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Guerre du Viêt Nam

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(Redirigé depuis Guerre du Vietnam)
Guerre du Viêt Nam

Informations générales
Date 1959-30 avril 1975
Lieu Viêt Nam
Casus belli Révolte du Viêt-Cong
Issue Victoire du Nord-Viêt Nam
Belligérants
Forces anti-communistes

South Vietnam Viêt Nam du Sud
États-Unis États-Unis
Avec le soutien de
Corée du Sud Corée du Sud
Australie Australie
PhilippinesPhilippines
Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
République khmère
Thaïlande Thaïlande
Royaume du Laos

Forces communistes

North Vietnam Nord-Viêt Nam
Viêt-Cong
Avec le soutien de
Khmers Rouges
Pathet Lao
République populaire de Chine Chine
URSS URSS
Corée du Nord Corée du Nord

Commandants
South Vietnam Nguyễn Văn Thiệu
South Vietnam Lam Quang Thi
South Vietnam Nguyen Cao Ky
South Vietnam Ngô Đình Diệm
South Vietnam Ngo Quang Truong
USA Dwight D. Eisenhower
USA John F. Kennedy
USA Lyndon B. Johnson
USA Robert McNamara
USA William Westmoreland
USA Richard Nixon
USA Gerald Ford
USA Creighton Abrams
USA Frederick Weyand
USA Elmo Zumwalt
USA John Paul Vann
USA Robin Olds
Corée du Sud Park Chung Hee
Thaïlande Thanom Kittikachorn
Australie Harold Holt
Nouvelle-ZélandeKeith Holyoake
Philippines Ferdinand Marcos
North Vietnam Hồ Chí Minh
North Vietnam Lê Duẩn
North Vietnam Trường Chinh
North Vietnam Nguyễn Chí Thanh
North Vietnam Võ Nguyên Giáp
North Vietnam Phạm Hùng
North Vietnam Văn Tiến Dũng
North Vietnam Trần Văn Trà
North Vietnam Lê Đức Thọ
North Vietnam Đồng Sỹ Nguyên
North Vietnam Lê Đức Anh
North Vietnam Tran Do
North Vietnam Nguyen Van Toan
North Vietnam Le Trong Tan
North Vietnam Hoang Minh Thao
North Vietnam Nguyen Minh Chau
North Vietnam Tran The Mon
North Vietnam Chu Phong Doi
North Vietnam Truong Muc
Vo Minh Triet
République populaire de Chine Zhou Enlai
URSS Léonid Brejnev
URSS Nikita Khrouchtchev
Batailles
Bataille d'Ap Bac - Bataille d'Hamburger Hill - Bataille de Lang Vei -Bataille de Huế - Bataille de Saïgon - Offensive du Tết
Histoire du Viêt Nam

Voir aussi :

La guerre du Viêt Nam (aussi appelée deuxième guerre d'Indochine) est une guerre qui a opposé de 1959 à 1975, d'une part la République démocratique du Viêt Nam (ou Nord-Vietnam) et son armée populaire vietnamienne - soutenue matériellement par le bloc de l'Est et la Chine - et le Front national pour la libération du Viêt Nam (ou Viet Cong), face à, d'autre part, la République du Viêt Nam (ou Sud-Vietnam), militairement soutenue par l'armée des États-Unis à partir de 1964, à la suite des incidents du golfe du Tonkin appuyé par plusieurs alliés (Australie, Corée du Sud, Thaïlande, Philippines).

Sommaire

[modifier] Présentation générale

Après l'échec de la France pour reconquérir l'Indochine en 1954 suite à la victoire du Viêt-Minh à la bataille de Diên Biên Phu, les accords de Genève divisèrent le pays en deux par une zone démilitarisée au niveau du 17e parallèle. Les deux parties du Viêt Nam connurent alors la mise en place de gouvernements idéologiquement opposés :

Au nord, la République Démocratique du Viêt Nam (RDVN), régime communiste fondé par Hô Chi Minh en 1945.

Au sud, la République du Viêt Nam (RVN), régime nationaliste proclamé par Ngô Dinh Diêm en 1954 et soutenu par les Américains, suite à un coup d’État déguisé en référendum. Lui et ses alliés s'opposèrent à la tenue des élections initialement prévues dans les deux ans par les accords de Genève.

La guerre du Viêt Nam débuta à l'instigation des partisans de la République Démocratique du Viêt Nam (RDVN), sous la forme d'une guerre civile censée déterminer si le Viêt Nam allait rester définitivement divisé ou s'il devait s'unifier sous la RDVN. Les combats commencèrent en 1957 et connurent des interventions logistiques sino-soviétiques et surtout américaines.

