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La téléphonie mobile est une infrastructure de télécommunication qui permet de communiquer par téléphone sans être relié par câble à un central. Le téléphone mobile en lui-même (parfois simplement appelé « mobile »), est également nommé « téléphone portable » ou « portable », « téléphone cellulaire » (en Amérique du Nord), « natel » (en Suisse), « GSM » (en Belgique), « vini » (en Polynésie française).
Cette technologie s'est diffusée de manière extrêmement rapide dans les populations depuis le début des années 1990, supplantant même dans pratiquement tous les pays le téléphone fixe. Elle bénéficie des améliorations constantes apportées dans le domaine de la miniaturisation des composants électroniques et du développement d'usages variés.
Sommaire
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La téléphonie mobile est fondée sur la radiotéléphonie, c'est-à-dire la transmission de la voix à l'aide d'onde radioélectrique (fréquences dans la bande des 900 et 1 800 MHz) entre une base relais qui couvre une zone de plusieurs dizaines de kilomètres de rayon et le téléphone mobile de l'utilisateur.
Les premiers systèmes mobiles fonctionnaient en mode analogique. Les terminaux étaient de taille importante, seulement utilisable dans les automobiles où ils occupaient une partie du coffre et profitaient de l'alimentation électrique du véhicule.
Les systèmes mobiles actuels fonctionnent en mode numérique : la voix est échantillonnée, numérisée et transmise sous forme de bits, puis re-synthétisée au niveau de la réception. Les progrès de la microélectronique ont permis de réduire la taille des téléphones mobiles à un format de poche. L'avantage des systèmes numériques sont la baisse du prix des terminaux, l'augmentation des services, l'augmentation du nombre d'abonnés et enfin une meilleure qualité de réception de la voix.
Les bases de transmission sont réparties sur le territoire selon un schéma de cellules. Chaque base utilise un groupe de fréquences différent de ses voisines. Les mêmes fréquences ne sont réutilisées qu'à une distance suffisante afin ne pas créer d'interférences.
Les systèmes mobiles sont standardisés pour être compatibles entre les réseaux des différents pays et s'interconnecter avec les réseaux de téléphonie fixe. Il existe dans le monde deux grands standards de systèmes mobiles, le standard IS41 d'origine américaine (norme ANSI-41) et le standard GSM, défini dans l'Europe par l'ETSI, le plus répandu.
Pour savoir sur quelle base diriger un appel entrant, le réseau mobile échange périodiquement avec les téléphones mobiles des informations sous forme de messages de signalisation.
| Générations et normes de téléphonie mobile |
| 0G |
| 0,5G |
| 1G |
| 2G |
| 2,5G |
| 2,75G |
| 3G |
| 3,5G |
| 3,75G |
| 4G |
| Génération | Acronyme | Intitulé |
|---|---|---|
| 1G | Radiocom 2000 NMT |
Radiocom 2000 France Telecom Nordic Mobile Telephone |
| 2G | GSM | Global System for Mobile Communication |
| 2.5G | GPRS | General Packet Radio Service |
| 2.75G | EDGE | Enhanced Data Rate for GSM Evolution |
| 3G | UMTS | Universal Mobile Telecommunications System |
| 3.5G | HSDPA HSUPA |
High Speed Downlink Packet Access High Speed Uplink Packet Access |
| 3.75G | HSOPA | High Speed OFDM Packet Access |
| 4G | LTE WIMAX |
Long Term Evolution Worldwide Interoperability for Microwave Access |
Sa fonction d'usage est la communication vocale mais le téléphone mobile permet d'envoyer des messages succincts, désignés SMS. Avec l'évolution de l'électronique, le texte a pu être agrémenté d'images, puis de photographies, de sons et de vidéos. Des équipements embarqués associés à des services à distances permettent aussi de :
Un code allant de quatre à huit chiffres (stocké dans la carte SIM) protège l'utilisateur d'une utilisation frauduleuse de son abonnement, c'est le NIP (plus connu sous l'appellation franglaise code PIN). L'appareil est identifié sur le réseau grâce à un numéro unique, ce numéro IMEI pour International Mobile Equipment Identity est à donner à votre opérateur dans le cas de perte ou de vol de votre téléphone, cela lui permettra de bloquer l'utilisation de ce dernier au niveau national et international. Malheureusement, en général, les opérateurs ne peuvent bloquer que son utilisation sur le réseau national, faute de pouvoir le faire à l'échelle internationale.
