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| Michèle Alliot-Marie | |
| Naissance | 10 septembre 1946 Villeneuve-le-Roi, Val-de-Marne, France |
| Nationalité | |
| Profession | femme politique Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités Territoriales |
| Formation | Avocate |
| Famille | Bernard Marie, son père Michel Alliot, son ex-mari Patrick Ollier, son conjoint |
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Michèle Alliot-Marie[1], surnommée MAM, née le 10 septembre 1946 à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), est une femme politique française. Elle est ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales depuis le 18 mai 2007.
Sommaire |
Michèle Alliot-Marie est née Michèle Marie, de Bernard Marie, ancien député-maire de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) et arbitre international de rugby[2], et de Renée Leyko. Le nom composé Alliot-Marie est le nom d'usage qu'elle a adopté suite à son premier mariage et qu'elle a conservé après son divorce.
Elle fréquente le lycée de la Folie Saint-James à Neuilly-sur-Seine puis poursuit ses études universitaires à la faculté de droit et de sciences économiques de Paris, puis à celle de lettres à la Sorbonne et, après la réforme Faure des universités, à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'université Paris 2 Panthéon-Assas.
Elle en sort diplômée d'études supérieures de droit privé, de sciences politiques et d'histoire du droit, puis docteur en droit en 1973 de l'université Paris 2 Panthéon-Assas, avec une thèse sur le Salarié actionnaire, et docteur d'État en sciences politiques en 1982 avec une thèse d'État présentée à Paris I sur Les Décisions politiques et structures administratives[3].
Également titulaire du CAPA (Certificat d'aptitude à la profession d'Avocat), du Certificat de droit et d'économie des pays d'Afrique et d'une maîtrise d'ethnologie, Michèle Alliot-Marie est lauréate de la faculté de droit et de sciences économiques[4].
Durant sa formation, elle se rapproche de son professeur de droit, Michel Alliot, qui fut directeur de cabinet d'Edgar Faure, alors ministre de l'Éducation nationale, de 1968 à 1969, et elle l'épouse en 1971. Avec lui, elle fréquente les milieux universitaires et ministériels.
Sur le plan de l'enseignement supérieur, elle est tout d'abord assistante à la faculté de droit et des sciences économiques de Paris puis à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, entre 1970 et 1984, avant de devenir maître de conférences en droit public à partir de 1984 et de diriger un temps l'UFR de sciences politiques, poste qu'elle quitte pour ses fonctions électives nationales à partir de 1986.
En 1972, elle est appelée auprès d'Edgar Faure, ministre des Affaires sociales, comme conseillère technique, fonction qu'elle occupe également entre 1974 et 1976, auprès de Jean-Pierre Soisson, secrétaire d'État aux Universités. Elle est également nommée chargée de mission aux cabinets du ministre des Départements et Territoires d'outre-mer, Bernard Stasi, de 1973 à 1974, et du secrétaire d'État au Tourisme, Gabriel Ducray, en 1974. Elle devient directrice de cabinet d'Alice Saunier-Seité, secrétaire d'État puis ministre des Universités, de 1976 à 1978, avant de travailler dans le secteur privé, comme administratrice puis PDG de la société Uta-Indemnité entre 1979 et 1985[5]. Elle exerce aussi les fonctions d'avocate.
Elle entre pour la première fois réellement en politique en 1983, en tant que conseillère municipale du village basque de Ciboure, situé au sud du fief politique de son père, Biarritz, près de Saint-Jean-de-Luz. L'année suivante, elle est élue cette fois-ci à Biarritz aux côtés de Bernard Marie. En 1990, une partie de la majorité municipale, derrière le 1er adjoint UDF-CDS Didier Borotra, passe dans l'opposition en critiquant le projet du maire de construire un hôtel-casino sur le front de la grande plage de la ville, ce qui provoque la chute du conseil[6]. Les élections municipales anticipées de 1991 sont alors remportées par la liste de Didier Borotra qui unit à l'UDF locale deux élus socialistes sortants et qui a reçu entre les deux tours le soutien de nationalistes basques[7]. Elle quitte alors le conseil municipal en même temps que son père perd la mairie.