Les États-Unis, alliés de la RVN, inscrivirent ce conflit dans le contexte plus général de la guerre froide en lui donnant une image fondée sur des principes et une stratégie anti-communiste : l’expansion du communisme devait être stoppée conformément à la doctrine américaine de l’endiguement, afin d'empêcher un « effet domino » en Asie orientale. La RDVN représentée par le Front national pour la libération du Viêt Nam (FNL, aussi appelé « Viêt-Cong », abréviation de « communistes vietnamiens », par la RVN et ses alliés), en ont fait quant à eux une lutte de réunification du pays et de défense contre une agression étrangère impérialiste qu'ils assimilaient à une poursuite de la Première Guerre d'Indochine.

Après quinze ans de combats et un lourd bilan humain, l’intervention directe et massive des États-Unis prit fin avec la signature des accords de paix de Paris en 1973. Les combats entre forces viêtnamiennes s'achevèrent avec la chute de Saïgon en 1975, capitale de la RVN. Après la victoire de la RDVN, les deux Viêt Nam furent unis conformément aux buts du FNL pour former l'actuelle République socialiste du Viêt Nam, dotée d'un gouvernement composé essentiellement du parti communiste et basé à Hanoï, jusqu'alors capitale de la RDVN.

Côté américain, cette guerre marqua toute une génération et dégrada considérablement l'image du pays. Considérée comme la première défaite militaire de l'histoire des États-Unis, cette guerre impliquera plus de 3,5 millions de jeunes américains. Parmi les cinéastes influençant cette image figurent en autres Francis Ford Coppola et Oliver Stone, vétéran du Viêt Nam qui réalisera une trilogie sur ce conflit avec les films Platoon, Né un 4 juillet et Entre Ciel et Terre.

[modifier] Origine du conflit : l’après-guerre d'Indochine

Hô Chi Minh, photo prise en 1961 dans la rivière Lijang, près de Yangshuo dans le Guangxi, en Chine. Bientôt connu par les GI's sous le nom de l'« Oncle Ho », il vient de créer le FNL l'année précédente.

La Deuxième Guerre d'Indochine trouve son origine dans la première (1946-1954), conflit qui opposa la France à la Ligue pour l'Indépendance du Viêt Nam, fondée et dirigée par le leader révolutionnaire Hô Chi Minh. Occupé par les troupes japonaises durant la Seconde Guerre mondiale jusqu'en août 1945, les guérilleros du Viêt-Minh, profitant du vide créé par la reddition du Japon, s'emparèrent de la capitale Hanoï. L'empereur Bao Dai, replacé sur le trône par les Japonais, abdiqua pour devenir conseiller spécial au premier gouvernement de la nouvelle République Démocratique du Viêt Nam (RDVN), dont la déclaration d'indépendance fut faite à Hanoï le 2 septembre 1945, sur la place Ba Dinh, en un cérémonial confucéen de changement dynastique. En abdiquant, Bao Dai a déclaré [réf. nécessaire] préférer être citoyen d'un pays libre, plutôt qu'être souverain d'un pays subjugué. La reconquête coloniale par la France de son ancienne colonie, en 1945-1946, puis l'impossibilité pour les gouvernements vietnamien et français de s'accorder sur un modus vivendi, conduisit, en décembre 1946 à la Première Guerre d'Indochine. La bataille décisive eut lieu au printemps 1954 lorsque le Viêt-Minh attaqua le camp retranché français de Diên Biên Phu, dans le nord du Viêt Nam. Le 8 mai 1954, après un siège de 55 jours, les Français capitulèrent.

Entre temps, lors d'une réunion des quatre « Grands » à Berlin en février 1954, il avait été décidé d'une conférence à Genève à partir du 26 avril, où l'on traiterait de la Corée et de l'Indochine. Les délégués de la RDVN et de l'État du Viêt Nam y rencontrèrent les délégations de la France, du Royaume-Uni, de l'Union soviétique, des États-Unis, de la République populaire de Chine et des deux États voisins, le Laos et le Cambodge, afin de discuter du futur de toutes les anciennes possessions françaises en Indochine. Aux termes des Accords de Genève signés au mois de juillet 1954, la France et la RDVN mirent fin à la guerre. Ces accords d'armistice étaient signés le 20 juillet par Pierre Mendès France et Pham Van Dong, respectivement au nom de la France et du Viêt Nam. À ces accords était également signée une déclaration commune par les neuf participants, mais simplement « approuvée » par les États-Unis.

L'indépendance du Laos, du Cambodge et du Viêt Nam était reconnue. Ce dernier étant partagé en deux zones de regroupement militaire des forces armées françaises et viêtnamiennes de part et d'autre du 17e parallèle. La réunification du pays pourrait intervenir après des élections générales, qui devaient être organisées dans un délai de deux ans (1956), et la constitution d'un gouvernement.

