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Personnalisme

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Le personnalisme, (ou personnalisme communautaire), est un courant d'idées recherchant une troisième voie humaniste entre le capitalisme libéral et le marxisme. Il aura une influence importante sur les milieux intellectuels et politiques français des années 1930 aux années 1950.

Il a influencé, entre autres, les milieux de l'éducation populaire et plus tard de l'éducation spécialisée, où l'on retoruve encore aujourd'hui sa trace. Comme à l'UFCV par exemple.

Sommaire

[modifier] Naissance du personnalisme dans les années 1930

Le personnalisme est un mouvement intellectuel qui est apparu en réaction à la crise économique des années trente, que la jeunesse intellectuelle française percevait comme une crise de civilisation plutôt qu'une crise essentiellement économique. Cette crise, ces jeunes la caractérisent en opposant l'«individu» et la «personne», opposition empruntée d'ailleurs à Charles Péguy, pour manifester leur refus de l'ordre établi exacerbé par la crise économique mondiale qui sévit. Daniel-Rops écrira à ce propos:

L'individu, c'est ce qui, en bout de piste, apparaît comme le rejeton des tendances aliénantes du monde moderne. C'est celui qui a sacrifié sa dimension spirituelle et son potentiel d'énergies créatrices et de liberté, au profit d'un idéal petit-bourgeois qui ne vise qu'au bien-être. Pour Emmanuel Mounier « l'individu, c'est la dissolution de la personne dans la matière. (...) Dispersion, avarice, voilà les deux marques de l'individualité. » Aussi, la personne ne peut croître « qu'en se purifiant de l'individu qui est en elle » [2].

Autant la notion d'individu veut exprimer la faillite de notre société occidentale que met en relief la crise économique des années trente, autant celle de personne renferme «comme une absence, un besoin, une tâche et une tension continuellement créatrice»[3]. Contre le gigantisme des mécanismes sociaux, politiques et économiques qui président aux destinées des hommes; contre l'idéalisme et le rationalisme abstraits qui ont détaché l'homme de la nature et de ses communautés immédiates, tous les mouvements de la jeunesse française se rejoignent en une même aspiration: celle de renouer avec ce qu'ils appellent l'homme «concret» pour en faire un être responsable, c'est-à-dire capable «de réponse»[4]. Cette opposition entre individu et personne, assez répandue au début des années trente, est donc à la fois un jugement sur la situation et un projet pour la modifier qui pourrait se formuler de la manière suivante: le bourgeois, cet être incapable d'élévation spirituelle a, par ses visées égoïstes, inversé l'ordre des valeurs mettant ainsi en péril les possibilités d'épanouissement de la personne humaine et de la civilisation occidentale, pour mettre un terme à la crise de notre civilisation, la transformation des structures sociales et économiques doit inévitablement s'accompagner d'une révolution spirituelle. Dès 1927, Jacques Maritain soutenait cette Primauté du spirituel. À sa suite,des revues comme la Jeune Droite, l'Ordre Nouveau et Esprit reprendront cette exigence. Ainsi, en mars 1931, l'un des premiers manifestes de l'Ordre Nouveau lançait ce slogan promit à un succès durable: «Spirituel d'abord, économique, ensuite, politique à leur service». Emmanuel Mounier écrira quelques temps plus tard: «Le spirituel commande le politique et l'économique. L'esprit doit garder l'initiative et la maîtrise de ses buts, qui vont à l'homme par-dessus l'homme, et non au bien-être»[5].

Selon ces jeunes intellectuels français, redonner la «primauté à la personne», c'est retrouver la voie de la vraie hiérarchie des valeurs; c'est réunir ce que le monde moderne a eu tendance à séparer. Cette volonté est surtout le souci de la revue Esprit et, dans une moindre mesure, celui de l'Ordre nouveau, revues qui possèdent quelques collaborateurs communs. Toutefois, puisqu'il n'est personne pour croire que cette nouvelle civilisation s'édifiera seulement à coup d'idéal, on a aussi pensé à organiser ce qui relève du matériel sur une base concrète qui puisse permettre d'atteindre la réalisation de cet objectif. Il faut savoir que pour cette génération, Proudhon sera, en ce qui a trait à l'organisation de la dimension matérielle, ce que Charles Péguy représenta pour la dimension spirituelle. Esprit, qui est avant tout Emmanuel Mounier, approfondira surtout la réalité de la personne humaine alors que l'Ordre Nouveau s'attachera plutôt, en s'inspirant plus directement de Proudhon, à définir le cadre organisationnel qui va permettre à l'humanité nouvelle d'émerger.

[modifier] Nébuleuse de groupements

Le personnalisme se constitue en France dans les années 1930-1934 avec l'apparition d'une nébuleuse de groupes et de revues que l'historiographie du XXe siècle rassemble sous le terme de non-conformistes des années 30, en se référant à l'ouvrage éponyme de Jean-Louis Loubet del Bayle.

Au sein de cette mouvance, animée par de jeunes intellectuels qui avaient la volonté de situer leur "engagement" en marge des mouvements d'idées établis, on pouvait distinguer trois courants:

[modifier] Les grandes idées du personnalisme

Face à ce qu'ils percevaient comme une « crise de civilisation », ces jeunes intellectuels présentaient, malgré certaines divergences, un « front commun » :

[modifier] Le personnalisme face au fascisme

Après 1934, face aux événements, les itinéraires de ces intellectuels divergeront. Pourtant leur influence ultérieure n'a pas été négligeable, même si elle s'est manifestée de manière quelque peu diffuse. Sur la lancée des débats intellectuels de l'avant guerre, les hommes et les idées des années 30 apparaissent dans les années 1940 :


[modifier] Le personnalisme après 1945

[modifier] Sources

  1. Daniel-Rops, Éléments de notre destin, Paris, Éd. Spes, 1934, p. 65, note 1.
  2. Cité par Jean-Marie Domenach, Emmanuel Mounier, Paris, Éd. du Seuil, Coll. Écrivains de toujours, 1972, p. 81.
  3. Ibid, p. 76.
  4. Ibid, p. 105
  5. Cité par Jean-Marie Domenach, «Les principes du choix politiques», Esprit, 18, 174 (décembre 1950), p. 820.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

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[modifier] Liens internes

[modifier] Bibliographie

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