Des accessoires peuvent venir en complément des téléphones mobiles : housses, coques interchangeables, cordons décoratifs, etc.
L'une des tendances est celle des accessoires sans fil, comme les oreillettes ou les kits mains-libres de voiture. Le téléchargement de « logos » et de sonneries par le biais de numéros ou SMS ou encore les MMS surtaxés représentent également un marché lucratif.
L'utilisation du téléphone mobile a connu une augmentation brutale dans les années 1990, et est devenu un phénomène de société. D'abord réservé à une élite sociale pour une utilisation professionnelle, il s'est répandu jusqu'à devenir le moyen de communication privilégié d'un grand nombre de personnes.
L'usage de base du téléphone mobile est la téléphonie.
Le téléphone mobile semble réussir là où ont échoué des technologies antérieures : devenir un couteau suisse numérique. Comme ce dernier, le téléphone mobile tient dans la poche, est relativement simple à utiliser et recouvre une multitude de fonctions liés au nomadisme : de simple appareil de communication vocale à l'origine, il permet désormais d'envoyer des messages textuels (SMS, MMS avec image fixe, image mobile ou son, puis même courriel par Internet), de surfer sur le Web, il sert de montre/chronomètre/minuteur, de GPS, de télécommande (s'il est équipé de Bluetooth) et il remplace de plus en plus les PDA (c'est alors un smartphone) avec une fonction agenda voire dictaphone ou même l'appareil photo (c'est alors un photophone). Il semble que la voie tracée par la plupart des producteurs soit une convergence des technologies et des concepts vers un seul appareil multimédia. Ainsi, certains téléphones mobiles se sont vu ajouter, depuis 2006, des fonctions de caméscope numérique ou de console de jeu 3D mobile.
L'augmentation de l'aptitude des téléphones mobiles à transmettre des données numériques est à prévoir. De même que sur le marché résidentiel (ADSL, fibre optique, etc...), la course au débit est lancée dans le monde mobile. Ainsi en quelques années, le débit offert par le téléphone mobile a progressé de 9,6 kbits/s (en GSM) à plusieurs Mbits/s (en HSDPA en 2008). D'autres normes et technologies viendront améliorer encore davantage cette offre, comme par exemple la 4G.
Du point de vue de la distribution et de la vente de contenu sous forme numérique, comme la musique, le marché devrait grandir et proposer de nouveaux produits. Les MVNO, NRJ Mobile et M6 Mobile en font même leur principal produit d'appel. Il s'agit en fait d'un système de radio personnalisée, qui après inscription et définition des goûts n'envoie que les morceaux qui sont le plus susceptible de plaire à l'utilisateur. Cette technologie fonctionnerait sur le même principe que les PodCasts, avec des morceaux téléchargés précédemment et que l'on peut écouter à son gré.
Le téléphone mobile est également amené à évoluer vers les systèmes de paiement : porte-monnaie électronique. Par exemple, au Japon, l'opérateur de téléphonie mobile japonais NTT DoCoMo et l'établissement de crédit JCB déploient en 2005 un téléphone mobile équipé du système de paiement QuicPay qui communique par radio, sans contact, avec le terminal du commerçant (opération pilote en 2005 avec les taxis de Yokohama près de Tōkyō). Actuellement Sagem, Nokia, Toro-Asia, ING, le Crédit Mutuel et NRJ mobile intègrent la technologie NFC pour permettre également le paiement sans contact.