Au Sud-Viêtnam, sous la pression américaine, Ngô Đình Diệm est nommé Premier Ministre en juillet 1954. Il était considéré comme un héros par beaucoup de Viêtnamiens pour son rôle dans la guerre d'indépendance. Ce gouvernement, avec le soutien du président américain Eisenhower, sabotera les élections initialement prévues. De fait, dès août 1955, Ngô Đình Diệm déclara que le Viêt Nam ne se considérait lié en aucune façon par les Accords de Genève dont il n'avait pas été signataire. De plus, les États-Unis ne reconnaissaient pas la RDVN en prétendant ne pas avoir été signataire des Accords de Genève, ce qui, à la lettre, était exact puisqu'ils les avaient « seulement » approuvés. Le 26 octobre 1955, Ngô Đình Diệm, nouveau président, proclame la République du Viêt Nam, au cours d'un coup d’État déguisé en référendum (truqué, Ngô Đình Diệm ayant obtenu plus de voix que d'électeurs !).

De son côté, la RDVN, épuisée par la guerre, était troublée par des problèmes intérieurs graves (soulèvement de la province de Nghé An en septembre 1956 suite à des maladresses et d'excès dans la réforme agraire).

[modifier] Escalade

[modifier] Les États-Unis engagés dans le conflit

Le secrétaire à la Défense Robert McNamara et le général Westmoreland s'entretiennent en août 1965 du déroulement des opérations avec un officier de terrain, le général Tee en charge de la province de Đà Nẵng.

1954 : afin de maintenir au sud un régime anticommuniste et dont la réunification avec le nord ne pourrait être réalisée qu'après la destruction du Viet-Minh, les américains installent le régime nationaliste de Ngô Đình Diệm.

1955 : l'engagement progressif américain débute sous Eisenhower, qui, dès 1955, met en place à Saïgon une mission militaire chargée d'assumer complètement l'organisation et l'entraînement de l'armée de la RVN.

1957 : face à un pouvoir de plus en plus despotique, d'anciens membres du Viet-Minh reprennent le maquis dans le sud dès fin 1957 et des troubles armés sont déclenchés au centre Viet Nam dans la province de Quang Ngai.

1958 : toujours au sud, dans la région de Tay Ninh, des formations de maquisards s'emparent d'un millier d'armes qui permet d'équiper les premières unités.

1959 : 15 nouvelles missions militaires sont mises en place et dans le même temps, on construit 46 terrains d'aviation et 11 bases navales. En 1960, les bases américaines s'élèvent à 57 et plus de 2 000 opérations de « ratissage » sont effectuées par les troupes de la RVN conduites par des officiers américains. Alors que l'opposition au régime grandit, une première tentative de coup d'état menée par l'armée échoue en décembre 1959.

1960 : le président Kennedy porte à 15 000 hommes l'effectif des conseillers militaires. Il s'agit d'un terme diplomatique pour désigner des soldats. Les États-Unis envoient également une escadrille de B-26 et deux compagnies d'hélicoptères. Le 20 décembre 1960, est crée le Front national pour la libération du Viêt Nam (FNL).

1962 : le 4 janvier, signature des accords entre les États-Unis et le gouvernement de Ngô Đình Diệm, dont les principaux points portent sur la pacification, la démocratisation et la libéralisation. En février, accord entre la RDVN et le Pathet Lao au Laos pour maintenir la piste Hô-Chi-Minh-Ville ouverte. Toujours en février, création d'un commandement militaire américain : MAC (Military Assistance Command) sous les ordres du Général Paul Harkins. Durant cete année, 27 000 opérations de « ratissages » et 60 000 sorties aériennes seront effectuées en RVN par l'aviation américaine.

1963 : en janvier, la bataille de Ap Bac, engagement militaire relativement mineur entre le FNL et l’Armée de la RVN, a des répercussions importantes car on y dénombre les premières pertes parmi des forces américaines qui encadrent l’Armée de la RVN (ARVN). Le 12 février débutent les pressions américaines pour la liberté de l’information. En novembre, on compte 16 000 conseillers militaires. Le 1er novembre, Ngô Đình Diệm devenu impopulaire, subit un coup d'état militaire. Il est tué le 2 novembre et une junte militaire est mise en place avec à sa tête Duong Van Minh.

Attentat Viet Cong à Saigon en 1965

Le président Kennedy, désirant inaugurer la détente avec Moscou, ordonne le retrait de 1 000 conseillers américains avant Noël 1963 et de tous les conseillers américains avant la fin de 1965. Le 22 novembre 1963, il est assassiné à Dallas. Son successeur, Lyndon Johnson, annule le retrait des troupes et augmente le contingent. Cette implication grandissante est motivée par la peur des menaces de l’élargissement du communisme. Cette année-là, 37 000 opérations de ratissage auront été menées.

1964 : le 30 janvier, nouveau coup d'Etat en RVN. Minh reste le chef officiel mais le pouvoir réel passe aux mains du général Nguyên Khanh. Durant le reste de l'année 1964, cinq autres coups d'État, ou tentatives, se dérouleront en RVN, et sept gouvernements s'y succéderont. En mai, débutent des raids américains sur le Laos pour tenter de couper la piste Hô-Chi-Minh-Ville Suite aux incidents du golfe du Tonkin les 2 et 3 août, le Congrès des États-Unis approuve la résolution du golfe du Tonkin le 7 août 1964, qui offre au président Johnson la possibilité de « prendre toutes mesures nécessaires pour faire échec au communisme ». En représailles, le président Johnson fait donc bombarder les installations côtières de la RDVN. Le 31 octobre, au moment où les Américains se rendent aux urnes dans le cadre de l'élection présidentielle, quatre Américains sont tués à Biên Hoa. Le 24 décembre, une bombe explose à l'hôtel Brink de Saigon où sont hébergés des officiers américains célibataires. Deux personnes sont tuées et plus d'une centaine blessées.

