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| Drapeau de la France | |
|---|---|
| Utilisation | |
| Proportions | 2:3 |
| Adoption | 15 février 1794 comme pavillon, 1812 comme drapeau. |
| Éléments | Tricolore de bandes verticales bleue, blanche et rouge de même taille |
Le drapeau de la France ou drapeau tricolore bleu, blanc, rouge, est l’emblème national de la France conformément à l’article 2 de la Constitution française de 1958. Ce drapeau de proportions « deux fois trois » est fait de trois bandes verticales d'égale largeur.
Il date de 1794 — dessiné par Jacques Louis David (1748-1825) à la demande de la Convention — mais ses origines sont plus anciennes et remontent aux trois couleurs de la liberté (14 juillet 1789), identiques aux trois couleurs utilisées par les différents pavillons français d'Ancien Régime. Le drapeau tricolore est le pavillon officiel de la France depuis 1794, et le drapeau officiel des armées depuis 1812, à l’exception des périodes de Restauration (1814-1815 et 1815-1830).
Le traitement ci-dessous des couleurs suit l'ordre chronologique de leurs apparitions.
La couleur rouge est la couleur de l'oriflamme. Selon Colette Beaune, le don divin de l'oriflamme à Clovis est mentionné pour la première fois dans une oraison funèbre[1] de 1350 puis repris dans une Chronique universelle du début du XVe siècle[2].
En réalité, l'oriflamme était originairement la bannière de l'abbaye de Saint-Denis ; les comtes du Vexin la portaient à la guerre comme avoués de cette abbaye prestigieuse fondée par Dagobert Ier. Quand en 1077, Philippe Ier eut réuni le Vexin français au domaine royal, il hérita aussi du droit de porter l'oriflamme qui par la suite figura a côté de la propre bannière de France. « Usurpé » par les prétendants anglais au trône de France, le port de l'oriflamme sera abandonné par Charles VII au profit de l'étendard de Saint Michel[3], et cessera désormais d’apparaître exclusivement.
La couleur bleue est vraisemblablement d'abord celle des armoiries, qui n'apparaissent dans l'usage militaire qu'au XIIe siècle[4]. La couleur d'azur est connue comme celle des armes des branches cadettes de la famille royale, en particulier celles de Raoul Ier de Vermandois, « échiqueté d'or et d'azur »[5], entre 1135 et 1145. À la fin du XIIe siècle, l'azur, couleur du ciel et symbole de grandeur spirituelle, apparaît sur un nombre croissant de blasons et donne son aspect au blason royal, à trois fleurs de lys d'or sur fond d'azur[6].
Pour donner à cette couleur d'azur une vénérable antiquité, quelques auteurs sous l'ancien régime ont avancé qu'elle correspondait à la couleur du manteau (la chape) de Martin de Tours, utilisée comme bannière par Clovis[7]. Toutefois, si l'utilisation de cette relique par les rois Mérovingiens lors des guerres est mentionnée par divers auteurs d'époque carolingienne[8], aucune source directe (antérieure au XIIe siècle) ne précise la couleur de ce vêtement[9].
En tout cas, le bleu est adopté comme couleur des rois de France quand se développe l'héraldique au XIIe siècle.
Le blanc symbolise tout ce qui est de l'ordre du divin, de Dieu, d'où le choix de cette couleur comme symbole du royaume. Le pouvoir du roi venait, selon la doctrine officielle, de la main de Dieu. C’est depuis 1300 la couleur de la monarchie française : on la porte d'abord en bande ou en croix latine, comme lors des guerres de Flandre[10]. Ainsi, au début de la bataille de Mons-en-Pévèle, les chevaliers français se ceignent d’écharpes blanches de rencontre comme signe de ralliement juste avant la bataille. Puis la croix blanche s'impose devant la bande blanche comme marque d'opposition à la croix rouge de la couronne d'Angleterre : Jean Ier d'Armagnac, en 1355, exige de ses soldats de porter une croix blanche sur la frontière de Guyenne[11].
Le bleu s'impose comme couleur de fond pour la croix blanche, étant couleur des armes du roi. Cependant le blanc de la croix devient le symbole de l'autorité du roi de France. À partir de 1638, les navires de guerre français arborent un drapeau blanc sans aucun motif. Les navires de commerce ont comme obligation de porter le pavillon bleu à la croix blanche, surnommé alors « ancien pavillon de France ». Le blanc a été de 1638 à 1790 la couleur du drapeau royal[12] et du pavillon de la Marine royale des vaisseaux. De 1814 à 1830, il a de nouveau été la couleur des drapeaux de l'armée et de la marine royale.