Elle se tourne alors vers une autre commune de la côte basque, Saint-Jean-de-Luz. Élue au Conseil général des Pyrénées-Atlantiques pour le canton de cette commune en 1994, et vice-présidente de l'assemblée départementale dirigée par François Bayrou, elle affronte ensuite le maire sortant, lui-aussi UDF-CDS, Paul Badiola, lors des municipales de 1995, et l'emporte. Réélue au 1er tour en 2001 (avec 51,86 % des suffrages) et en 2008 (de nouveau tête de liste même si elle a avant l'élection précisée qu'elle ne briguerait pas le fauteuil de maire[8], sa liste est réélue au 1er tour avec 55,56 % des suffrages et 26 sièges sur 33[9]), elle a cédé son siège de maire suite à son entrée au gouvernement en 2002 à Pierre « Peyuco » Duhart et reste 1re adjoint au maire chargée des relations institutionnelles et de l'intercommunalité[10]. Elle est également membre titulaire du conseil de la Communauté de communes du Sud Pays Basque depuis sa création en 2005[11].
En tant que maire, elle mène une politique visant essentiellement à confirmer le statut de station balnéaire estivale de Saint-Jean-de-Luz. Sur le plan culturel, elle est à l'origine, avec son père Bernard Marie, président de l'Association pour l'organisation des Festivals, du festival international des jeunes réalisateurs de films qui se tient tous les ans lors de la seconde semaine d'octobre[12][13].
Elle se lance également dans la réhabilitation du bâtiment de la « Pergola », abritant notamment la salle d'expositions de la Rotonde, un casino, un établissement de thalassothérapie et des commerces, située sur le front de mer, avec une première tranche de travaux terminée en 2001[14] qui a permis de restaurer la galerie côté mer avec l'aménagement de la promenade et la rénovation de la façade des commerces, pour un montant de plus d'1 millions d'euros[15]. Son administration est également à l'origine de chantiers dans la zone d'activité touristique de Chantaco, comme la piscine sports et loisirs, dit aussi « complexe aqualudique », achevée en 2003 pour un montant de 4 millions d'euros[16]. Ses partisans mettent également en avant la création depuis 1995 d'un Conseil Communal des Jeunes (pour les adolescents et jeunes de 15 à 25 ans, créé en 1995) - lui-même à l'origine de la création de l'Agorespace (terrain sportif pour le handball, le basket-ball et le football), d'un skatepark ou encore du « pass 15/25 » qui permet d'obtenir des réductions dans certains commerces de la ville[17][18] - et d'un Conseil communal des sages (pour les personnes âgées de plus de 65 ans, créé en 1996)[19].
L'opposition locale néanmoins lui reproche d'avoir trop favorisé les dépenses de prestige et le développement touristique de la ville, au détriment du logement social et de la circulation. Ainsi, alors que la commune connaît, comme l'essentiel de la côte basque, une véritable inflation du foncier (les prix des terrains atteignant 4 000 €/m²[20]), la commune ne disposait que de 1 000 logements sociaux, soit environ 14 % des logements de la commune[21], soit un retard, selon l'opposition, de 445 HLM pour atteindre le seuil des 20 % fixés par la loi SRU[22]. En revanche, le nombre de résidences secondaires est devenu particulièrement important, atteignant 42 % de l'habitat luzien en 2008 selon le PS local[23] et la population de la ville passant de 13 000 habitants en période hivernale à 55 000 durant l'été. La majorité s'est défendue en promettant, lors de la campagne des municipales de 2008, la construction de 300 logements sociaux supplémentaires et l'obligation de 30 % de logements sociaux dans tout nouveau programme de construction privé[22], tandis que les résultats de la deuxième période triennale (2005-2007) de la loi SRU, tels qu'annoncés par la ministre du Logement Christine Boutin, montrent que Saint-Jean-de-Luz a dépassé (à hauteur de 185 %) ses objectifs pour cette période[24]. L'opposition municipale reproche également à Michèle Alliot-Marie de trop favoriser ses responsabilités nationales au détriment de la commune, lui reprochant notamment de ne pas avoir empêché la fermeture, en 1997, de la sardinerie Saupiquet, provoquant un plan social touchant 130 personnes, à quoi ses partisans répondent généralement que son poids politique à Paris a favorisé l'obtention par la ville de subventions du conseil général, de la Région, de l'État ou de l'Europe[25].