1965 : le 6 février, 300 Viêt-Cong attaquent le Camp Holloway, à Pleiku, provoquant la mort de huit Américains. En février, le Général Khan est éliminé. Le 10 février, le Viêt-Cong attaque Qui Nhon et provoque la mort de 21 Américains. Deux bataillons de missiles sol-air Hawk sont installés sur la base de Da Nang très proche de la frontière de la RDVN. Lyndon Johnson franchit une nouvelle étape le 13 du même mois en ordonnant des raids aériens plus étendus sur le nord (Opération Rolling Thunder). À cause de mauvaises conditions météorologiques, les raids aériens ne commenceront que le 2 mars. Cette opération durera 38 mois et déversera un demi-million de tonnes de bombes. Le 7 mars, Johnson ordonne le déploiement terrestre d'une brigade de 3 500 Marines en vue de protéger la base de Da Nang, celle-ci débarquera le lendemain. Le 9 mars, Johnson autorise l'usage du napalm. En avril, la RDVN décrète la mobilisation générale et décide de faire intervenir des unités régulières de l'armée populaire vietnamienne en RVN. Simultanément, et à l'insu de l'opinion publique américaine[réf. nécessaire], le Pentagone et le président Johnson prennent la décision d'engager les États-Unis dans la bataille terrestre en RVN avec pour ordre une mission offensive de « recherche et destruction » (search and destroy) afin d'écraser la rébellion. En juin, le général Nguyễn Văn Thiệu est nommé Chef de l'État par un comité militaire avec le général Nguyễn Cao Kỳ comme Premier Ministre. En juillet, le président Johnson annonce que les forces américaines vont être portées à 125 000 hommes. En octobre se déroule le premier combat terrestre entre Américains et soldats réguliers de la RDVN à Pleime sur les plateaux du Centre-Annam. En décembre 1965, les effectifs américains sont de 185 000 hommes.

Bombardement au napalm sur le territoire de la RDVN en 1965. Selon Noam Chomsky, leur intensification évoque une politique de la terre brûlée.

1966 : en mai, une rébellion militaire pro-bouddhiste éclate à Da Nang. En décembre, les effectifs américains sont de 390 000 hommes. S'y ajoutent 8 000 Coréens et 4 000 Australiens. Pendant toute l'année 1966, les bombardements se poursuivent sur la RDVN.

1967 : en janvier, premiers engagement américains dans le « Triangle de Fer » au nord-ouest de Saïgon où sont infiltrés de nombreux éléments Viêt-Congs (dans les tunnels de Củ Chi notamment).

Icône de détail Article détaillé : Tunnels de Củ Chi.

Pendant toute l'année 1967, les bombardements se poursuivent sur la RDVN.

Les effectifs américains stationnés en RVN sont de 510 000 hommes auquels s'ajoutent 40 000 hommes de l'USAF basés en Thailande et 30 000 autres aux formations de la 7e Flotte américaine. L'Armée de la République du Viêt Nam (ARVN) est composée de 700 000 hommes. Enfin, il convient d'ajouter 48 000 Sud-Coréens et 10 000 Thailandais payés sur le budget américain.

1968 : en février, débute l'offensive du Tết.

Icône de détail Article détaillé : offensive du Tết.

Cette année là, les pertes des soldats américains tués, telles que rapportées chaque jeudi aux informations du soir, sont supérieures à 100 morts par semaine. Le 7 juillet, les forces américaines évacuent la base de Khê Sanh.

Les opérations entre 1961 et 1975 coûteront 533 milliards USD (valeur 2005) aux États-Unis.

[modifier] L’offensive du Tết et la désillusion de la population américaine

Icône de détail Article détaillé : offensive du Tết.
L'offensive du Tết met fin aux illusions de la sanctuarisation du territoire en RVN

La foi du public américain en la « lumière au bout du tunnel » est balayée en février 1968 quand l'ennemi, supposé être sur le point de s'effondrer, organise l'offensive du Tết. Võ Nguyên Giáp, en charge des opérations viet-congs, lance la quasi-totalité de ses effectifs dans la bataille (environ 230 000 hommes)[réf. nécessaire]. Cette offensive, du point de vue militaire fut une défaite : sur 105 villes visées par les Viêt-Congs, aucune ne fut prise complètement. Il y eut au moins 48 000 tués du côté viêt-cong[réf. nécessaire]. Le FNL ne revient à son niveau d'effectifs d'avant l'offensive que dans le courant de l'année 1972 avec le renfort d'unités régulières du nord et ne jouera plus de rôle déterminant dans le conflit.

