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La Grande Dépression est la période de l'histoire américaine qui suivit le Jeudi noir du 24 octobre 1929, jour où survint le krach boursier (les marchés boursiers new-yorkais s'effondrèrent de manière durable le lundi 28 octobre 1929, le lundi noir). Les événements de cette journée déclenchèrent une crise économique mondiale qui mena à une importante déflation et à un accroissement significatif du chômage.
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Après le Jeudi noir le 24 octobre, aux États-Unis, l'un des problèmes principaux était qu'avec la déflation, une même somme d'argent permettait d'acquérir de plus en plus de biens au fur et à mesure de la chute des prix. Dans ces conditions, les agents économiques ont individuellement intérêt
L'économie entre dans un destructif cercle vicieux, qui durera plusieurs années. La chute se traduit aussi dans les cours de bourse : l'indice Dow Jones est pratiquement divisé par 10 entre son plus haut de 1929 et son plus bas en 1932. Dans l'éclatement de la bulle spéculative, trop de plans d'investissements se sont avérés insolvables, voire frauduleux.
La crise boursière dégénère très vite en crise bancaire. Prises en tenaille entre l'effondrement de la valeur de leurs actifs (parfois trop engagés dans des affaires douteuses, mais même des entreprises honorables et solides sont massacrées[1]), les défauts de remboursement de leurs emprunteurs, et la réduction de leur activité de crédit, des banques font faillite au premier faux pas et finalement en 1932, le système bancaire s'effondre. Avec la déconfiture du système bancaire, et la population s'accrochant au peu de monnaie qu'elle possédait encore, il ne resta pas assez de liquidités sur le marché pour qu'une quelconque activité économique puisse inverser la tendance.
En 1933, la production industrielle américaine avait baissé de moitié depuis 1929. Entre 1930 et 1932, 773 établissements bancaires firent faillite[2].
La diffusion de la crise se fera par deux canaux.
Comme les banques américaines ont alors des intérêts dans de nombreuses banques et bourses européennes et qu'elles rapatrient d'urgence leurs avoirs aux États-Unis, la crise financière se propage progressivement dans toute l'Europe.
Parallèlement, les échanges économiques internationaux subissent de plein fouet d'abord le ralentissement qui commence au USA, ensuite l'effet négatif des réactions protectionnistes, d'abord des USA, puis de tous les autres pays quand ils sont touchés à leur tour ; la France et le Royaume-Uni tentent de se replier sur leurs colonies, mettant au point la « préférence impériale », interdite lors de la Conférence de Berlin (1885) mais largement pratiquée après 1914.
Les relations économiques étant à l'époque bien moindre qu'aujourd'hui, ces répercussions mettront du temps à se diffuser : par exemple la France sera touchée à partir du second semestre de 1930, soit six mois plus tard.
Les réactions gouvernementales en Europe ne seront pas plus adéquate que celles aux USA. En France la crise sera aggravée par les mesures déflationnistes (baisse des prix et des salaires) des gouvernements Tardieu et Laval, bien que ceux-ci tenteront, de façon limitée, quelques grands travaux (dont l'électrification des campagnes). En Allemagne, le taux de chômage atteint des sommets (plus de 25 % de la population active en 1932), alimentant la désillusion et la colère de la population, et c'est en promettant de régler le problème de la crise qu'Adolf Hitler parvint au pouvoir le 30 janvier 1933.
En Amérique du Sud, en Asie et en Afrique, se produit la « crise des produits de dessert » liée à la forte baisse du pouvoir d'achat en Europe et en Amérique du Nord. Au Brésil, pour limiter la mévente et faire grimper les cours, le café est brûlé dans les locomotives.
Le monde entier est touché excepté l'Union soviétique de Staline, protégée par son système économique autarcique.
Aux États-Unis, le taux de chômage augmente fortement au début des années 1930 : il atteint 9 % en 1930[3]. Le pays compte quelque 13 millions de chômeurs en 1932[3]. En 1933, lorsque Roosevelt devient président, 24,9 % de la population active est au chômage[4] et deux millions d’Américains sont sans-abri.
Les manifestations de la faim se multiplient. En mars 1930, 35 000 personnes défilent dans les rues de New York[5]. En juin 1932, les Anciens Combattants réclament le paiement des pensions à Washington DC : ils sont violemment délogés par les soldats. Une grande grève dans le secteur du textile éclate en 1934[6]. Dans les campagnes, la situation économique se dégrade, notamment à cause de la sécheresse et du Dust Bowl (1933-1935). En 1933, la diminution de 60 % des prix agricoles affecte durement les agriculteurs (effet ciseaux). La ruine des fermiers des Grandes Plaines poussent des milliers de personnes à s'installer dans les États de l'Ouest. Face à la misère qui grandit, l'influence communiste progresse dans les milieux populaires[3].
