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Le système du droit musulman est de nature essentiellement religieuse : les deux sont indissociables. Selon Jean-Paul Payre, docteur en droit et diplômé de l’Institut d'études politiques de Grenoble, « Le droit musulman est un système de devoirs comprenant des obligations rituelles, morales et légales, mises sur le même plan, toutes soumises à l’autorité du même impératif religieux ». Le droit est d'ordre divin. En principe, le droit musulman ne s'applique qu'aux musulmans. En terre d'Islam, les autres croyants sont régis par la dhimma (protection tutélaire, voir l'article dhimmi).
La loi est structurée en deux parties :
Sommaire |
Bien que connu particulièrement des occidentaux pour son statut personnel et son code pénal, ce droit englobe l'ensemble des activités humaines, incluant aussi des règles de commerce et de gouvernement. Selon les écoles (madhhab), différentes lois charia et donc jurisprudences (fiqh) seront produites. Il s'appuie sur quatre sources principales :
Elle est consignée dans le hadith du prophète Mohamed et de ses compagnons relatés par des chaines d'intermédiaires appelés aussi garants (isnad). Le prophète est considéré comme un exemple pour l'ensemble des musulmans. Ces hadiths vont donc servir de matière première lors de l'élaboration des lois : ce qu'a fait le prophète en telle circonstance aura force de loi, en première approximation.
Reconnu par le sunnisme, il se fonde sur un hadith : « Ma communauté ne s’accordera jamais sur une erreur ».
Si une règle est connue concernant un élément particulier, il est possible de décliner cette règle sur un élément similaire. Les écoles sunnites utilisent cette plus ou moins la méthode de raisonnement par analogie.
À ces quatre sources s'ajoutent plusieurs autres sources secondaires :
Pour les problèmes de proximité, les jugements sont rendus par les cadis. Ils ne sont toutefois pas source de droit : pas d'effet de jurisprudence, à la différence du droit américain par exemple.
Plusieurs écoles de d'interprétation de la foi (Madhhab) sont apparues selon les conceptions religieuses des penseurs musulmans. Aux premiers temps de l'islam, les plus importantes étaient celles de Kufa, Médine, Bassorah et La Mecque. Par compétition, ces écoles ont peu à peu laissé place à certains courants de pensée inspirés par un grand juriste et son école et ne sont plus cantonnées à un emplacement géographique.
On dénombre de nos jours plusieurs courants s'inspirant des écoles majeures, et autant de déclinaisons de la charia, ou loi musulmane. Il en existe quatre majeures pour le sunnisme et deux pour le chiisme. Un évènement très important eut lieu au Xe siècle (IVe siècle de l'Hégire), un calife abbasside ferme les "portes de l'interprétation" (Bab el ijtihad) et fige les quatre écoles qui se reconnaissent mutuellement. De fait elles rejettent les autres y compris les écoles chiites.
Il existe par ailleurs deux écoles chiites principales :
Plusieurs points de divergences séparent ces écoles. Par exemple, la différence de traitement des versets du Coran abrogeants et abrogés, la pondération relative des diverses sources de savoir,…
Bien qu'il ne soit plus appliqué en l'état aujourd'hui, le droit musulman couvre l'ensemble des domaines du droit.
Ce secteur comprend les obligations religieuses proprement dites, en particulier les règles régissant la prière ou la nourriture.
Secteur le plus connu du droit musulman, le statut personnel musulman est appliqué dans la plupart des pays musulmans. Il régit particuliérement le mariage, la filiation et l'héritage.
Il se distingue du droit occidental par l'importance qu'il apporte à la filiation paternelle : un enfant ne peut être privé de filiation paternelle. C'est dans cette optique que l'Islam prohibe l'adoption, a laquelle il substitut la kafala, mesure de recueil légal qui n'altère pas la filiation de l'enfant.
Le droit musulman régit les activités commerciales et financières, de plusieurs manière.
Tout d'abord en interdisant les activités commerciales fondées sur des activités interdites par d'autres branches du droit musulman : c'est le cas par exemple de la vente d'alcool.
Le droit musulman prohibe aussi le prêt à intérêt, interdisant aussi bien le fait de prêter que d'obtenir un tel prêt.
Le cadi est le juge de droit musulman. Un appel contre ses décisions peut être interjeté auprès du mufti.
Le mufti, ou mollah pour les chiites, est une personne connaissant le droit musulman à qui le requérant (personne physique ou morale) demande de rendre un avis sur un problème juridique ou pratique, une demande de conformités aux préceptes du droit musulman. Au terme de cette consultation, le mufti émet une fatwa. Le premier mufti est Dieu, parlant par l'intermédiaire de Mahomet (selon la croyance musulmane). À la disparition de celui-ci, la fonction de mufti est endossée par les califes, puis par des personnes spécialisées (Oulémas) et muftis. Le mufti est donc dans le système de droit musulman un substitut de Dieu, un héritier du prophète. Il est celui qui distingue les actes halal (licites) des actes haram illicites.
En l'absence de mufti pour le conseiller, un musulman ne sera en théorie pas tenu responsable de ses actions s'il commet une erreur, quoi qu'il ferait : il serait considéré comme "ignorant" (jehel). Il est donc parfois considéré nécessaire à toute société musulmane d'avoir un mufti, y compris aujourd'hui. Bien que les états modernes n'aient plus techniquement besoin de lui, par la mise sur papier d'un code, il n'est pas rare que des muftis soient en ligne sur internet ou répondent à des questions à la télévision.
L'adel (pluriel : adouls) est le notaire de droit musulman. Au Maroc, c'est lui qui a la charge de célébrer les mariages.
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