Le Blanc : Le roi de France pour marquer sa présence sur un champ de bataille faisait flotter une étoffe blanche, depuis la bataille de Fleurus en 1690, qui remplaçait l'étoffe rouge de Saint Denis du début de la royauté. Cette étoffe rouge avait été remplacée en 1188, par la bannière des croisés ; une croix rouge sur un fond blanc, bannière délaissée à la fin du 13ème siècle, lorsque les anglais gardèrent la croix rouge le Saint George ; les français loyalistes soutenant le roi Charles VII, gardèrent une croix blanche ; dès lors le blanc marquait la couleur du roi de France.
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Pavillon de la marine de guerre française du XVIIe siècle à 1790, et drapeau de facto de la France avant la Révolution. |
Depuis Henri IV (1589-1610), le personnel domestique placé sous l'autorité du roi de France était habillé d'une livrée blanche ornée de bleu et de rouge. Les Gardes françaises avaient en effet adopté les trois couleurs sur leur uniforme et l'emblème de leur régiment. Elles les conservent après la Révolution en devenant la Garde nationale.
Henri IV avait même recommandé les trois couleurs (bleu, blanc, rouge) aux ambassadeurs des Provinces-Unies, indépendantes de fraîche date, qui en ont fait leur drapeau. Le rouge fut toutefois initialement remplacé par l'orangé, couleur de la Maison d'Orange, avant de réapparaître parmi les couleurs néerlandaises.
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Bonnet phrygien arborant la cocarde tricolore |
Fusilier de la Garde nationale, 1791 |
Drapeau de la ville de Paris. |
Le dimanche 12 juillet 1789, dans les jardins du Palais-Royal, Camille Desmoulins prit une feuille verte et la plaça à son chapeau. Il incita la foule à en faire autant : ce geste signifiait une mobilisation générale. Rapidement, on s'aperçut que le vert était la couleur du très impopulaire comte d'Artois (futur Charles X) et on s'empressa de remplacer les cocardes vertes par des cocardes de différentes couleurs, souvent blanches ou rouges. Après la prise de la Bastille, les cocardes bleu et rouge devinrent populaires parce qu'elles étaient celles de la garde municipale parisienne. On a dit aussi que deux gardes françaises avaient été portés en triomphe dans tout Paris pour avoir été les premiers à pénétrer dans la Bastille : leur uniforme était tricolore.
Durant la Révolution, les combattants de Paris arboraient donc une cocarde bleu et rouge, couleurs de la ville. Quelques jours après la prise de la Bastille, La Fayette eut l'idée d'intégrer le blanc (symbole à l'époque du royaume la France) dans cette cocarde qui remporta tout de suite un vif succès. Il est possible que La Fayette, qui venait de combattre aux côtés des insurgés américains, vit dans les trois couleurs une réminiscence de la cocarde américaine avec laquelle il avait combattu. Il est possible que l'association du bleu-rouge et du blanc signifiait, le vendredi 17 juillet 1789, la reconnaissance de la garde municipale parisienne comme unité officiellement reconnue des forces armées de la France.
Les couleurs bleu, blanc, rouge étaient depuis longtemps employées ensemble ou séparément comme symbole en France. Mais une cocarde n'était qu'un signe d'appartenance à une unité militaire : ce n'était pas encore un emblème national.
Dans les textes de 1789, le blanc n'est pas désigné comme couleur du roi mais comme couleur de la France ou du royaume. Ce n’est plus tard que cette association a été formulée comme celle des couleurs du roi (la couleur du royaume étant celle du roi) et de Paris n'apparaît que bien plus tard. La preuve en est que la République, en 1792, ne songea même pas à supprimer le blanc des trois couleurs.
Les trois couleurs associées étaient les couleurs du roi depuis le Moyen Âge, et étaient donc la couleur de la livrée des Gardes françaises, créés pour assurer la sécurité du roi.
