao était le responsable politique au Tibet en 1989, une manifestation de Tibétains finit dans un bain de sang, au moins 450 personnes furent tuées[22]. Selon Tang Daxian, un journaliste chinois dissident, la police de Lhassa avait reçu l'ordre de Pékin de provoquer un incident[23].

Jeunes moines bouddhistes du monastère de Drépung.

Les autorités chinoises ont installé des caméras de surveillance à Lhassa pour contrôler les manifestations éventuelles. De nombreuses associations internationales dénoncent une répression de la religion au Tibet, comme l'illustrent par exemple la mise en résidence surveillée de Gedhun Choekyi Nyima, en 1995, juste après sa reconnaissance comme 11e panchen-lama par le 14e dalaï-lama, ou la destruction en 2001 de l'institut bouddhiste de Serthar fondé par Khenpo Jigme Phuntsok, également mis en résidence surveillée et disparu dans des circonstances douteuses, ou encore la condamnation à une peine de prison à vie de Tenzin Delek Rinpoché en 2005. La plupart des grands maîtres du bouddhisme tibétain ont été contraints à l'exil, comme l'ont illustré la fuite de Rigdzin Namkha Gyatso Rinpoché en 1998, et celle à la veille de l'an 2000 du 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje[24].

En mars 2008, des manifestations de moines contre le pouvoir chinois à Lhassa dégénèrent en violentes émeutes dirigées contre les habitants non tibétains et leurs biens. Elles surviennent quelques mois avant les Jeux Olympiques d'été de 2008. D'autres manifestations ont également lieu en dehors de la capitale, en particulier dans la région tibétaine de l'Amdo, autour du monastère de Labrang dans la province du Gansu. Selon les autorités de la Région autonome du Tibet, le bilan est de 19 morts, victimes des émeutiers, et d'un millier de commerces et bâtiments publics détruits. Selon le Gouvernement tibétain en exil, au moins 209 Tibétains seraient morts, victimes de la répression. Des manifestations de soutien aux partisans d'un Tibet indépendant ont eu lieu lors des étapes de Londres et de Paris du relais de la flamme olympique 2008.

Icône de détail Article détaillé : Troubles au Tibet en 2008.

[modifier] Rapports entre la République populaire de Chine et les Tibétains

La question des rapports entre la République populaire de Chine et le Tibet donne lieu à deux interprétations opposées :

Icône de détail Article détaillé : Débat sur la souveraineté du Tibet.

[modifier] Statut du Tibet selon la Chine

[modifier] Argument historique

La République populaire de Chine souligne que les relations entre la Chine et le Tibet sont anciennes et remontent au XIIe siècle : c'est ainsi, par exemple, que la majorité des bâtiments impériaux chinois comportent depuis plusieurs centaines d'années les cinq principales écritures que sont les sinogrammes, le mandchou, le mongol, l'ouïghour et le tibétain, une habitude qui semble dater de la dynastie mandchoue des Qing.

Les cinq langues de la dynastie Mandchoue des Qing (palais d'été à Chengde) : de gauche à droite, caractères mandchous, ouïghours, chinois, tibétains et mongols

En 1260, le mongol Kubilai Khan s’installe à Pékin, et fonde la dynastie Yuan à la façon chinoise et lui même est devenu l’empereur de la Chine[26]. Cette époque là, le Tibet est incorporé dans l’Empire du Milieu.

La dynastie des Ming (1368-1644) hérita de la dynastie Yuan le pouvoir d'administration du Tibet[27].

La dynastie Qing (1644-1911) affirme leur souveraineté sur le pays, en laissant à Lhassa deux ministres –(Amban) et une petite garnison. [28].

La chute de la dynastie Qing en 1911 va cependant bouleverser la donne : ainsi, le lien personnel unissant l'empereur mandchou au dalaï-lama étant de facto supprimé, les liens entre les deux pays seraient, selon certains, rompus.

En 1913, la Chine ne manifeste aucune considération pour la proclamation de l'indépendance du Tibet par le 13e dalaï-lama et ne réagit pas. Elle récuse la Convention de Simla de 1914 qui divise la région peuplée par les Tibétains en un Tibet externe autonome administré par le gouvernement du Tibet et un Tibet interne où seule l'autorité spirituelle du dalaï-lama ne serait reconnue, les deux étant sous suzeraineté chinoise, et l'appartenance du Tibet à la Chine est également reconnue [29].