Les portables devraient permettre la localisation automatique (ou géolocalisation) : comme la couverture des antennes relais est réduite et que celles-ci se recoupent (il y en a environ 35 000 en France), il est facile, par triangulation, de localiser assez précisément la position du téléphone mobile. Les opérateurs vont mettre cela à profit pour offrir des services de guidage automatique pour piétons ou des informations locales. En France, ce service est disponible pour les mobiles équipés d'i-mode de Bouygues Telecom depuis novembre 2003.
En 2007, le nombre de souscripteurs de téléphone mobile était supérieur au nombre de lignes de téléphone fixe dans 191 pays et territoires sur un total de 197 pour lesquels les données sont disponibles[1]. Il faut cependant être prudent dans ce genre de comparaisons : les téléphones fixes servent plus souvent à plusieurs personnes que les téléphones mobiles, et de plus en plus de personnes possèdent plusieurs téléphones mobiles actifs. Les données sur le pourcentage de la population d'un âge donné ("bébés exclus") ayant accès à un téléphone fixe privé, à un téléphone mobile privé, et aux deux sont encore très rares[2].
Le changement d’opérateurs est facilité par la Portabilité.
Le Bi-Bop a été le premier mobile en France[réf. nécessaire].
L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) est chargé de veiller au maintien de la concurrence dans ce secteur d'activité propice à un monopole naturel (coûts fixes liés aux réseaux élevés, coût marginal faible).
Il y a cinq opérateurs sur le marché français, trois en métropole (Orange, Bouygues Telecom, SFR) et deux spécifiquement en France d'outre-mer (Only, Digicel). Depuis 2005, les trois réseaux physiques français sont également utilisés par des opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO) ; leur nombre est en forte augmentation (une douzaine en mai 2007). Aux Antilles et en Guyane sont présents trois opérateurs (Orange Caraïbe, Digicel et Only) et un opérateur de réseau mobile virtuel (Trace Mobile) utilisant le réseau de Digicel.
En mai 2008, la chambre commerciale de la Cour de cassation a confirmé une condamnation des trois opérateurs de métropole à l'amende record de 442 millions d'euros pour « entente illicite » sur les prix de 2000 à 2002[3]. En 2002, l'Union fédérale des consommateurs - Que choisir avait initié une procédure devant le Conseil de la concurrence qui avait abouti à un procès en novembre 2005[4].
Orange, Neuf Télécom et Only (dans les DROM) proposent des offres globales (Téléphonie fixe, mobile, Accès Internet, et TV)[réf. nécessaire].
| Année | 1990 | 1995 | 1996 | 1997 | 1998 | 1999 | 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 |
| Nombre (en millions) | 0,28 | 1,3 | 2,5 | 5,8 | 11,2 | 20,6 | 29,7 | 37,0 | 38,6 | 41,6 | 43,8 | 48,1 | 51,7 | 55,4 | 58,1 |
| Taux de pénétration actif | 3 % | 5 % | 10 % | 19 % | 34 % | 49 % | 61,5 % | 64,0 % | 69,1 % | 72,6 % | 78,4 % | 80,8 % | 85,6 % | 89,1% |
Selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), fin décembre 2008 pour la France entière il y avait 39,3 millions de lignes à facturation récurrente post-payée (essentiellement des forfaits) et 18,8 millions de lignes à facturation prépayée (carte,...)[8]. En mars 2008, les opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO) représentaient 4,98 % des parts de marché.
Au vu des données disponibles début avril 2009, la France détenait plusieurs records en matière de téléphonie mobile parmi les 27 Etats membres de l’Union européenne (UE27).
En 1995, le taux de pénétration du téléphone mobile en France était de 3 % et a connu, comme tous les pays (Corée du Nord exclue), une très forte croissance (voir tableau). La France avait cependant en octobre 2008 le taux de pénétration le plus bas de l'UE27, soit 88%[9], contre 119% pour la moyenne de l’EU27, 129% en Allemagne et 152% en Italie[10].