Sur le plan de la politique basque, elle s'oppose à l'idée de transformer le pays basque en un département distinct, projet défendu par les nationalistes, une grande partie de la gauche mais aussi au sein de l'UDF locale, et propose plutôt la création d'une région « Basque, Béarn, Bigorre », dite les « 3 B »[25].
Suppléante pour son père, député des Pyrénées-Atlantiques, de 1978 à 1981, elle est élue elle-même à l'Assemblée nationale dans les rangs du RPR pour ce département lors des élections législatives de mars 1986. Elle entre alors dans le gouvernement de Jacques Chirac en tant que secrétaire d'État à l'Enseignement auprès du ministre de l'Éducation nationale, René Monory.
En 1988, elle est réélue députée cette fois pour la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques (en 1986, le scrutin étant à la proportionnelle de liste, il n'y avait pas de circonscriptions), à savoir Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye et tout le sud de la côte basque. Elle est réélue en 1993, en 1995 (élections partielles suite à la démission de son ancien suppléant qui avait pris le relais lors de son entrée au gouvernement), en 1997, en 2002 et en 2007. Toutefois, elle n'a siégé que de 1988 à 1993 et de 1995 à 2002, laissant sa place le reste du temps, où elle était membre du gouvernement, à son suppléant Daniel Poulou. À l'Assemblée nationale, elle est notamment membre de la Commission des Affaires étrangères de 1988 à 1993 et de 1996 à 2002 ainsi que de la Commission de la défense nationale et des forces armées de 1995 à 1996 et de juin à juillet 2002[26].
De 1993 à 1995 elle est ministre de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement Balladur. Elle est confrontée dès cette époque au problème de la violence dans les stades, notamment dans le cadre du match Caen-PSG du 28 août 1993. En conséquence, elle est à l'origine de la loi, qui porte son nom, du 6 décembre 1993 qui a créé notamment la peine juridique particulière qu'est l'interdiction de stade[27]. Elle fonde également à ce poste la fédération du bénévolat.
À l'approche de l'élection présidentielle de 1995, elle refuse de choisir entre son Premier ministre, Édouard Balladur, et le président du RPR, Jacques Chirac, qui reste l'un de ses mentors en politique. Elle tente alors de faire « la passerelle » entre balladuriens et chiraquiens, surnom qui lui est pendant un temps resté[28]. Cette neutralité lui vaudra de faire partie des ministres du gouvernement Balladur à ne pas être reconduits dans le gouvernement Juppé issu de la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle. Elle se tourne alors plus particulièrement vers la vie de son parti, le RPR, en crise suite aux défaites des législatives de 1997, de la contre-performance des régionales de 1998 et surtout du désastre des européennes de 1999.
Entrée au comité central du RPR en 1984, à la commission exécutive en 1985 et au bureau politique en 1991, elle exerce au sein du parti des responsabilités en rapport avec certains de ses centres d'intérêt professionnels ou politiques : secrétaire nationale à l'enseignement et à la recherche de 1985 à 1986, puis aux études et projet de 1988 à 1990, elle devient ensuite secrétaire générale adjointe en charge des affaires étrangères de 1990 à 1993. Mise à l'écart un temps des instances dirigeantes du mouvement à partir de 1995, elle revient en 1998 comme secrétaire nationale chargée des questions de société de 1998 à 1999 et enfin aux élections en 1999.