Dans la relation internationale, le Tibet reste une province chinoise[30],[31].

[modifier] Argument politique

La Chine affirme être entrée au Tibet en 1949 afin de libérer un peuple vivant sous la domination d'une oligarchie et d'une théocratie féodales. Par exemple, avant la prise de pouvoir des communistes, le servage était légal et pratiqué au Tibet[32]. Les autorités chinoises affirment que la liberté religieuse est de nouveau assurée[33].

Les Tibétains, comme les autres ethnies minoritaires, bénéficient d'une discrimination positive[34]. Par exemple, les étudiants appartenant à l’ethnie tibétaine ont des bonus pour rentrer à l'université, les travailleur appartenant à l’ethnie tibétaine sont prioritairement recrutés par les établissements publics par rapport à un Han[35].

Le Tibet est la seule région de la Chine qui bénéficie des soins gratuits[36] et d'une éducation primaire gratuite avec le logement et la nourriture gratuits, cette éducation est bilingue[37],[38].

[modifier] Arguments économiques et sociaux

Les autorités chinoises affirment que le développement économique du Tibet mené sous leur égide a permis de désenclaver le pays, notamment grâce à la construction de voies ferrées, qui favorisent le développement du tourisme dans la région autonome du Tibet[39].

Le correspondant du quotidien économique français Les Echos note en mars 2008 que "Depuis sa "libération" par la Chine, la région aurait enregistré un recul de la mortalité infantile et de l'analphabétisme ainsi qu'une hausse de l'espérance de vie." De même, "Les experts indépendants admettent que le PIB du Tibet a doublé entre 2002 et 2007 et que sa croissance annuelle dépasserait régulièrement les 12%."[40]

Cependant, selon Les Echos, la croissance a largement profité aux Chinois han émigrés au Tibet et "A l'écart d'une petite classe moyenne tibétaine, travaillant avec les décideurs hans, la majorité des Tibétains n'aurait que peu profité de cette croissance chinoise et vivrait encore dans une grande misère."[41]

A l'inverse, certains avancent que la présence chinoise au Tibet n'est pas désintéressée d'un point de vue économique en ce qui concerne :

[modifier] Argument géopolitique

La Chine considère le Tibet comme une région stratégique pour sa sécurité[43].

Certains considèrent cette présence comme défensive, le Tibet étant "Un immense désert qui fait office de bouclier contre l'Inde, puissance aujourd'hui menaçante" selon le quotidien français Libération[42].

D'autres, y voient une position potentiellement plus offensive. Pour le géopolitologue Aymeric Chauprade, "celui qui tient le Tibet peut déferler sur la Chine, l'Inde, le Xinjiang et la Mongolie intérieure"[44].

[modifier] Statut du Tibet selon le gouvernement tibétain en exil

[modifier] La question de la légitimité de la présence chinoise

Les partisans de l'autonomie ou l'indépendance du Tibet s'appuient sur les votes par l'assemblée générale de l'ONU de plusieurs résolutions[45],[46] condamnant les violations des droits fondamentaux et des libertés du peuple tibétain, les coups portés à sa culture et sa religion, ceci en 1959 (résolution numéro 1353 (XIV)[4]) et en 1960 (résolution numéro 1723 (XVI)[5]). Dans cette dernière, il est fait état d'un droit à l' autodétermination du peuple tibétain.

Enfin, la dernière résolution en date, celle de 1965 (résolution numéro 2079 (XX)[6]) fait référence aux précédentes dont elle reprend les thèmes mais sans mention expresse à l'autodétermination.

En aucun cas la Chine n'est désignée expressément comme responsable des atteintes portées au peuple tibétain.

[modifier] La question du nombre de morts

Selon le gouvernement tibétain en exil, plus d'un million deux cent mille Tibétains seraient morts directement ou indirectement du fait de l'occupation du Tibet par la République populaire de Chine entre 1949 et 1979 [47],[48],[49],[50],[51],[52].
Cependant, cette évaluation est récusée par un chercheur chinois, Yan Hao, de l'Institut de Recherche Economique du Département d'état de la commission de planning à Pékin, qui affirme que les chiffres sont exagérés et qui démontre également que les évaluations données par le gouvernement tibétain en exil reposent en partie sur des sources fabriquées [53].