Le prix moyen de la minute de communication orale par mobile en 2007 en France (0,15 €) n'était que légèrement supérieure à la moyenne de l’UE27 (0,14 €)[11], mais les coûts de divers abonnements mensuels standards étaient parmi les plus élevés de l’UE27[12]. En 2007, le revenu moyen par utilisateur de communication mobile en France (427 € ) était d'ailleurs le plus élevé de tous les Etats membres (moyenne UE27 : 282 €), 85% plus élevé qu’en Allemagne (231 €) et près de 4 fois plus qu’en Bulgarie (110 €)[13].
Suivant le vote du Parlement européen du 21 avril 2009, le prix des communications depuis l'étranger dans l'Union Européenne devrait encore diminuer ![1] Ainsi, partir de l'été 2009, le prix maximal pour un appel de téléphonie mobile pourrait descendre de 46 à 43 centimes maximum par minute. De plus, la surtaxe concernant les SMS pourrait ne pas dépasser 11 centimes - contre 29 centimes en moyenne aujourd'hui. La commission de l'industrie du Parlement européen a amendé la législation existante le mardi 31 mars. Les Eurodéputés veulent ainsi réduire les surcoûts dus aux appels émis et reçus de l'étranger. Concrètement, pour les consommateurs voyageant à l'étranger, cela signifierait :
(Ces prix sont TVA non comprise)
La procédure de portabilité des numéros entre opérateurs, destinée à renforcer la concurrence, a été simplifiée et raccourcie le 21 mai 2007, permettant un changement d'opérateur en 10 jours. Le relevé d'identité opérateur imposé par la règlementation facilite la portabilité.
Les relations entre la téléphonie mobile et la pauvreté font l'objet de nombreuses études nationales et internationales.
Les analyses sponsorisées par les compagnies de téléphone sont souvent euphoriques, En 2005, une étude de la London Business School affirmait aussi que, chaque fois que le taux d'équipement en mobiles d'un pays augmente de 10 %, le PIB croît de 0,5 %[14]. Une étude tout aussi peu scientifique de la GSM Association propose 0,6% pour le Bangladesh.[15].
Les autres études sont en général positives[16], mais plus modérées ou même négatives[17].
Les données sur les dépenses de téléphonie de différents types de ménages sont rares, principalement parce qu'il est difficile de les isoler des autres dépenses de télécommunication. En France, plus l'âge de la personne de référence d'un ménage est élevée, moins la part de ses dépenses de consommation pour la téléphonie est importante ; plus un ménage est pauvre, plus la part des dépenses de téléphonie est élevée (voir graphique)[18]. C'est le cas des pays développés pour lesquels les données sont disponibles, mais non dans les pays du Tiers Monde[19].
Enfin, le système des abonnements de téléphonie mobile contribue à la croissance des dépenses pré-engagées ou dépenses contraintes, accroissant le sentiment de pauvreté et la vulnérabilité des ménages aux revenus les plus modestes[20].
La téléphonie mobile, rapidement et largement diffusée, a engendré de nouveaux comportements qui peuvent déboucher sur divers types d'accidents liés à la réduction de l’attention des individus, effet statistiquement établi. L’existence de risques d’interférence électromagnétique à proximité de certains appareils médicaux est prouvé[21]. Enfin, les conséquences sanitaires éventuelles des émissions électromagnétiques des téléphones portables ou des antennes relais, qui participent du phénomène de pollution électromagnétique, sont sujettes à débat : les études scientifiques d'impact sur les populations n’aboutissent pas à une conclusion unique et, dans la mesure où il s'agit d'un phénomène récent, manquent de recul temporel pour évaluer d'éventuels effets à long terme.
Le fait de téléphoner, et de tenir une conversation, mobilise une partie de l'attention qui détourne l’utilisateur des autres tâches en cours. La réactivité est diminuée. Son utilisation, « mains libres ou pas » augmente donc les risques d'accidents (accident du travail, accident domestique, accident de la route lorsque le téléphone est utilisé au volant,…).
L’OMS relève que les risques d’accident de la circulation sont multipliés par 3 ou 4 lors de l’utilisation de mobiles (que le conducteur utilise ou non un kit « mains libres »)[21].