Lors des premières élections directes par les militants du président du parti en novembre-décembre 1999, elle se porte candidate. Elle fait alors véritablement figure d'« outsider », face au candidat de l'Élysée Jean-Paul Delevoye mais aussi face aux représentants des grandes tendances traditionnelles du mouvement chiraquien (François Fillon pour les gaullistes sociaux ou séguinistes, Patrick Devedjian pour les balladuriens-sarkozystes). Elle arrive ainsi au 1er tour en seconde position avec 31,19 % des voix derrière Delevoye (35,26) et, bénéficiant des désistements en sa faveur des deux autres candidats, elle l'emporte finalement au second tour avec 62,71 % des votes des militants le 4 décembre 1999[29].
Elle est alors la première femme à présider un grand parti de gouvernement en France, et prend de fait la tête de l'opposition. Bien que déclarant sa fidélité au chef de l'État, elle tend à rendre le RPR plus autonome vis-à-vis de l'Élysée. De plus, elle s'éloigne quelque peu de la stratégie de ses prédécesseurs, dont Nicolas Sarkozy, d'alliance avec les libéraux de DL, s'oppose ainsi à la création d'un grand parti de droite prônée par certaines personnalités comme Jean-Pierre Raffarin et appelle à tourner la page des « affaires » qui ont touché le parti à la fin des années 1990 en laissant faire la justice[30]. Voulant organiser une opposition combattive vis-à-vis du gouvernement Jospin, elle forme un « Cabinet fantôme » composé de 12 délégués nationaux du RPR, mais échoue à le faire réellement connaître[31]. Elle met son parti en ordre de bataille pour les municipales de 2001, globalement gagnée par la droite même si certains grands fiefs (Paris, Lyon) basculent à gauche du fait dans ces villes de la division du camp présidentiel, et surtout pour l'élection présidentielle de 2002. Toujours hostile à la disparition du RPR dans un grand parti de droite, elle se résout néanmoins à la naissance de l'Union pour un mouvement populaire et cède la présidence du parti néo-gaulliste à Serge Lepeltier qui accompagne sa dissolution dans le nouveau mouvement présidentiel le 21 septembre 2002.
Son rôle en tant que présidente du RPR dans la réélection de Jacques Chirac pousse celui-ci et son nouveau Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, à la nommer à un poste important, celui de ministre de la Défense. Elle devient alors la première femme à accéder à un tel poste en France. Présente sur le terrain, rendant régulièrement visite aux troupes engagées dans des zones de conflit (notamment en Afghanistan ou en Côte d'Ivoire), elle acquiert rapidement une certaine popularité au sein de l'armée, son surnom de « MAM », datant de sa prise de la présidence du RPR, est largement repris par les militaires.
Dans la pratique, elle suit fidèlement la feuille de route de réforme militaire défini par Jacques Chirac, commandant en chef des Armées, notamment en accompagnant la professionnalisation de celles-ci après la fin de la conscription. Elle défend également fermement le budget de la Défense, notamment contre Nicolas Sarkozy qui, ministre de l'Économie et des Finances pendant quelque mois en 2004, veut réduire les moyens alloués à son ministère dans la loi de programmation militaire[32]. Elle doit également faire face à un certain nombre de crises internationales, ce qui l'amène à intervenir sur le plan diplomatique, notamment en défendant la position de la France face à Donald Rumsfeld sur la question irakienne, ou pour gérer la crise ivoirienne à partir de novembre 2004. Elle est également confrontée à la question du désamiantage du porte-avions Clemenceau durant l'hiver 2005-2006.
Bien qu'assez discrète médiatiquement sur le plan national, au moins jusqu'en 2006, elle gagne sur la scène internationale une certaine notoriété. En 2006, elle est ainsi classée comme la 57e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes. En 2007, devenue ministre de l'Intérieur, elle gagne 46 places et se retrouve à la 11e au monde, 2e en Europe et 1re en France. Elle ne fait toutefois plus partie de ce classement en 2008.