En 2003, Patrick French, écrivain anglais et ancien président de l'association Free Tibet Campaign, ayant pu accéder aux archives du gouvernement tibétain en exil, remet en cause le nombre de 1,2 millions morts tibétains. Dans son livre contesté[54], French déclare qu'il existerait des erreurs dans l'utilisation statistique des sources et témoignages. French estime toutefois qu'un demi million de Tibétains seraient morts directement en raison de la politique chinoise au Tibet[55]. Ce chiffre est estimé en relation avec un calcul de Warren W. Smith basé sur les recensements du Tibet montrant 200 000 Tibétains "manquants" au Tibet, nombre que les Chinois attribuent à la famine qui causa plus de 20 millions de morts en Chine après le Grand Bond en avant[56].

[modifier] La question de la répression et des droits de l'homme

Les opposants à la présence chinoise estiment que, sous prétexte de lutte contre l'indépendantisme, les Tibétains sont fermement contrôlés par le pouvoir central[57], que la Région autonome du Tibet serait sous la surveillance du pouvoir central et que la présence de l'armée et de la police s'y ferait sentir plus que dans d'autres parties de la Chine[58]. Ils soulignent par exemple le fait que les monastères soient sévèrement contrôlés[59].

Lire aussi section plus bas sur le sujet

[modifier] La question de la destruction de la culture tibétaine

Les Tibétains en exil, notamment en Inde et au Népal, dénoncent un risque de disparition de leur culture, qui était intimement associée au bouddhisme.

Celle-ci peut se faire par la répression. Ainsi, durant la Révolution culturelle chinoise, au Tibet, l'Institut Chakpori de médecine tibétaine fut totalement détruit par l'armée chinoise. En 1961, le 14e dalaï-lama refonda à Dharamsala l'Institut de médecine et d'astrologie tibétaine. L'Institut Chakpori de médecine tibétaine fut refondé à Darjeeling également en Inde.

Elle serait également due à une désacralisation de certains aspects de cette culture qui leur ferait perdre leur signification originelle. Selon le TCHRD, les monastères au Tibet servent souvent davantage un intérêt touristique que spirituel[60]. À Pékin, un temple lamaïque tibétain, le temple de Yonghe, lamasserie en activité aujourd'hui, est une des principales attractions touristiques.

Moine dans le temple de Yonghe Gong à Pékin.

Certains soulignent cependant que c'est dans toute la Chine que les religieux ont subi des interdictions et répressions depuis la prise de pouvoir du parti communiste, surtout pendant la Révolution culturelle, et pas seulement au Tibet.

[modifier] La sinisation par peuplement

Article principal : Sinisation du Tibet.

Les Tibétains soulignent que de nombreux Chinois han, l'ethnie majoritaire de la Chine, viennent s'installer au Tibet[61], alors qu'en même temps, les Tibétains trouvent difficilement du travail[62].

[modifier] La question de la division du Tibet

La division de l'aire de peuplement tibétaine en plusieurs provinces et régions autonomes pose aussi problème.

[modifier] Liaison ferroviaire directe Pékin-Lhassa

Le 1er juillet 2006, Hu Jintao inaugure le premier train pour Lhassa au Tibet à la gare de Golmud, dans la province du Qinghai. Cette nouvelle liaison ferroviaire (la ligne ferroviaire Qing-Zang), qui est dans le prolongement de la ligne de chemin de fer en provenance de Pékin devrait, disent les autorités chinoises, favoriser l'intégration économique, le développement économique et touristique du Tibet, et d'après le journaliste Bruno Philip qui cite les anciens prisonniers tibétains du Gu-Chu-Sum, accélérer la sinisation du Tibet[63].

La chanteuse tibétaine Han Hong a composé une chanson intitulée « La Voie du ciel » (天路, tian lu en chinois mandarin), qui décrit cette ligne de chemin de fer qu'elle nomme le « Dragon de fer ». Elle rappelle l'ouverture qu'elle va donner au plateau du Tibet, cette région enclavée, sur le reste du monde, et ses bienfaits pour la population (apports de ressources vitales), comme pour le reste du monde (découverte de la culture et de l'accueil tibétains)[64]. Cette chanson est également interprétée en tibétain par la chanteuse tibétaine Basang (巴桑, bāsāng)[65] sur un album portant le nom de la chanson.