Du point de vue politique, ce fut une victoire : les faubourgs de Saïgon et la Citadelle de Hué furent occupés par le Viêt-Cong pendant plus d'un mois. A Hué, le Viêt-Cong massacra environ 3000 intellectuels, commerçants et personnes liées au régime sud-vietnamien. Si, au Viêt Nam, le soulèvement populaire fut en deçà des effets escomptés, le résultat psychologique fut rude pour l'administration de la RVN et le prestige américain.

L’offensive communiste a soudé la population de la RVN contre les communistes et, de 1968 à 1970, la conscription fut annulée parce qu’il y avait trop de volontaires. Plus un seul moine ne s’est immolé et aucun mouvement pacifiste ne s’est manifesté massivement. En clair, la très grande majorité des éléments pro-communistes ont changé leur fusil d’épaule après 1968 quand ils ont pu voir la réalité de leur politique.

Mais la cible principale fut atteinte. Ce fut le contraire qui se passa en Amérique du Nord. Il y avait déjà un faible mouvement d'opposition à la guerre dans certaines parties des États-Unis, dès 1964, spécialement sur quelques campus universitaires. Ceci se déroule durant une période jusqu’alors inconnue d'activisme estudiantin de gauche, et par l'arrivée, en nombre significatif, des baby boomers en âge d'entrer à l'université. La Seconde Guerre mondiale s'était terminée en 1945, et la Guerre de Corée en 1953. Ainsi la plupart des baby boomers, sinon tous, n’ont jamais été exposés à la guerre. De plus, la guerre du Viêt Nam reçoit une couverture médiatique d'une intensité sans précédent — elle fut appelée la première guerre télévisée — ainsi qu'une opposition aussi bruyante de la part de la Nouvelle Gauche (Voir aussi Nguyen Ngoc Loan).

Certains Américains s’opposent à la guerre sur des bases morales, la voyant comme une guerre destructrice attentant à l'indépendance du Viêt Nam, ou comme une intervention dans une guerre civile étrangère ; d'autres s'y opposent car on manque d'objectifs clairs, et qu'elle apparaît alors comme vouée à l'échec. Certains des activistes sont eux-mêmes des vétérans du Viêt Nam, comme en témoigne l'Organisation des Vétérans du Viêt Nam contre la guerre.

L'offensive du Tết relève de la guerre psychologique. Son but n’était pas seulement la conquête territoriale, mais d’amplifier l’opposition à la guerre aux États-Unis.

[modifier] Interventions chinoise et soviétique en République Démocratique du Viêt Nam

Le porte-parole du ministère de la république populaire de Chine des Affaires étrangères a confirmé en 1996 que, sur demande du gouvernement nord-viêtnamien, la Chine avait envoyé entre août 1965 et août 1973 environ 320 000 soldats de l'armée populaire de libération pour aider la RDVN dans les tâches de défense aérienne, de génie militaire et de logistique. Il confirme aussi que plus de 1 400 soldats chinois avaient été tués et 4 200 grièvement blessés.

Les premières unités chinoises présentes sur le sol viêtnamien étaient composées de deux divisions d’artillerie anti-aérienne et d'un régiment indépendant, les rotations des troupes s'ensuivirent et elles étaient assignées à la défense des secteurs stratégiques. La marine chinoise était également présente : les dragueurs de mines ont nettoyé une surface de 201 km2.

En outre, la Chine a fourni 20 milliards USD d'aide militaire et financière au gouvernement de la RDVN.

Le 25 novembre 1965, un traité secret sino-khmer est signé : la Chine populaire fait transiter par le Cambodge les armes pour le FNL.

Des dossiers partiellement déclassifiés démontrent que 6 359 officiers et généraux de l'Armée rouge soviétique ont agi comme conseillers militaires et ont pris part aux opérations de combats (surtout dans la défense anti-aérienne).

[modifier] Enlisement

[modifier] La guerre du Viêt Nam au centre des élections américaines

Nguyễn Văn Thiệu, président de la République du Viêt Nam ; photo prise en 1968 lors d'une réunion avec le président américain Lyndon B. Johnson à Hawaii.

En 1968, le président Lyndon Johnson débute sa campagne de réélection. Un membre de son propre parti, Eugene McCarthy, se présente contre lui pour l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. McCarthy perd les premières élections primaires dans le New Hampshire, mais il provoque la surprise en réalisant un score élevé contre le sortant. Le coup porté à la campagne de Johnson, combiné à d'autres facteurs, le mène à annoncer qu'il retire sa candidature, lors d'un discours télévisé surprise. Il y annonce conjointement le démarrage des accord de Paix de Paris avec le Viêt Nam.

Se saisissant de l'opportunité causée par l'abandon de Johnson, Robert Kennedy brigue alors l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. Le vice-président de Johnson, Hubert Humphrey, se porte également candidat, promettant de continuer d'aider le gouvernement de la RVN.

