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Le terme hypnose désigne un état modifié de conscience ainsi que les techniques permettant de créer cet état et les pratiques thérapeutiques utilisées pendant cet état.
Sommaire |
On attribue parfois l'invention du terme hypnose au médecin écossais James Braid en 1843, alors qu'il a été utilisé pour la première fois par le baron Étienne Félix d'Henin de Cuvillers en 1819. [réf. nécessaire]
L'hypnose est un état modifié de conscience différent de celui produit par la relaxation ou la méditation. Cet état peut être léger (rêverie, transe hypnotique légère, hypnagogique ou hypnogogique), hypnopompique ou plus profond.
Léon Chertok considère l'hypnose comme un "quatrième état de l'organisme actuellement non objectivable" dont les racines profondes vont jusqu'à l'hypnose animale. Cet état renverrait aux "relations pré-langagières d'attachemenent de l'enfant". Il se manifesterait électivement dans toutes les situations de pertubation entre le sujet et son environnement. (L'hypnose, Payot, petite bibliothèque payot, Leon Chertok, 1989. Paris. Page 313).
Certains considèrent[évasif] que l'hypnose se différencie des autres états modifiés de conscience par la dissociation entre le conscient et l'inconscient. Cette dissociation permet à l'inconscient de se libérer des entraves et blocages du conscient et de se manifester de façon autonome[réf. nécessaire] par des phénomènes hypnotiques tels que la catalepsie, l'amnésie, l'hypermnésie, l'anesthésie, ou la régression en âge. C'est la présence de ce fonctionnement dissocié de l'inconscient qui permettrait[évasif] de caractériser l'état d'hypnose.
Milton Erickson définit aussi l'hypnose comme un état d'hyper concentration[réf. nécessaire].
Il existe des dizaines de techniques d'induction, certaines sont directives, d'autres plus progressives. [réf. nécessaire]
Un exemple par la respiration : "Votre respiration est paisible, vous observez son rythme qui se ralentit, s'approfondit au fur et à mesure que vous vous détendez de plus en plus profondément".
Le thérapeute se doit d'être attentif aux signes qui se manifestent lors de cette phase. Le battement des paupières par exemple, ou la déglutition plus fréquente font partie de ces signes. Il dira alors : "Vos paupière palpitent, vous ressentez le besoin plus fréquent d'avaler votre salive, voici des signes qui montrent que, rapidement, vous allez entrer en hypnose."
Il existe aussi une "techniques de confusion" : on demande à une personne de penser à son pied droit, puis très vite à sa main gauche, très vite encore à la couleur des yeux de son père etc... Son esprit cohérent se trouve alors rapidement surchargé et préfère se réfugier dans la détente qu'on lui propose par ailleurs. [réf. nécessaire]
C'est dans le monde anglo-saxon que l'on trouve les précurseurs de l'utilisation de l'hypnose (alors appelée magnétisme animal ou mesmérisme) en anesthésie[1].
En France, les médecins Eugène Azam et Paul Broca rendent compte devant l'Académie des sciences d'une intervention pratiquée sous anesthésie hypnotique en 1859. En 1860, le chirurgien Alfred Velpeau présente les travaux de Braid à l'Académie des sciences.
L'hypnose peut servir en médecine pour compléter, voire se substituer à l'anesthésie par sédatifs [2].
De nombreuses techniques de psychothérapie moderne découlent de l'hypnose, le terme psychothérapie a été créé en 1891 par Hippolyte Bernheim pour désigner sa pratique de l'hypnose médicale. En 1923, Pierre Janet déclarait : « la décadence de l'hypnotisme [...] n'est qu'un accident momentané dans l'histoire de la psychothérapie »[3].
Par exemple, la sophrologie, au même titre que certaines techniques de relaxation, est une méthode récente (1961) née de l'hypnose.
L'hypnose en tant que telle ne sert à rien, c'est un outil. Les indications courantes sont surtout psychologiques et psychosomatiques : angoisses, névrose, arrêt du tabac, perte de poids, stress, énurésie, insomnie, phobies, allergies, traumatismes, deuils, tocs (troubles obsessionnels compulsifs), timidité etc. mais aussi, anesthésie hypnotique, préparation mentale (chirurgie, sport, examen), résolution de conflit, apprentissages, développement personnel, etc.
On la retrouve en psychologie ou dans certaines formes d'apprentissage.
Certains l'utilisent en psychothérapie brèves puisque son principal intérêt est de permettre l'accès à l'inconscient. Selon ces praticiens, l’hypnose est considérée comme un amplificateur et un accélérateur de thérapie. Ce serait un moyen d'accéder à l'inconscient, de contourner les blocages et de permettre la formation de nouveaux comportements plus positifs pour la vie du sujet.
D'ailleurs il existe une forme spécifique pour l'utilisation de l'hypnose sans avoir recours à un thérapeute. Cette méthode est appelée autohypnose. Elle permet de s'approprier son propre changement, à chaque instant "à la demande".
Bien que la science se soit depuis longtemps intéressée à l’hypnose, l’avènement des techniques d’imagerie cérébrale a permis une amélioration des connaissances sur le fonctionnement du cerveau dans ces conditions particulières.