Les défenseurs de l'indépendantisme tibétain craignent que cette nouvelle ligne ferroviaire contribue à accélérer l'immigration Han au Tibet ainsi qu'à le vider plus rapidement de ses ressources naturelles déjà surexploitées. Le gouvernement tibétain en exil estime notamment que « le chemin de fer facilitera le contrôle chinois du Tibet et entraînera l’arrivée de nombreux migrants chinois ».

Lors de l’ouverture de la voie de chemin de fer, le dalaï-lama demandait aux Tibétains d’attendre pour évaluer le bénéfice ou les nuisances que pourraient apporter cette nouvelle ligne de chemin de fer. Le dalaï-lama accueillait favorablement la voie ferrée « à la condition qu’elle bénéficie à la majorité des Tibétains ». Mais, fin janvier 2007, le dalaï-lama affirma que Pékin utilisait la nouvelle liaison ferroviaire pour inonder le Tibet de mendiants, de prostituées et de sans-emploi, mettant en danger la survie de la culture et des traditions tibétaines[66],[67].

Pourtant le côté aride du plateau du Tibet n'offre que très peu de perspectives d'emploi et les conditions extrêmes liées à l'altitude du plateau entraînent des conditions de vie difficile.

[modifier] Droits de la personne au Tibet

[modifier] Les accusations contre la Chine

La Commission internationale des juristes a qualifié dans un rapport de 1959 les massacres perpétrés au Tibet par les autorités chinoises de génocide[68], l'ensemble des événements liés à l'occupation ayant entraîné la mort de plus d'1,2 million de Tibétains entre 1949 et 1979 selon le gouvernement tibétain en exil et les associations des Tibétains en exil luttant pour la liberté du Tibet et le respect des Droits de l'Homme pour les Tibétains.

L'agence de presse anglo-saxonne Reuters rapporte que les autorités chinoises sont actuellement poursuivies par la cour de justice espagnole pour génocide à l'encontre du peuple tibétain[69].

Par ailleurs, outre la torture dans les prisons et le fait que celle-ci n'épargnerait pas les mineurs, la Ligue internationale des droits de l'homme fait également état de méthodes particulières appliquées aux femmes tibétaines. Alors que les autres minorités ne font pas partie de la politique de contrôle des naissances en Chine, les femmes tibétaines y sont incluses et seraient stérilisées et obligées d'avorter au delà du premier enfant, d'après la Commission des droits de l'Homme, rapport de 1999[70].

Autel comportant les portraits de Mao Zedong et du 10e panchen-lama dans un lieu de fête populaire tibétain en 2007

Les photos du dalaï-lama sont interdites, sous peine de prison[71], mais pas celles du panchen-lama Choekyi Gyaltsen, qui a été remplacé et qui est maintenant de culture chinoise[réf. nécessaire]. Les manifestations pour l'indépendance du Tibet sont violemment réprimées : deux nonnes bouddhistes qui avaient réclamé la libération du Tibet ont été enfermées dans la prison de Drapchi, à Lhassa en 1990[71]. Lhundrub Sangmo et Rizin Choekyi ont été libérées respectivement en 1999 et en 2002, après avoir vécu un véritable calvaire dans leurs geôles (tortures, brimades et manque de nourriture). 140 prisonniers d'opinion tibétains sont aujourd'hui détenus dans la prison de Drapchi[71]. Parmi les prisonniers d'opinion actuels les plus connus, citons Gendhun Choekyi Nyima, Ngawang Sangdrol, Tenzin Delek Rinpoché et Dolma Kyab.

Depuis 1987, d'importantes manifestations ont eu lieu en faveur de l'indépendance. Durement réprimées (des centaines de morts), elles furent suivies d'un an de loi martiale (1989-90).

La dernière en date, selon le TCHRD, s'est produite le 1er août 2007 à Litang, lors des cérémonies du 80e anniversaire de l’Armée de la libération populaire chinoise. Un nomade tibétain de 52 ans, Runggye Adak, a appelé au retour du 14e dalaï-lama, à la libération du panchen-lama et à la liberté pour le Tibet avant d’être arrêté par la Police de Kardzé. Malgré la promesse faite par les autorités et des manifestations de soutien des populations, Ronggay Adrak serait toujours détenu. La situation reste très tendue et plus de 3 000 membres des forces de l’ordre seraient mobilisés[72],[73].