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L'assemblée constituante crée un pavillon national unique le 24 octobre 1790. Ce pavillon devait remplacer les nombreux pavillons bleu et blanc de la marine marchande et le pavillon blanc des vaisseaux de guerre. C'est le premier emblème national tricolore et pour la première fois dans l'histoire, tous les bâtiments d'un même pays, qu'ils soient marchands ou militaires arboraient un même pavillon national. Il était fait de blanc, couleur de la France ; et il portait un canton à trois bandes verticales rouge, blanche et bleue, les couleurs « de la liberté », selon la terminologie de l'époque. Le canton rectangulaire était entouré d'un liseré blanc à l'intérieur et bordé à l'extérieur d'un liseré bleu à la hampe et rouge vers la partie flottante. Ce second liseré était destiné à séparer les deux parties blanches du pavillon.
C'est pour un second pavillon national tricolore adopté le 15 février 1794 que la disposition actuelle « bleu au mât, blanc au centre, et rouge flottant » a été imaginée. L'idée est due au peintre Louis David. Ce changement de pavillon, qui devint effectif à partir du 20 mai 1794, avait été opéré à la demande des marins de la marine de guerre. Ils menaçaient en effet de se révolter parce que le pavillon national de 1790 accordait trop de place à l'uniforme de leurs officiers (le blanc) et trop peu au leur (la tenue bleue à ceinture rouge). La couleur blanche n'est pas encore associée au roi[précision nécessaire] : si cela avait été le cas, elle aurait complètement disparue des emblèmes républicains non seulement en 1794, mais fort probablement dès septembre 1792.
Les drapeaux de l'armée de terre dès 1791, comme ceux de la garde nationale à partir de 1789 (offerts par les quartiers de Paris), portent les trois couleurs, mais de diverses façons fantaisistes selon l'usage de l'époque. Ainsi, à la bataille du Pont d'Arcole, Napoléon Bonaparte brandit un étendard blanc ayant un faisceau du licteur doré au centre, et quatre losanges bleus et rouges dans les angles. Cette variété est conforme à la tradition des drapeaux. Elle est visible dès les origines (une cocarde, dont les couleurs étaient diversement superposées et non accolées dans un ordre uniforme).
Sous Napoléon Ier, les drapeaux des régiments avaient souvent une croix blanche cantonnée de rouge, de bleu ou de vert. Les dessins variaient d'un régiment à l'autre.
Une première uniformisation des drapeaux régimentaires date de 1804 : carré blanc sur la pointe au centre et triangles alternés bleus et rouges dans les coins, inscriptions dorées au centre. Ils portait le nom d'aigles, par référence à celles imitées de l'Empire romain qui couronnaient la hampe.
Le dessin à bandes verticales des pavillons est adopté pour les drapeaux de l'armée de terre en 1812, avec inscriptions dorées sur le blanc.
La Restauration rétablit en 1814 le drapeau blanc. Louis-Philippe, qui a combattu à Valmy et à Jemmapes, restaure en 1830 sous la Monarchie de Juillet le drapeau tricolore. La hampe s'orne d'un coq.
La Révolution de 1848 pencha un moment pour le drapeau rouge, en référence au drapeau rouge arboré par la garde nationale en cas d’instauration de la loi martiale, invention de la Révolution française. Le drapeau rouge signe de la loi martiale fut utilisé le 17 juillet 1791 quand la Garde nationale ouvrit le feu sur une manifestation au Champ de Mars. Le drapeau symbole de la répression du peuple insurgé est repris par celui-ci comme emblème. Cette inversion de sens du drapeau rouge relève d’un processus classique de la création et de l’appropriation des symboles. Le groupe ou la population en question prend comme emblème le symbole même de sa répression. Le drapeau rouge a par la suite été choisi par les résistants au coup d’État de 1851, puis par la Commune de Paris en 1871 et par les bolchéviques lors de la révolution de 1917.
Cependant, le poète Lamartine impose le drapeau tricolore comme drapeau de la Seconde République issue de la Révolution de 1848. Dans une harangue à la foule en 1848, le poète défendit le drapeau bleu-blanc-rouge, arguant qu'il « a fait le tour du monde avec la République et l'Empire, alors que le drapeau rouge n'a fait que le tour du Champ-de-Mars dans le sang du peuple ». Le coq ornant la hampe est abandonné pour le fer de lance, toujours repris depuis.
En 1873, le retour à la royauté échoua à cause du refus intransigeant du prétendant légitimiste au trône de France, Henri d'Artois, comte de Chambord, d’accepter le drapeau tricolore. Il exigeait au contraire le retour au drapeau blanc de l’Ancien Régime.