Le 6 avril 2006, lors d'un déplacement à Marseille, elle a affirmé qu'elle n'excluait rien et qu'elle pourrait décider début 2007 de se porter candidate à l'élection présidentielle[33]. Plusieurs fois interrogée depuis, elle a réitéré ses positions.
Le 7 octobre 2006, un article dans Le Parisien annonce que Michèle Alliot-Marie déclarera la semaine suivante sa candidature à l'Elysée[34]. « MAM » dément à Deauville, où elle participe au Forum mondial des femmes, et indique qu'elle annoncera sa décision en janvier 2007 et que « rien ni personne ne fera modifier ce calendrier ».
En outre, Michèle Alliot-Marie a fondé une association baptisée Le Chêne (en référence à son dernier livre Le Chêne qu'on relève) qui s'est installée dans ses locaux à Paris à la fin octobre 2006, comme MAM l'avait annoncé. Hasard de l'immobilier ou clin d'œil, Le Chêne est installé au 88 rue de Lille, dans le 7e arrondissement de Paris, à quelques mètres des lieux qui furent, pendant des décennies, le siège des précédents mouvements gaullistes, jusqu'au RPR dont « MAM » fut la dernière présidente. Le site Internet du Chêne, http://www.lechene.org, a été ouvert le 31 octobre, et Michèle Alliot-Marie y a animé un Chat en direct le 2 novembre et s'adresse chaque mercredi aux internautes par l'intermédiaire d'un « message ». Depuis le 1er décembre 2006, Le Chêne est structuré sous la forme d'un parti politique.
Le 27 décembre, Michèle Alliot-Marie annonce dans une interview au journal Sud Ouest, qu'elle ne demandera pas « le soutien logistique et financier » de l'UMP à l'élection présidentielle de 2007 mais qu'elle réfléchit à une candidature hors parti. À l'affirmation du journaliste qui lui dit « Tout laisse à penser que vous serez candidate », Michèle Alliot-Marie répond : « Il est vrai que j'ai envie d'être candidate. J'ai un certain nombre de convictions et d'idées que j'ai envie de porter devant les Français. »
Le 12 janvier 2007, MAM annonce sur France 2 apporter son soutien au candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy qui a « repris l'essentiel des idées et valeurs » défendues par elle[35]. Michèle Alliot-Marie entend incarner un « gaullisme du renouveau » pour lequel elle et Le Chêne définissent une charte en 3 points[36].
Le 14 janvier 2007, lors du congrès d'investiture de l'UMP, elle prononce un discours de soutien en faveur de Nicolas Sarkozy et se fait alors remarquer par son attaque contre Ségolène Royal : « Nous n'avons pas besoin de quelqu'un qui change d'idées aussi souvent que de jupe »[37].
Le 18 mai 2007, elle est nommée Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales dans le 1er gouvernement Fillon et est confirmé à ce poste dans le second formé un mois plus tard, après les élections législatives. C'est la première femme nommée à ce poste.
Elle lutte alors à nouveau, comme elle l'avait fait lorsqu'elle était ministre de la Jeunesse et des Sports, contre la violence dans les milieux de supporters de football. Elle décide notamment, le 18 avril 2008, après les avis favorables de la Commission nationale consultative pour la prévention des violences dans les enceintes sportives et suite à l'affaire de la banderole anti-chti déployée au Stade de France le 29 mars 2008, de dissoudre l'un des clubs de supporters jugés les plus violents, les Boulogne Boys[38]. Elle renforce également la législation concernant les chiens jugés dangereux, là encore après une série de faits-divers dont le décès d'une enfant de 18 mois à Épernay des suites d'une attaque d'un chien le 26 août 2007[39].
En charge de la réforme des services de renseignement français, elle préside à la fusion de la Direction de la surveillance du territoire (DST, essentiellement chargé du contre-espionnage en France) et de la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG, renseignant le gouvernement sur tout mouvement pouvant porter atteinte à l'État) au sein de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), fondée le 1er juillet 2008[40], se voulant un « "FBI à la française" en matière de renseignement »[41].