Robert Kennedy est assassiné durant cet été, et McCarthy est incapable de contrer le support dont Humphrey jouit dans l'élite du parti. Humphrey gagne l'investiture de son parti, et se présente contre Richard Nixon dans les élections générales. Pendant sa campagne, Nixon dit avoir un plan secret pour terminer la guerre.

[modifier] Nixon et son plan de désengagement progressif

Le président Johnson en entretien le 27 mars 1968 avec les chefs d'État-major Earle Wheeler et Creighton Abrams ; l'année suivante a lieu un changement d'interlocuteur à la Maison blanche.

Richard Nixon est élu président et démarre à compter de janvier 1969 sa politique de lent désengagement de la guerre. Le but est d'aider progressivement la RVN à construire sa propre armée de sorte qu'elle puisse poursuivre la guerre par lui-même. Cette politique devient la clé de voûte de la « doctrine Nixon ».

Appliquée au Viêt Nam, la doctrine devient la « vietnamisation » déjà effectuée par les Français dès 1949 avec la création d'un État vietnamien de Saïgon et son « armée nationale ». Le but de la vietnamisation est de permettre à l'armée de la RVN de tenir de mieux en mieux contre le FNL et l'armée de la RDVN, et surtout, de ne plus faire subir autant de pertes à l'armée américaine. Cela doit aussi donner, selon le mot de Henry Kissinger, « l'intervalle nécessaire » au désengagement des troupes américaines. Les soldats de la RVN resteront formés par les Américains.

Il faut signaler que 200 000 membres du FNL et soldats de la RDVN, ont fait défection entre 1968 et 1975. En 1968, l'armée de la RVN se montait à 900 000 hommes.

[modifier] Le Cambodge dans la guerre

Le président américain Nixon explique lors d'une conférence de presse le 30 avril 1970 l'extension du conflit au Cambodge.
Icône de détail Veuillez consulter l'article de Wikipédia en anglais Cambodian Incursion

Les États-Unis organisent un coup d'État au Cambodge le 18 mars 1970, avec l'aide du maréchal Lon Nol, pour renverser le roi Norodom Sihanouk accusé de ne pas lutter contre les Viêt-Cong utilisant son territoire. Parallèlement, Nixon ordonne une incursion militaire au Cambodge afin de détruire les refuges viêt-cong bordant la RVN. Beaucoup pensent que les Khmers rouges ne se seraient probablement pas emparés du pouvoir, tuant une grande partie (de 900 000 à 2 millions) de leur population, sans la déstabilisation causée par la guerre, en particulier à cause des campagnes de bombardements américaines dites de « nettoyage des sanctuaires » au Cambodge.

Le soutien américain et d'autres nations occidentales à ce mouvement maoïste après l'invasion du Cambodge en 1979 par le Viêt Nam s'explique par son caractère antisoviétique, mais celui-ci était en réalité la conséquence d'un soutien en profondeur par la Chine, alors en conflit politique avec l'URSS.

[modifier] Exemple d'exaction américaine : le massacre des habitants de Mỹ Lai

Icône de détail Article détaillé : Massacre de Mỹ Lai.
Photo du massacre de Mỹ Lai.

La probité de la conduite des États-Unis durant la guerre continue à alimenter les discussions durant la présidence Nixon. En 1969, il apparaît que le lieutenant William Calley, chef de section au Viêt Nam, a conduit un massacre de civils vietnamiens (y compris de jeunes enfants) à My Lai un an auparavant. Ce crime de guerre ne fut stoppé que lorsque Hugh C. Thompson, Jr., chef d' équipe d'un hélicoptère d'observation remarque le carnage et intervient avec ses coéquipiers pour arrêter le massacre. Bien qu'il soit incarcéré, Calley ne reçoit qu'une sentence légère à son procès en cour martiale en 1970 et est ensuite gracié par le président Nixon.

[modifier] Le retrait américain et l’unification du Viêt Nam

Ces manifestants à Wichita dans le Kansas en 1969 fustigent l'impérialisme américain et son influence sur le gouvernement fantoche de Saïgon représenté par une poupée manipulée.

[modifier] Médiatisation du conflit

Les effets de la médiatisation de la guerre du Viêt Nam jouent énormément alors qu'affluent au pays des photos d'envoyés spéciaux que l'administration ne sait comment contrer. L'opinion publique américaine commence à douter majoritairement des options liées à un tel niveau d'engagement, alors que le parti de la génération de la « prise de conscience » (consciousness generation) maintient l'activisme par des sit-ins en faveur du règlement du conflit et du désengagement dans les allées publiques de Washington : la pression est telle que le pouvoir politique doit répondre instamment à la situation d'enlisement.

Jusqu'ici l'opinion avait été affectée par les images de sacs plastique contenant les corps des jeunes soldats ramenés au pays ; mais des images quotidiennes à la télévision montrant le conflit prouvaient l'enlisement, et des photos choquèrent plus encore ce public malmené sur la longueur.