Une étude de l'administration américaine pour la sécurité sur les autoroutes, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), a relevé qu'aux États-Unis en 2005, à un instant donné, environ 6 % des conducteurs utilisaient un téléphone tenu en main en conduisant (soit 974 000 véhicules à un moment donné), et que 0,7 % des conducteurs téléphonaient avec un écouteur/microphone déporté, et que 0,2 % des conducteurs étaient en train de composer un numéro[22].
L’OMS relève qu’il existe des risques d’interférence électromagnétique à proximité de certains appareils médicaux[21]. Selon le rapport de l'Office fédéral de l'environnement suisse, « Il est incontestable que le rayonnement à haute fréquence peut perturber le fonctionnement d’appareils techniques, ce qui peut avoir des conséquences sur la santé, en particulier dans le cas des implants médicaux, tels que les stimulateurs cardiaques. Toutefois, de nombreux appareils sont aujourd’hui insensibles au rayonnement de téléphones mobiles[23]. »
L'utilisation des téléphones mobiles est interdite dans les hôpitaux[réf. souhaitée]. En avion elle peut perturber les liaisons radio pour la navigation sauf si une antenne-relais spécifique est installée.
Malgré les croyances répandues, le risque d'explosion dans les stations services due à un téléphone portable est extrêmement faible[24].
En ce qui concerne les incidents rapportés d'explosions spontanées de batteries, elles sont attribuables exclusivement à l'utilisation de batterie d'accumulateurs de mauvaise qualité (ou des contrefaçons de modèle standard) ou au rechargement par un système non adapté.
Diverses études scientifiques et médicales portent sur les risques potentiels de cancers engendrés sur le long terme par les champs électromagnétiques générés par les mobiles et les antennes relais. L'interprétation de ces études fait l'objet de controverses régulièrement relayées par les médias.
En se basant sur une revue de littérature d’études épidémiologiques, l’OMS a conclu en 2005 qu’il est peu probable que l'exposition aux ondes électromagnétiques des téléphones mobiles ait des conséquences néfastes sur la santé des usagers[21]. Elle estime qu’« aucune étude nationale ou internationale récente n'a permis de conclure que l'exposition aux champs [de radiofréquence] émis par les téléphones portables ou leurs stations de base a des conséquences néfastes sur la santé » et que les études épidémiologiques « n'ont pas permis d'établir de manière convaincante un lien entre l'utilisation du téléphone portable est un risque accru de cancer ou d'autre maladie »[21]. Concernant les stations relais (ou antennes relais), l’OMS constatant que l'exposition aux champs de radiofréquence provoqués par ces stations est généralement plus de mille fois inférieure à l'exposition aux champs de radiofréquence émis par les téléphones portables, il est peu probable qu'elles aient des effets indésirables[21].
L’Agence française de sécurité sanitaire a publié en juin 2005 un avis sur les mobiles, dans lequel elle conclut elle aussi à une absence de preuve de nocivité en l’état actuel des connaissances mais appelle à la vigilance et à la poursuite de travaux scientifiques[25]. Ce rapport fut cependant dénoncé en 2006 par l'inspection générale des affaires sociales en raison des liens entre les industriels de la téléphonie mobile et les auteurs de l'étude[26]. Le Canard Enchaîné du 4 mars 2009 rapporte notamment que Bernard Veyret (directeur de recherche au CNRS), qui a signé le rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement publié en 2005, siège au conseil scientifique de Bouygues Télécom.
Le ministère français en charge de la Santé a publié un document d’information « Téléphones mobiles : santé et sécurité », évoquant le principe de précaution.
L'Office fédéral de l'environnement suisse, dans une étude sur l'impact sanitaire des rayonnements haute fréquence, ceux émis par des appareils comme les téléphones mobiles ou les terminaux Wi-fi ou Bluetooth, fondée « sur les recherches présentées dans près de 150 publications scientifiques parues entre 2003 et 2006 », conclut à l'absence de preuve d'effets sanitaires (aux intensités utilisées en Suisse), mais ajoute que « certains effets associés à l’exposition de l’homme aux téléphones mobiles sont à considérer comme probables », souligne l'insuffisance des données scientifiques, tant épidémiologiques, qu'expérimentales, en particulier sur une longue durée. Il note également l'existence d'effets physiologiques sur l’activité électrique du cerveau (gêne possible de la qualité du sommeil)[23].