Toujours dans ce domaine, Michèle Alliot-Marie a dû faire face à la contestation liée aux fichiers de renseignement créés par cette réforme. En effet, la DCRI est alors dotée de deux fichiers de base de donnée concernant la lutte anti-terrorisme et le contre-espionnage (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et des intérêts nationaux ou CRISTINA) et des fichiers des renseignements généraux augmentés des critères utilisés par CRISTINA (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale dit EDVIGE[42]). S'attirant les réserves de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), notamment concernant l'âge minimum lié à la collecte d'informations sur des mineurs au sein du fichier EDVIGE que la CNIL souhaite remonter à 16 ans au lieu de 13 ans[43], ces deux bases de domaines, et en tout premier lieu EDVIGE, provoquent un vaste mouvement de protestation à la fin de l'été 2008 de la part des associations de défense de la vie privée et des libertés individuelles et au sein de la classe politique, des membres du gouvernement (dont le ministre de la Défense Hervé Morin) émettant à leur tour des réserves. Ces opposants critiquent surtout le flou qui entoure la notion de « susceptibles de porter atteinte à l'ordre public », le fichage des mineurs dès 13 ans, l'introduction dans les renseignements conservés de l'orientation sexuelle et de l'état de santé des personnes concernées. Michèle Alliot-Marie défend le projet tout en proposant peu à peu des aménagements comme l'introduction d'un « droit à l'oubli » proposant le retrait du fichier au bout d'un certain délais des renseignements concernant une personne qui aurait commis des infractions dans son jeune âge mais « qui se comportent bien par la suite » ou en remplaçant la motion ambigue d'« atteinte à l'ordre public » par « l'atteinte à la sécurité publique, aux personnes et aux biens »[44].
L'intervention directe dans ce dossier de la présidence de la République a été vu par une grande partie des observateurs comme un « désaveu » de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la gestion de la crise par son ministre[45], tandis que sa marge de manœuvre était déjà considérée comme très faible dans un ministère dirigé pendant 4 ans par Nicolas Sarkozy et qui a donné à ce dernier ses principaux collaborateurs à l'Élysée[46].
Malgré les difficultés rencontrées, Michèle Alliot-Marie reste l'un des membres du gouvernement les plus appréciés par les Français, tout en ayant connu une certaine baisse dans les sondages à partir de juin 2008. Le baromètre politique IPSOS du 13 octobre 2008 en fait, avec 51 % de satisfaits contre 39 % d'insatisfaits et 10 % d'indifférents, la 8e personnalité politique, droite et gauche confondue, préférée des Français, et la 5e au sein du gouvernement (derrière Bernard Kouchner, Jean-Louis Borloo, Rachida Dati et Rama Yade)[47].
Bien qu'ayant été la première femme politique à occuper des postes politiques d'importance en France comme la présidence d'un grand parti politique, le RPR, ou encore le ministère de la Défense, Michèle Alliot-Marie est opposée à toute forme de revendication féministe. Opposée notamment à la loi sur la parité comme à toute forme de discrimination positive, elle s'est toujours attachée à se faire appeler « Mme le ministre »[48].
Divorcée de Michel Alliot en 1984, elle est aujourd'hui la compagne de Patrick Ollier, président de l'Assemblée nationale du 7 mars au 26 juin 2007 et désormais président de la Commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire.
Durant sa présidence du RPR, MAM sort victorieuse de l'ensemble des échéances électorales qui se déroulent ces années-là. Au moment des élections présidentielles de 2002, se pose la question de la création d'un parti fusionné de la droite et du centre. Opposée dans un premier temps à la création de l'UMP, elle s'assure qu'un certain nombre de valeurs, mais aussi de conditions de fonctionnement soient clairement précisées dans les statuts du futur parti, avant d'accepter en septembre 2002 que le RPR fusionne dans l'UMP.
Depuis sa campagne lors de l'élection à la présidence du RPR, en 1999, elle est surnommée M.A.M pour Michèle Alliot-Marie. Un raccourci très couramment utilisé par les médias ou par ses proches.
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