En Vendée, pays de tradition royaliste (légitimiste), il fallut attendre 1916 pour que le drapeau tricolore soit admis dans l'enceinte des églises (voir Union sacrée et Claire Ferchaud).
| Nom du Régime politique |
Période | Drapeau national | Pavillon national | Hampe | Lois constitutionnelles et décrets |
|---|---|---|---|---|---|
| Monarchie féodale puis absolue | 987-juillet 1789 | Il n'y a pas de drapeau national mais seulement des drapeaux de régiment | Il n'y a pas de pavillon national mais un pavillon blanc des vaisseaux de guerre et (jusqu'en 1748) un étendart rouge des galères. |
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| Monarchie constitutionnelle | juillet 1789 - 10 août 1792 | Il n'y a pas de drapeau national | Premier pavillon national | Décret de l'Assemblée constituante le 24 octobre 1790. | |
| Première République | 22 septembre 1792-18 mai 1804 | Il n'y a pas de drapeau national | Décret du 27 pluviôse an II (15 février 1794) : « le pavillon national sera formé des trois couleurs nationales, disposées en bandes verticalement, de manière que le bleu soit attaché à la gaule du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs ». | ||
| Premier Empire | 18 mai 1804-1812 | Le premier drapeau national arbore un grand carré blanc posé sur une pointe et cantonné de bleu et de rouge. | Le pavillon national reste identique au modèle de 1794 | 1804, Ordonnance impériale uniformisant les drapeaux de tous les régiments. | |
| Premier Empire | 1812-6 avril 1814 | . Le drapeau national arbore la forme actuelle |
1812 Ordonnance impériale adoptant, pour les drapeaux des régiments, le modèle du pavillon national de 1794. | ||
| Première Restauration | 6 avril 1814 - 1er mars 1815 | ||||
| Cent-Jours | 1er mars 1815 - 18 juin 1815 | ||||
| Seconde Restauration (monarchie constitutionnelle) | 8 juillet 1815 - 2 août 1830 | ||||
| Monarchie de Juillet (monarchie constitutionnelle) | 9 août 1830 - 24 février 1848 | Coq gaulois | Article 67 de la Charte constitutionnelle du 14 août 1830. - « La France reprend ses couleurs. À l'avenir, il ne sera plus porté d'autre cocarde que la cocarde tricolore ». | ||
| Deuxième République (République) | 24 février 1848 - 2 décembre 1852 | Fer de lance | Arrêté du 28 février 1848, signé du délégué de la République au Département de la Police, Marc Caussidière : « Le drapeau bleu-rouge-blanc doit être arboré sans délai sur les monuments et établissements publics ». Cet ordre des couleurs est celui de la fête de la Fédération et des cocardes de l'Empire. | ||
| Deuxième République (République) | 24 février 1848 - 2 décembre 1852 | Fer de lance | Décret du 5 mars 1848 : « Le pavillon, ainsi que le drapeau national, sont rétablis tels qu'ils ont été fixés par le décret de la Convention nationale du 27 pluviôse an II... En conséquence, les trois couleurs nationales, disposées en trois bandes égales, seront, à l'avenir, rangées dans l'ordre suivant: le bleu attaché à la hampe, le blanc au milieu et le rouge flottant à l'extrémité ». | ||
| Second Empire | 2 décembre 1852 - 1er mars 1871 | Fer de lance | |||
| Troisième République (République) | 4 septembre 1870 - 22 juin 1940 | Fer de lance | |||
| Quatrième République (République) | 13 octobre 1946 - 27 septembre 1958 | Fer de lance | Article 2 de la Constitution du 27 octobre 1946. - « L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge à trois bandes verticales d'égales dimensions. » | ||
| Cinquième République (République) | Depuis le 28 septembre 1958 | Fer de lance | Article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958. - « L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. » |
Pendant longtemps, les trois bandes n'avaient pas la même largeur (en effet les bandes du drapeau de Paris n'étaient pas de même largeur et cela s'est conservé sur le drapeau révolutionnaire), et parfois le mât était du côté rouge, parfois du côté bleu. C'est sur une décision de Napoléon Bonaparte que la réglementation actuelle a été établie : les trois bandes doivent avoir la même largeur et le mât est toujours placé du côté de la bande bleue.