La photo de la jeune Phan Thị Kim Phúc, 9 ans, prise sur la route de Trang Bang en 1972, alors que l'enfant fuyait nue une zone bombardée au napalm, rapporta à Nick Ut, de Associated Press, le prix Pulitzer. (Voir sa photo)

1972 est de plus une année terrible pour l'exécutif américain, avec le scandale du Watergate et la publication des Pentagon Papers qui éclaboussent l'establishment politique.

[modifier] Contestations aux États-Unis

Le 15 avril 1967, de 100 000 à 200 000 personnes défilent à New York contre la guerre[1]. À Central Park, plusieurs centaines de jeunes détruisent leurs papiers militaires[1]. D'autres fuient au Canada pour échapper à la guerre. Le 21, une marche sur le Pentagone réunit plus de 100 000 personnes. En avril 1968, des étudiants occupent le campus de l'université Columbia ; ils sont évacués par la police le 30, ce qui entraîne une grève de protestation jusqu'à l'été 1968[1]. Le 22-30 août 1968, des affrontements à Chicago opposent des étudiants à la police lors de la Convention du Parti démocrate. Les étudiants américains s’insurgent contre la guerre du Viêt Nam. D'autres universités prennent position contre la guerre, comme celle de Berkeley en Californie.

Plusieurs personnalités américaines s'engagent contre la guerre du Viêt Nam :

Des intellectuels, des artistes et des musiciens américains prennent position contre l'engagement de leur pays au Viêt Nam : John Lennon, Ayn Rand, Jerry Rubin, Phil Ochs, Jane Fonda, Joan Baez, Norma Becker, Maggie Kuhn, Norman Mailer, Paul Goodman, Will D. Campbell, Martin Luther King, Tom Paxton, Black Panther Party, Howard Zinn, Bob Dylan, Daniel Ellsberg...

[modifier] Première tentative : l’offensive Eastertide (mars - octobre 1972)

Connaissant :

la RDVN planifie une offensive générale contre la RVN en mars 1972. Ce sera la première tentative d'invasion d'importance depuis la bataille de Dai Do en mai 1968.

Alors que les dernières unités combattantes américaines quittent le Viêt Nam le 23 août 1972, cette première offensive durera de mars à octobre 1972.

Soutenus par d'intenses barrages d'artillerie et de nombreux chars d'assaut, 200 000 soldats de la RDVN traversent la zone démilitarisée le 30 mars 1972} et balaient les unités de la RVN. Après la panique initiale, les unités de l'armée de la RVN se ressaisissent, se regroupent et contre-attaquent. Elles ralentissent puis arrêtent l'offensive nordiste. Aidés d'un important appui aérien américain, Elles repousseront ensuite les nordistes entre juin et octobre.

D’avril à octobre, l'US Air Force est autorisée à bombarder[4] la RDVN afin de la forcer à négocier ; l'emploi dévastateur du napalm ainsi que de l'agent orange comme défoliant se systématise.

Rompues le 4 mai suite à l'attaque de la RVN, les négociations reprennent le 13 juillet à Paris entre Henry Kissinger et Lê Đức Thọ. Elles visent à permettre aux Américains de sortir d'une guerre impopulaire tout en maintenant un équilibre acceptable entre la RDVN et la RVN. Le 8 octobre, les deux parties s’accordent sur d'importantes concessions mutuelles.

Cependant, bien qu'il soit conscient que la RVN dépendait de l'appui aérien américain et que le retrait de ces derniers l'affaiblissait considérablement, le président Thiệu se montrera peu enthousiaste à accepter un cessez-le-feu.

De son côté, la RDVN n'était pas intéressée par un accord de paix à long terme : son objectif restant toujours d'envahir la RVN afin d'unifier tout le Việt Nam.

Afin de lever l'obstacle de la RVN, Nixon promit à Thiệu un soutien inconditionnel et des représailles massives si la RDVN violait les termes du traité de paix. Dans le même temps, Nixon ordonnera un arrêt des bombardements le 22 octobre bien que les troupes de la RDVN occupaient toujours le territoire de la RVN.

Du fait d'un double mauvais calcul, la RDVN subira une défaite cuisante avec la perte de (100 000 hommes contre 40 000 pour l'ARVN) et abandonnera un important matériel (la moitié de sa puissance de feu). L'échec de l'offensive Eastertide coûtera son poste au général Giáp qui laissera la place à Văn Tiến Dũng.

Signature des accords de paix de Paris le 27 janvier 1973 : confirmation du désengagement américain.

Les accords de Paix de Paris seront finalement signés en janvier 1973 et reconnaissent la présence de troupes nordistes au Sud.

[modifier] Deuxième tentative (décembre 1974 - février 1975)

Cependant, la paix n'est toujours pas garantie et le nouveau général nordiste prépare l'offensive finale qui vaincra la RVN. Ainsi, malgré le traité de paix, les attentats et les embuscades continuent.