En novembre 2006, l’OMS a publié un nouveau rapport, basé sur une revue de littérature, selon lequel « les études n’apportent pas de résultats clairs appuyant l’existence d’une association entre émissions électromagnétiques des téléphones mobiles et effets directs sur la santé », tout en rappelant que cette absence d’éléments « ne doit pas être interprétée comme la preuve de l’absence de tels effets »[27].
À l'été 2007 le groupe international de recherche BioInitiative[28], relayé par l'Agence européenne pour l'environnement, a publié un rapport sur les risques sanitaires liés aux champs électromagnétiques dans lequel il recommande de revoir les mesures de protection des utilisateurs de mobiles car, selon lui, « les personnes qui ont utilisé un téléphone portable dix ans présentent un plus grand risque de développer une tumeur au cerveau[29] ». Le chercheur Jean-Paul Krivine dénonce l'apparence de sérieux scientifique et le conflit d'intérêt d'une des co-auteurs, Cindy Sage, propriétaire d'un cabinet homonyme proposant "des solutions pour « caractériser ou atténuer » les impacts des champs électromagnétiques"[30]
Les centres de recherche et organismes internationaux, comme l’OMS[21] et l’AFSSA[25] en 2005, l'Office fédéral de l'environnement suisse en 2006[23], et le groupe de recherche BioInitiative en 2007[31], soulignent le faible recul dont dispose la science et la médecine concernant les téléphones mobiles, et recommandent de poursuivre les recherches notamment sur des populations plus sensibles comme les enfants.
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) coordonne l'étude internationale « Interphone »[32] qui vise à préciser les liens éventuels entre l'utilisation des mobiles et le cancer. Il s'agit de la plus grande enquête épidémiologique menée sur le sujet. Le rapport définitif est attendu pour 2008[33].
« S'agissant du problème général de la cause des cancers, à l'exception de quelques rapports isolés, aucune corrélation significative n'a été démontrée », a déclaré en novembre 2006 le médecin Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences et de l'Académie de médecine[34].
Le 4 mars 2009, l'Académie de médecine, réagissant à la décision de la cour d'appel de Versailles du 4 février 2009 (condamnant Bouygues à démonter une antennes relais dans le Rhône) défend le caractère inoffensif des antennes[26]. Selon l'Académie de médecine, la cour d'appel de Versailles a fait une « erreur scientifique »[26].
Selon Le Canard Enchaîné du 4 mars 2009, l'Académie de médecine « a agi avec une célérité inhabituelle. Elle s'est auto saisie après la décision de Versailles. Sans même convoquer l'une de ses commissions. Elle a seulement monté, pour l'occasion, un "groupe de travail", qui ne s'est réuni qu'une fois pour auditionner un juriste, un seul... "C'est une procédure complètement inhabituelle", convient-on à l'Académie de médecine. ». De plus, l'auteur du communiqué de l'Académie de médecine est membre du conseil scientifique de Bouygues Télécom[26].
Opérateurs et industriels déclarent prendre en compte les risques lors de l'installation des antennes relais. Certaines règlementations (en France par exemple) obligent les constructeurs de téléphones à afficher dans la notice le rayonnement émis par leurs téléphones (évalué par l’indicateur Débit d'absorption spécifique ou « DAS »).
Selon plusieurs observateurs les enjeux économiques du secteur sont tels que les opérateurs de téléphonie mobile créeraient des conflits d'intérêt en finançant partiellement les recherches sur la question pour mieux en contrôler les résultats[35].
Les chercheurs Heny Lai[36] et Ross Adey[37] ont tout deux renoncé à continuer à travailler respectivement pour le Wireless Technology Research Center et Motorola qui souhaitaient orienter ou censurer les résultats de leurs expériences[38],[39],[40].