Le gouvernement tibétain en exil et le dalaï-lama, s'ils reconnaissent que la situation de la Chine s'améliore, affirment toutefois que la situation au Tibet ne fait qu'empirer, en particulier pour les Droits de l'Homme qui sont bafoués, et pour l'environnement qui se dégrade gravement. Dans les prisons les tortures sont systématiques pour les prisonniers politiques tibétains, qui sont plus de 100. La liberté religieuse est loin d'être respectée, comme l'illustre la fuite au passage de l'an 2000 du 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje. Les Tibétains subissent une discrimination notamment pour les emplois, de nombreux avantages étant donnés aux Chinois Han[74].

[modifier] La position de la Chine

Les autorités chinoises mettent d’abord en avant le fait que, tout juste après l’entrée des troupes de la Chine communiste au Tibet, la pratique du servage auquel était soumis le peuple tibétain, encore en vigueur sous le dalaï-lama, a été supprimée par les autorités de Pékin[32].

Selon les autorités chinoises, actuellement, les Tibétains ne seraient pas soumis à des discriminations particulières car ils disposent des mêmes droits que l’ensemble des citoyens de la République Populaire de Chine, avec les mêmes devoirs et les mêmes restrictions.

Selon les autorités chinoises, depuis le début des années 1990, la situation des droits de l’Homme s'est améliorée et le niveau de vie des Tibétains a considérablement augmenté.

Poubelle à tri séléctif dans le parc naturel protégé de Pota Tso

Le gouvernement chinois met aussi en avant son souci de l’environnement. Il a mis en place des réserves naturelles protégées, comme le Parc national de Pota tso afin de preserver faune et flore. Seuls les éleveurs de yaks peuvent y exercer librement leur travail. Des circuits touristiques y sont autorisés, mais gardés sous la vigilance de services de propreté, des panneaux solaires sont utilisés pour produire l’énergie nécessaire à certaines installations, des poubelles à tri séléctif y sont systèmatiques, des cabines fumeurs (l’environnement y est hautement inflammable) et des toilettes vertes y sont aménagées.

Des équipes de lutte contre le braconnages ont été mise en place, comme l'équipe de Kekexili qui lutte contre le braconnage de l'antilope du Tibet, animal en voie de disparition et à donné lieu à un film retranscrivant le travail de l'épquie pour sensibiliser la population locale.

[modifier] Géographie

Dunes et montagnes près du monastère de Samye.
Icône de détail Article détaillé : Géographie du Tibet.

S'étendant d'est en ouest sur une distance d'environ 2 400 km, et du nord au sud sur environ 1 000 km, le plateau du Tibet est situé entre les longitudes 78°24' et 104°47' Est et les latitudes 26°2' et 40°3' Nord au cœur du continent asiatique. C'est un pays gigantesque d'environ 2,5 millions de km² (soit 5 fois la France) avec une altitude moyenne de 4 200 m, qui rassemble les plus hautes montagnes du monde.

Le nom occidental Tibet, apparenté au nom mongol Töbüt, n'est pas lié au nom indigène Bod. En chinois, le nom ancien du Tibet est Tufan (吐蕃, incorrectement prononcé Tubo par beaucoup de Chinois), mais le nom actuel de la région autonome est Xizang (西藏), qui signifie littéralement « la maison des trésors de l'ouest », gTsang occidentale, faisant référence à cette région du Tibet.

Les noms de lieux tels que gZhi-ka-rtse ont été changés en Xigaze depuis la promulgation du système unifié de romanisation par la RPC (République Populaire de Chine) : le Pinyin. Aussi, un même lieu au Tibet peut avoir de nombreuses « orthographes » : le nom en caractères chinois, dont la transcription peut être en pinyin ou en Wade-Giles (anglo-saxons) et le nom en tibétain, qui peut aussi être translittéré de différentes façons. La meilleure solution est d'utiliser la translittération Wylie de l'orthographe tibétaine, selon l'usage des tibétologues aussi bien occidentaux que chinois, bien que celle-ci rende compte de l'orthographe et non de la prononciation.