Bien que toutes les lois définissent les couleurs du drapeau, elles ne précisent pas la nuance ; des habitudes ont été prises et instituées pour les drapeaux officiels. Le bleu drapeau plus sombre est ainsi parfois remplacé par un bleu corail que d'aucuns trouvent moins martial, depuis Valéry Giscard d'Estaing, notamment pour les interventions télévisées du chef de l'État ou des membres du gouvernement. Les mairies, casernes et bâtiments publics sont en revanche souvent ornés de drapeaux « bleu sombre ». L'Album des pavillons nationaux et des marques distinctives, édition du SHOM, indique que les couleurs officielles du drapeau français sont le bleu sombre et le rouge vif (références Pantone Blue 282C et Red 186C).
En juin 1976, le président Giscard d'Estaing donne plus de contraste en assombrissant le bleu et en donnant au rouge une couleur plus vive[réf. nécessaire]
| Bleu | Blanc | Rouge | |
|---|---|---|---|
| Pantone | Reflex Blue | Safe | Red 032 |
| CMJN | 100.70.0.5 | 0.0.0.0 | 0.90.86.0 |
| RVB | (0,85,164) | (255,255,255) | (239,65,53) |
Actuellement, le drapeau doit être 50 % plus long que haut (ou proportion 2:3), et les trois bandes de largeur égale. Les drapeaux de cérémonie sont carrés, et les trois bandes sont égales. Les pavillons de marine ont la proportion des 2:3, mais les bandes de couleur ont une taille respective de 30:33:37.
On remarque parfois en France, à la télévision, que la bande blanche du drapeau placée derrière un locuteur est nettement plus étroite que les bandes colorées (pendant les allocutions du Président de la république par exemple). Cela est fait pour compenser un cadrage resserré qui ne laisserait autrement voir que du blanc à l'écran.
Voir paragraphe : Évolution du drapeau
Les constitutions de 1946 et de 1958 (article 2) officialisent le drapeau tricolore comme emblème national de la République.
La Loi pour la sécurité intérieure créait, dans son article 113, un délit d'outrage public à l'hymne national ou au drapeau tricolore, punissable de 7 500 € d'amende (et 6 mois d'emprisonnement si le délit est commis en réunion). Le Conseil constitutionnel, saisi par 60 députés et 60 sénateurs, a émis une réserve d'interprétation à cette disposition, considérant « que sont exclus du champ d'application de l'article critiqué les œuvres de l'esprit, les propos tenus dans un cercle privé, ainsi que les actes accomplis lors de manifestations non organisées par les autorités publiques ou non réglementés par elles »[13], afin de concilier cette incrimination, jugée suffisamment claire et précise[14], avec « la garantie des libertés constitutionnellement protégées »[15]. Ce délit ne trouverait donc à s'appliquer que dans le cas « des manifestations publiques à caractère sportif, récréatif ou culturel se déroulant dans des enceintes soumises par les lois et règlements à des règles d'hygiène et de sécurité en raison du nombre de personnes qu'elles accueillent ». De plus, la peine d'amende ne revêt, pour le juge constitutionnel français, aucun caractère manifestement disproportionné. Dans le cadre d'une manifestation indépendantiste, ce délit peut être considéré comme une atteinte à la défense nationale. Commis par un militaire, il est réprimé par le Code de justice militaire (5 ans d'emprisonnement, destitution ou perte du grade pour les officiers).
La loi est aujourd'hui en vigueur, et ce délit se trouve à l'article 433-5-1 du Code pénal français.
Ces règles sont communément admises au niveau international. Le drapeau tricolore flotte sur tous les bâtiments publics. Les honneurs lui sont rendus selon un cérémonial très précis. Lorsque le président de la République s'exprime publiquement, le drapeau français est souvent placé derrière lui. En fonction des circonstances, on trouve aussi le drapeau européen ou le drapeau d'un autre pays.
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Arc de Triomphe avec le drapeau de la France |
Monument aux morts, ville d'Aigues-Mortes (France) |
Balcon de la préfecture de Montpellier (France) |
Les présidents américain et français, George W. Bush et Jacques Chirac |
Le drapeau est déployé dans la plupart des cérémonies officielles, qu'elles soient civiles ou militaires, lors des commémorations nationales. La soprano américaine Jessye Norman, fréquemment appelée à se produire lors d'évènements publics ou de cérémonies, a célébré en juillet 1989 le bicentenaire de la Révolution française sur la place de la Concorde à Paris, en chantant La Marseillaise, drapée dans une robe aux couleurs du drapeau français imaginée par le styliste d'avant-garde Jean-Paul Goude.