L'épidémiologiste américain George Carlo a affirmé en 2007 que les études « financées par l'industrie ont six fois plus de chances de ne rien trouver que celles qui sont financées de façon indépendante. » Selon lui, « 95% des études sont financées par l'industrie. L'industrie contrôle quasiment la science et la diffusion des informations scientifiques. Elle contrôle la façon dont le public perçoit ou ne perçoit pas les dangers[41]. »
Dans le même esprit, quatre scientifiques français, membres de l'association Comité scientifique sur les champs électromagnétiques, ont publié en 2004 un livre blanc intitulé Votre GSM, votre santé : On vous ment ![42].
Les avis des scientifiques au sujet des téléphones portables ont longtemps été divergents et le restent encore à la mi-2008. Par conséquent, dans le doute, le débat s'est partiellement reporté sur sur la nécessité de mettre en garde ou non les usagers du téléphone portable selon le principe de précaution.
En France, alors que l’AFSSET a émis plusieurs recommandations dans son rapport d'avril 2005 qui visent à utiliser « tous les moyens de limiter l’exposition » aux téléphones portables[43] , l’Académie de médecine déclare pour sa part que « le principe de précaution ne saurait se transformer en machine alarmiste, surtout quand plusieurs milliards de portables sont utilisés dans le monde sans conséquences sanitaires apparentes depuis 15 ans[44]. »
En juin 2008, vingt scientifiques de différentes nationalités, essentiellement cancérologues, ont déclaré qu’il pouvait y avoir un risque et ont appelé à la prudence concernant l'utilisation du téléphone portable, dressant une liste de mesures de précaution qu'ils estiment devoir être prises en attendant une évaluation épidémiologique satisfaisante des risques sanitaires liés à la téléphonie mobile[45],[46],[47]. Cet appel a été vivement critiqué par l’Académie de médecine française dans un communiqué ; elle écrit en réponse[48] « que la médecine n’est ni de la publicité ni du marketing, et qu’il ne peut y avoir de médecine moderne que fondée sur les faits. Inquiéter l’opinion dans un tel contexte relève de la démagogie mais en aucun cas d’une démarche scientifique. On ne peut pas raisonnablement affirmer qu’"un risque existe qu'il favorise l'apparition de cancers en cas d'exposition à long terme" et, en même temps, qu’"il n'y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable"[44]. »
Le 4 février 2009, la cour d'appel de Versailles a condamné « l'entreprise Bouygues Telecom à démonter sous quatre mois ses antennes relais installées à Tassin-la-Demi-Lune, près de Lyon » en reconnaissant « l'exposition à un risque sanitaire »[49] et en invoquant le principe de précaution[50]. Le 16 février de la même année, SFR a également été condamné à démonter une antenne relais par le tribunal de Carpentras, mais a fait appel de la décision[51].
La secrétaire d'État à l'Ecologie, Chantal Jouanno, s'est déclarée le 27 février 2009 favorable à l'interdiction de l'utilisation du mobile par les enfants, le risque zéro n'existant pas. Elle précise « Sans être catastrophistes, peut-être devrons-nous un jour rendre l'oreillette obligatoire pour tout le monde »[52].
Plusieurs associations affirment que les systèmes de téléphonie mobile posent des problèmes pour la santé de certains groupes d'individus, qui souffrent de sensibilité électromagnétique. À Prague en 2004 le congrès[53] de l'OMS concluait que la notion de sensibilité aux champs électromagnétiques ne reposait pas sur des fondements scientifiques ; les causes de ces maux sont plutôt liés à l'environnement des individus, ainsi qu'à la peur liée à l'installation de nouvelles antennes relais qui pourrait provoquer des pathologies d'ordre psychosomatiques.
Selon une équipe de chercheurs de l'Université de Coblence, les champs électromagnétiques perturberaient les abeilles dont le sens de l'orientation est basé sur les champs magnétiques terrestres et qui émettent des signaux de 180 à 250 hertz dans leurs danses de communication[54].