[modifier] Environnement

Panneau prévenant des hauts risques d'incendie, dans le parc protégé de Pota tso en tibétain zang, chinois han et anglais.

L'équilibre écologique du plateau tibétain est très fragile en raison du climat et de l'altitude qui ralentissent le renouvellement biologique. On y trouve une importante biodiversité de la faune et de la flore comparable à celle de la forêt amazonienne. Une partie du Tibet est aujourd'hui encore considérée comme une des dernières zones écologiques vierges de notre planète ; il s'agit du nord-ouest du Chang Tang ou Plateau Tibétain, au sud du désert du Taklamakan dans le Xinjiang. Michel Peissel l'a partiellement exploré avec son équipe[75]. Les régions tibétaines s'étendent de la haute steppe glacée jusqu'aux déserts des hauts plateaux, aux forêts tropicales, et aux prés alpestres. Le Tibet est également la source de l'ensemble des grands fleuves d'Asie, comprenant le Gange, le Salween, le Huang He (ou fleuve Jaune), le Mékong, le Brahmapoutre, le Yangzi Jiang (ou Yangtzé), le Sutlej et l'Indus ; ils sont alimentés par une précipitation moyenne de 100 mm dans le nord du pays jusqu’à plus de 1 000 mm dans le sud-est.

La pérennité de l'environnement du Tibet est mise en danger par l'exploitation de mines, notamment celle d’uranium à Têwo (préfecture autonome tibétaine de Gannan, province de Gansu), ouverte en 1980 par le département d’État de l’industrie nucléaire comme source la plus importante d’uranium. Le matériel radioactif de la mine a été incorrectement manipulé, induisant un nombre élevé de cancers et de malformations congénitales chez les populations avoisinantes. Avant que la mine ne soit ouverte en 1980, l'environnement était peuplé par une grande variété de poissons, d’oiseaux, de plantes et d’espèces animales, mais est depuis devenu une terre stérile. Le bétail souffre également d’un taux de mortalité exceptionnellement élevé. Les médecins locaux rapportent que près de la moitié des décès dans le secteur sont dûs à des cancers, dissimulés en raison "de secrets d’État". Aucune mesure préventive n’est prise pour protéger la vie humaine et animale[76],[77].

À proximité des rives du lac Kokonor, dans le district de Haiyan, au sein de la préfecture autonome de Haibei, Deng Xiaoping supervisa la construction d'un centre de recherche d'armes nucléaires sur le plateau tibétain au début des années 1960 appelé la Neuvième Académie[78]. C'est là, entre 1958 et 1964, que furent développées la première bombe atomique chinoise et, 2 ans plus tard, la première bombe à hydrogène chinoise. À la fin des années 1970, une usine d'enrichissement d'uranium fut construite sur le site du lac Kokonor, usine qui produisait quotidiennement près de 400 kg d'uranium. Dans le livre «Industrie nucléaire contemporaine» écrit par Li Jue, directeur de la Neuvième Académie, les Chinois reconnaissaient que jusqu'en 1991, l'usine de Haiyan était toujours leur centre principal de recherche militaire nucléaire. Leurs déchets nucléaires auraient été longtemps stockés dans le lac lui-même et dans les années 1970 de nombreux enfants de nomades ont été atteints de leucémies et de malformations. Le lac Kokonor, le plus grand lac d'eau salée du Tibet, est contaminé par la radioactivité.

La Chine débuta la construction de son premier centre de stockage de déchets nucléaires au Tibet en 1993, dans une région aride de la province de Gansu, rapportait une dépêche du 11 novembre de l’agence Reuters. La Chine prévoyait alors la construction de trois autres centres de stockage pour promouvoir son développement en énergie nucléaire. Le premier centre de Gansu aura une première capacité de stockage de 60 000 m2 de déchets radioactifs, qui sera portée à 200 000 m2. À l’époque, aucune précision n’avait été apportée sur le mode de traitement et de stockage des déchets radioactifs[79]. L'agence de presse chinoise Xinhua a reconnu que des déchets nucléaires étaient déposés au Tibet. Le 19 juillet 1995, elle rapportait l'existence d'une décharge de 20 m2 pour les polluants radioactifs dans la préfecture autonome tibétaine de Haibei, près des rives du lac Kokonor[80].