C’est Pierre Rainville, Professeur au département de stomatologie à l’université de Montréal, qui a le premier investigué les relations entre l’hypnose et la douleur grâce à des techniques d’imagerie cérébrale. Il a montré qu’un stimulus de même intensité physique, jugé douloureux par les sujets dans un état de veille normale et non douloureux lorsque ces mêmes sujets étaient sous hypnose, évoque des modifications d’activités dans le cortex cingulaire antérieur, une région médiale du cortex préfrontal. Cette région est connue pour son appartenance, entre autre, à la matrice de la douleur, un ensemble de régions du cerveau dont l’activité augmente lors d’une expérience douloureuse. Cette étude a reçu de nombreuses confirmations expérimentales.
Stuart Derbyshire et son équipe[4] ont, quant à eux, utilisé une suggestion hypnotique d’hyperalgésie afin de contraster les activités cérébrales évoquées par une douleur imaginée et celles d’une douleur induite sous hypnose. Ils concluent également que la sensation subjective de douleur et le sentiment désagréable qui lui est associé se reflète dans l’activité du cortex cingulaire antérieur.
Cette étude apporte néanmoins un argument clair en faveur de la véracité d’induire une douleur sans aucun stimulus physique sans que celle-ci soit imaginée ou imaginaire. Cette conclusion doit sensibiliser certains médecins ou praticiens à réviser leur avis sur des douleurs qu’ils qualifiaient jusqu’alors de factices. Cette étude a été enrichie, entre autres, par une étude finlandaise menée par Tuukka Raij et publiée 2005[5].
Hofbauer a réalisé une expérience en TEP publiée en 2001, avec une suggestion portant sur la sensation douloureuse et non sur le caractère désagréable de cette sensation comme c’était le cas dans l’étude de Rainville. Il a mis en évidence une modulation de l’activité dans les cortex somato-sensoriels et non dans le cortex cingulaire antérieur mettant ainsi en évidence l'importance de la suggestion.
Les deux études ayant précisément abordé cette question sont celles de Raz et celle de Egner parues toutes les deux en 2005. La première étude a montré une baisse de l’activité du cortex cingulaire antérieur normalement impliqué dans la détection des conflits.
L’étude d’Egner a quant à elle montré une augmentation de l’activité du cortex cingulaire antérieur en situation de conflit. Ces résultats à première vue incompatibles illustrent au contraire, l’importance des conditions d’études des phénomènes hypnotiques puisque dans le premier cas une suggestion était réalisée sur la tâche (« le texte qui apparaissait était d’une langue inconnue ») tandis que la seconde ne faisait aucune suggestion directe sur la tâche. Ces deux études confirment qu'il n'existe pas une base cérébrale de l'hypnose mais que les activités cérébrales sont dépendantes de la suggestion hypnotique utilisée.
Dans une étude récente (2008), Mendelsohn a proposé que certaines régions qui supportent la récupération des informations en mémoire puissent être inhibées lors d’une suggestion hypnotique d’amnésie. [réf. nécessaire]
Il a pu être observé que la personne en hypnose se conforme aux attentes implicites de l'expérimentateur. Ainsi, l'expérimentateur n'observerait-il jamais plus que ce qu'il s'attendait à observer. L'hypnose ne serait-elle qu'un jeu de rôle ? Ce n'est évidemment pas si simple, car il y a bien un fonctionnement spécifique du cerveau, une facilitation des réponses aux suggestions, etc. [réf. nécessaire]
L'hypnose révèle qu'en sciences humaines la réalité ne se comprend pas, elle se construit. Et le langage y joue un rôle majeur. Ainsi, si on décrit une chaise, la description aura un effet minimal sur la chaise, mais un effet important sur la perception de la chaise, ainsi que sur la perception des personnes qui écoutent. En hypnose, la réaction à la description est amplifiée : le langage (verbal et non-verbal) de l'expérimentateur ne décrit pas simplement ce qu'il observe : il décrit-construit les comportements qu'il observe, et sa construction a un effet majeur sur l'attitude de la personne observée. Melchior nomme ainsi nos concepts des "créalités" car notre réalité est une articulation de ces constructions.
Dire de l'hypnose qu'elle est un état modifié de conscience ne dit rien de particulier. Notre perspective de la conscience en "états" pourrait, elle-même, être une construction critiquable. L'état de conscience fluctue toute la journée et on passe par de nombreux états modifiés de conscience. Ainsi, il n'existerait pas d'état de base de référence.
D'autres travaux en sociologie (e.g. Bertrand Méheust), en ethnologie, en linguistique, en psychologie contribuent de manière très intéressante à la compréhension de la "conscience" et de ses "états modifiés". [réf. nécessaire]
L'hypnose utilisée comme spectacle, sur scène, a joué un rôle important dans sa diffusion. C'est après avoir assisté à une démonstration du magnétiseur public Charles Lafontaine en 1841 que James Braid a commencé à s'intéresser aux phénomènes hypnotiques. Joseph Delboeuf, quant à lui, qui a fait des expériences avec le magnétiseur public Alfred D'Hont, dit Donato, se fait l'avocat des magnétiseurs de spectacle et demande « que chacun puisse faire de l'hypnotisme public ou privé, sous sa propre responsabilité »[6].
[1]== Explications détaillées sur l'hypnose moderne par un médecin de famille et hypnothérapeute ==
La bibliographie sur le Magnétisme animal se trouve dans l'article du même nom.