Bien que Richard Nixon ait promis à la RVN qu'il lui apporterait un soutien dans l'éventualité d'un effondrement de la situation militaire, le Congrès des États-Unis vote contre tout appui financier à des actions militaires dans cette région. Nixon se bat alors aussi pour sa propre carrière politique empêtrée dans le scandale du Watergate. Ainsi, aucun des soutiens militaires promis pour la défense du gouvernement de la RVN n'est envoyé, bien que l'aide économique continue. Elle est cependant presque totalement aspirée par la corruption du gouvernement de la RVN et seule une petite partie alimentera effectivement l'effort de guerre. Le 94e Congrès des États-Unis vote pour que toute aide soit supprimée pour le début de l'année fiscale 1975-76 (1er juillet 1975).

De plus, les États-Unis retirent unilatéralement leurs dernières forces du Viêt Nam en 1973. Ce repli s'achèvera le 29 mars et l'armée du RVN ne dispose plus de l'appui aérien américain.

Enfin, début 1975, les réserves de munitions, minées par l'inflation et la disparition de l'aide américaine, atteignent un niveau dramatiquement bas.

De son côté, la RDVN savait que Nixon, empêtré dans ses difficultés, ne bougerait pas, tandis que l'appui soviétique et chinois augmentait en conséquence, le risque de confrontation directe entre Grands ayant disparu. Les pertes de la défaite de 1972 étaient ainsi comblées.

Après la signature des accords de Paix de Paris, entre 10 et 12 divisions de la RDVN stationneront en RVN ainsi qu'environ 300 000 combattants du Việt Cộng. À la fin de 1974, en violation des accords, 100 000 soldats supplémentaires s'infiltreront au Laos et au Cambodge dans des camps frontaliers puis dans les zones « libérées » au sud.

En décembre 1974, les troupes de la RDVN font une nouvelle tentative en envahissant la province de Phuoc Long depuis le Cambodge. Le 17 janvier 1975, elles occupent la capitale régionale de Phuoc Binh, à 160 km de Saïgon. L'ARVN perd 3 000 soldats. Seules quelques protestations diplomatiques répondront à cette violation du traité de paix.

Le président de la RVN, Nguyễn Văn Thiệu, décidera de répartir ses forces armées afin de couvrir tout le territoire, qui, contrairement à la RDVN, s'étale tout en longueur. Son but était de prévenir les incursions des unités de la RDVN qui s'infiltraient au sud via la route Hô-Chi-Minh-Ville au Cambodge. Ce faisant, en dispersant ses forces, il commet la même erreur que les Français en 1939 alors que la RDVN se préparait à frapper en force à l'endroit de son choix.

[modifier] Troisième tentative : la prise des plateaux du centre (Tay Nguyen) - mars 1975

En mars 1975, le général nord-vietnamiem Văn Tiến Dũng lance une offensive planifiée par ses soins. Le nord lance de multiples petites attaques de diversion sur les provinces du nord afin de dérouter l'état-major sudiste et le forcer à laisser ses troupes dispersées. Mais le gros de ses forces est engagé afin d'envahir la province du Dac Lac au centre, se plaçant ainsi en position de couper la RVN en deux.

Au total, ce fut 17 divisions d’infanterie de l'Armée populaire vietnamienne organisées en 4 corps d’armée conventionnels appuyés par 700 blindés, des milliers de pièces d’artillerie et des centaines de batteries de missiles sol-air qui fut engagé, alors que l'Armée de la RVN n'avait plus le soutien logistique des États-Unis.

Croyant à une simple opération de diversion, les sudistes n'enverront aucun renfort pour stopper l'attaque sur Buon Me Thuoc, tandis que les accrochages au nord provoquent le blocage des routes par les réfugiés.

Rapidement, l'offensive sur les plateaux du centre tourne à la catastrophe pour les troupes sudistes qui sont submergées par le nombre.

Paniqué, Thiệu ordonne la retraite sur Đà Nẵng à la 1re division d'infanterie (sa meilleure unité), alors stationnée autour d'Hue. Puis un contre-ordre lui ordonne de revenir sur ses positions mais il est déjà trop tard. Dispersées sur les routes, gênées par le flot de réfugiés, les meilleures troupes sudistes se font tailler en pièces en rase-campagne.

Thiệu ordonne ensuite un retrait général de la cité de Pleiku qui commande les plateaux centraux et qui était le siège de l'état-major du général Pham Van Phu. Celui-ci, un homme incompétent et corrompu qui ne devait sa position qu'à son soutien politique à Thiệu « organise » la retraite : il évacue sa famille et ses principaux officiers sur Nha Trang puis Saïgon, tandis qu'il abandonne ses troupes sur place.

Celles-ci, privées de commandement, fuient vers la côte dans les petites routes de campagne au milieu des réfugiés. À leur tour, elles se font tailler en pièces.

Hue (l'ancienne cité impériale) tombe le 25 mars, puis