Il existe plusieurs sites fortement contaminés par la radioactivité au Tibet. Pourtant, les effets des polluants radioactifs déversés dans l’eau du plateau tibétain se feront sentir bien au-delà car dix des plus grands fleuves d’Asie y prennent source. De plus, les vents de haute altitude qui soufflent au Tibet peuvent transporter la radioactivité à de grandes distances.

[modifier] Ressources naturelles

Yaks décorés.

Le Tibet a de nombreuses ressources naturelles notamment en pétrole[81], en gaz[réf. nécessaire], en bauxite, en étain, en arsenic, en charbon, en jade, en saphir, en quartz, en sel[82], en chrome, en cuivre, en borax, en uranium, en lithium, en fer, en or, en argent, en plomb, en zinc et en cobalt. Le potentiel du Tibet en ressources minérales est estimé à 78,4 milliards de dollars[83]. Décidées par Pékin, l'ouverture des voies d'accès et l'exploitation des gisements miniers ont souvent été réalisées sans considération pour l'environnement. Le résultat : des niveaux alarmants de pollution qui affectent l'hydrographie, l'atmosphère et les sols.

Par ailleurs le Tibet est la source de nombreux fleuves : le Yangzi Jiang, le Huang He, le Mékong, l'Indus, le Brahmapoutre, le Salween, l'Irrawaddy, le Sutlej et deux affluents du Gange : le Ghaghara et le Gandaki. Le potentiel hydraulique et hydroélectrique est donc énorme. 30% des ressources hydrauliques chinoises se situeraient au Tibet[83].

Des zones forestières autrefois verdoyantes comme le Kongpo au sud-est du Tibet, ont été transformées en un paysage lunaire. En 1949, les forêts recouvraient 221 800 km2, soit près de la moitié de la superficie de la France. En 1985, la moitié de la surface de la forêt était rasée. Selon une étude récente du World Watch Institute, la déforestation atteindrait maintenant 85 %.

Le déboisement cause de sévères problèmes d'érosion et de glissements de terrain, tandis que le niveau de vase dans des fleuves tels que le Yangzi Jiang (Yang-tseu-kiang) est sans équivalent dans le monde. Les effets dépassent maintenant le Tibet et se traduisent par des inondations dévastatrices en Chine, Inde et Bangladesh. Le gouvernement chinois a reconnu le rôle de cette déforestation massive dans les inondations catastrophiques de ces dernières années : en 1998, on a recensé plus de 10 000 morts, 250 millions de sinistrés et des millions de sans-abris suite aux crues du Yangzi jiang.

[modifier] Climat

3 700 m d'altitude, la végétation est encore dense autour des lacs.

Le climat du Tibet est très continental, froid et sec. Paradoxalement, la température moyenne annuelle est supérieure à celle de l'atmosphère à une altitude équivalente (rayonnement de la terre). Cet effet provoque d'importants gradients nord-sud de pression, et participe activement au phénomène de mousson. Les changements de températures sont assez brusques sur le plateau du Tibet : par un temps ensoleillé et chaud, la température peut chuter brusquement, si des nuages viennent couvrir le ciel.

[modifier] Géologie

Modèle Numérique de Terrain du plateau tibétain et des chaînes de montagne périphériques .

Le plateau tibétain résulte de la collision depuis 50 millions d'années entre les plaques indienne et eurasienne. Il est de loin le plus haut (plus de 5 000 m) et le plus vaste plateau au monde (plus de cinq millions de km²). Il est bordé par différentes chaînes de montagnes (Tien Shan au NW, Qilian Shan au NE, Himalaya au Sud. Sa taille exceptionnelle résulte directement de la collision de l'Inde et de l'Eurasie, à une vitesse rapide (15 cm/an avant la collision, 5 cm/an actuellement). Les déformations associées à cette collision se retrouvent dans une grande partie de l'Asie, jusqu'en Sibérie. Le très faible relief du plateau, malgré la haute altitude, est lié aux limites rhéologique de la croûte continentale : la collision provoque son épaississement (60 à 90 km d'épaisseur), soit plus du double d'une croûte normale. La croûte continentale contient des isotopes radioactifs du thorium, de l'uranium et du potassium qui produisent de la chaleur. Cette plus forte concentration d'isotopes radioactifs provoque un réchauffement de la croûte : elle devient « molle », et ne permet plus de suppo