Un téléphone mobile contient de nombreux polluants, qui pourraient être recyclés, mai selon une étude faite en 2008 par Nokia, dans le monde, seuls 3 % des propriétaires recyclent leurs téléphone mobile usagé. Sur 6500 personnes interrogées (en Finlande, Allemagne, Italie, Russie, Suède, Royaume-Uni, Emirats Arabes Unis, Etats-Unis, Niger, Inde, Chine, Indonésie du Brésil) 44 % dont dit avoir conservé leurs anciens mobiles sans savoir qu'en faire et 4 % ont avoué s'en être débarrassé dans la nature. Chaque personne interviewée a été propriétaire en moyenne de 5 mobiles. Selon Nokia, ce sont 240 000 t de matières premières qui auraient pu être économisées et l'équivalent de 4 millions de voitures sur les routes en terme d'émission de gaz à effet de serre.
En Europe, les téléphones mobiles font théoriquement l'objet d'une collecte sélective. Ils ne doivent pas être jetés (ce qui est rappelé par un sigle sur la batterie par exemple). La directive européenne 2002/96/CE relative aux déchets d'équipements électriques et électroniques impose (en France via un décret du 20 juillet 2005 aux fabricants et vendeurs de mobiles d'organiser leur collecte. Lors de la vente d'un téléphone mobile, un distributeur doit désormais reprendre gratuitement tout téléphone mobile usagé remis par le client. Il existe aussi des centres de collecte.
Les déchets électroniques sont dans leur ensemble ceux dont le volume croît le plus rapidement. Ils nécessitent une filière de collecte et de recyclage spécialisée. Un téléphone mobile contient des métaux lourds, notamment sa batterie, qui ne sont pas traités dans les filières classiques car très toxiques (ce sont des déchets spéciaux et/ou dangereux). Une grande partie du recyclage est sous-traitée en Afrique ou en Asie dans des conditions sanitaires précaires[55],[56],[57].
Certains téléphones sont remis en service dans des pays plus pauvres sous l'égide d'organisations humanitaires ou de développement[58].
Le téléphone mobile, objet de prestige technologique et de curiosité à ses débuts est devenu un bien de consommation courant. Ses conséquences sur la vie quotidienne et le fonctionnement de la société sont nombreux et commencent à être étudiées par les chercheurs.
L'utilisation du mobile a entraîné dés le début des critiques portant notamment sur la question de la gène sonore occasionnée aux autres. D'où la mise en place progressive d'interdictions dans certains lieux et de nouvelles règles de savoir-vivre. L’utilisation de mobiles est ainsi interdite dans certains lieux (spectacles, cours, etc.). Les salles de spectacle mettent en place des systèmes de brouillage.
Le mobile brouille notamment les repères entre vie privée et lieux publics : des conversations auparavant privées sont désormais échangées dans des lieux publics.
Le téléphone portable permet un assouplissement de certaines contraintes, tels les rendez-vous, qu'il est plus aisé de modifier ou décaler peu de temps à l'avance. Certains y voient au contraire un instrument de facilité et de mépris d'autrui.
Le téléphone portable brouille la limite, auparavant assez imperméable, entre vie professionnelle et vie privée, notamment en période de vacances.
Le téléphone portable, devenu objet multimédia généraliste, provoque des phénomènes de dépendance psychologique personnelle. Certains intellectuels[réf. nécessaire] lui reprochent de supprimer les "temps morts", désormais consacrés à des conversations, des SMS ou des jeux, et qui permettaient notamment l'observation, la réflexion, etc.
Le mobile a habitué le citoyen du début du XXIe siècle à pouvoir joindre n'importe qui n'importe quand. Ce qui constitue notamment un élément de sécurité important en cas par exemple d'accident dans un lieu isolé. Certains lui reprochent de créer un sentiment d'urgence et d'impatience artificiel, brouillant la hiérarchie entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas.
Des études sociologiques en Angleterre ont montré que le téléphone mobile avait supplanté la cigarette en tant que symbole du passage à l'âge adulte pour les jeunes adolescents[réf. nécessaire].
rencontre