Le président Herbert Hoover tenta sans grand succès de remédier à la crise. Ses adversaires démocrates le surnommaient le « Do nothing ».
En novembre 1932, les États-Unis élirent Franklin Delano Roosevelt pour remplacer Hoover à la tête de l'État. Le taux de chômage approchait alors les 25% de la population active. Roosevelt prit ses fonctions en mars 1933 et lança plusieurs programmes nationaux afin d'accroître le volume de liquidités et réduire le chômage (c'est ce que l'on nomma le New Deal). La cour suprême s'opposa dans un premier temps à cet interventionnisme économique très fort, contraire à sa jurisprudence précédente, avant de s'y rallier en 1937, par l'arrêt West Coast Hotel Co. v. Parrish.
De nombreux économistes pensent que la Grande Dépression fut à la fois causée et prolongée par l'attitude du pouvoir américain. Deux politiques ont particulièrement été montrées du doigt par les économistes :
Beaucoup estiment qu'une politique économique correcte aurait évité de transformer un krach normal, voire nécessaire[8] en une crise économique qui dura une décennie.
Il faut ajouter l'aveuglement des acteurs économiques, assez remarquable. Bien que le taux de croissance du PIB ait été nul de janvier à août, le président de la Bourse de Wall Street s’exprime ainsi (septembre 1929) : « Bien des gens n’ont pas compris que c’en est apparemment fini des cycles économiques tels que nous les avons connus. Quant à moi, je suis convaincu de l’essentielle et fondamentale solidité de la prospérité américaine. »…[réf. nécessaire]
Le New Deal permit de limiter les conséquences sociales dramatiques de la crise, décrites par des œuvres comme Les Raisins de la colère. Il redonne espoir aux Américains et Roosevelt sera réélu en 1936, 1940 et 1944, dans le contexte de la guerre il est vrai pour 1944. Par la première forte intervention d'un État dans l'économie, certains pensent même qu'il a sauvé le capitalisme lui-même.
Il fournit aussi aux États-Unis des infrastructures - routes, aménagements hydroélectriques - encore utilisées à l'heure actuelle.
Le New Deal est souvent crédité d'avoir permis de surmonter la crise. Ce point de vue, généralement admis jusque vers les années 1960, est aujourd'hui contesté par les économistes. Lorsque survint la Seconde Guerre mondiale, soit 8 ans après les débuts du New Deal, les États-Unis étaient encore en pleine crise. Certains affirment que l'instabilité inhérente des marchés économiques causa une crise si profonde, que même les interventions du New Deal, aussi pertinentes soient-elles, n'auraient pas pu rétablir rapidement la situation. D'autres estiment que, la crise de 1929 correspondant à la période de l'histoire américaine où l'intervention du gouvernement fut la plus forte, on pourrait raisonnablement penser que l'action du gouvernement n'a fait qu'accentuer la dépression, plutôt que d'y remédier. Ils tirent entre autres arguments du fait qu'après un redressement initial, l'économie a replongé à partir de 1937, à peu près au moment où la Cour suprême a permis au New Deal de prendre plus d'ampleur. La thèse moderne dominante est que la crise fut en fait causée notamment par la politique monétaire de la "Fed", trop restrictive, et qu'elle pris fin lorsque cette politique cessa pour redevenir plus accommodante. La Fed elle-même s'est ralliée à cette thèse et gère maintenant toutes les crises comparables en conséquences.
Beaucoup pensent que ce sont les dépenses de guerre des gouvernements qui relancèrent la croissance économique mondiale, mais cette explication ne correspond pas complètement à l'histoire.
L'Allemagne et l'Italie étaient sorties de la crise avant la Seconde Guerre mondiale, en se lançant dans des dépenses massives en armement, certes, mais aussi et surtout en infrastructures (autoroutes, stades,...). Le déclenchement de la guerre elle-même n'aura sur leurs économies que des conséquences négatives.
Les États-Unis revinrent à un taux d'activité normal durant la guerre grâce aux importants investissements militaires, mais également en employant une part importante de la population active dans l'armée. Cela ne signifiait pas - au contraire - que l'Amérique était sortie de la crise. Et lorsque la guerre arriva à son terme, le retour des millions de soldats dans leurs foyers imposa une période de réajustement de l'économie. C'est cette transition qu'était censée faciliter le G.I. Bill.
Dans d'autres pays, tels que la France, la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, la guerre avait bien sûr causé des dégâts considérables, plutôt que d'être un moteur de la relance économique. Si la guerre put s'avérer profitable pour certains secteurs de l'économie, elle causa généralement une dislocation économique et sociale telle qu'elle contrecarra le moindre de ses effets positifs.