Le drapeau est hissé jusqu'en haut du mât, puis abaissé de l'équivalent de la hauteur du drapeau (comme si le drapeau invisible du défunt était fixé au-dessus du drapeau), quand on abaisse le drapeau on fait de même, c'est-à-dire que l'on remonte le drapeau jusqu'en haut avant de l'amener (descendre le drapeau). À l'intérieur, avec une hampe trop courte pour permettre la mise en berne, ou si drapeau est porté, on met une boucle de crêpe noir - une cravate - fixée au sommet de la hampe, et dont les volants tombent vers le sol.
Selon l'article 47 du décret n°89-655 du 13 septembre 1989 relatif aux cérémonies publiques, préséances, honneurs civils et militaires[16] : « Lors du décès du Président de la République, les drapeaux et étendards des armées prennent le deuil ; les bâtiments de la flotte mettent leurs pavillons en berne ».
Le côté que l'on fixe à la drisse se trouve à la tête du cercueil et le canton d'honneur au-dessus de l'épaule gauche du défunt.
Par les circulaires n° 338 du 17 septembre 1965, n° 423 du 10 octobre 1957, et n° 77530 du 3 août 1977 du ministère de l’intérieur, le privilège de recouvrir un cercueil d'un drap tricolore en lieu et place du drap noir, si la famille en exprime le désir, a été accordé et réservé aux militaires de la carte du combattant ou de la carte du combattant volontaire de la Résistance. En juin 1999, un accord a été donné par le ministre de l’intérieur, Jean-Pierre Chevènement, pour l'extension de ce privilège aux titulaires de la Médaille de la Reconnaissance de la Nation (ex. TRN). Par ailleurs, il a été décidé de conférer le même honneur aux anciens réfractaires au STO (Service du travail obligatoire).[17]
La famille du défunt doit le signaler à l'entreprise de pompes funèbres qui se chargera, de fournir et poser le drapeau tricolore sur le cercueil et éventuellement le coussin pour les décorations. Elle doit aussi contacter l'association, dont le défunt était adhérent, afin qu'elle envoie une délégation et le porte-drapeaux.
Le drapeau de la France doit toujours être mis tête en haut. Le faire tenir à l'envers est un signe de détresse (en mer par exemple) ou est considéré comme une marque d'irrespect.
Sur des hampes croisées, le drapeau qui se trouve à la place d'honneur est situé à droite (à gauche de l'observateur). L'autre drapeau est à gauche (à droite de l'observateur).
La place d'honneur est au centre
Ils sont disposés en file indienne sur des mâts distincts et d'égale hauteur. La place d'honneur est au bout de la file, à la gauche de l'observateur, puis les autres drapeaux se présentant dans l'ordre alphabétique de leur nom s'ils sont de même rang (voir l'ordre de préséance). Si les mâts sont disposés de telle façon que celui du centre est plus haut, le drapeau d'honneur y sera hissé. Il en va de même sur une façade, sur un toit, etc.
Les grands ensembles n'ont pas forcément préséance. Les drapeaux actuels ont toujours préséance sur les drapeaux historiques, y compris dans un lieu historique précis.
À l'intérieur ou à l'extérieur, le drapeau doit être fixé au mur à une hauteur convenable, soit à l'arrière ou au-dessus du président, du conférencier, soit à l'endroit le plus honorifique. Le côté que l'on fixe à la drisse se place à la gauche de l'observateur ou au-dessus ; le canton d'honneur est à la gauche de l'observateur, que le drapeau soit déployé horizontalement ou verticalement.
À l'intérieur, le drapeau est le plus souvent attaché à une hampe posée sur un piédestal, à une hauteur suffisante pour l'empêcher de toucher le sol. Cela s'applique aussi pour le déploiement dans les défilés.
Au-dessus d'une rue, le drapeau est suspendu au centre. Le côté que l'on fixe à la drisse se trouve en haut, le canton d'honneur orienté vers le nord dans les rues allant de l'est à l'ouest, et vers l'est dans les rues allant du nord au sud. Au-dessus d'un trottoir, le canton d'honneur doit être orienté vers la rue.
Le drapeau doit être placé à droite du véhicule.
C'est le revers qui doit apparaître sur côté tribord, et l'avers sur le côté babord, comme si c'était l'arête de la dérive qui faisait office de hampe.
Si le drapeau est cousu sur les manches, c'est le revers qui doit apparaître sur la manche droite, et l'avers sur la manche gauche (comme si c'était l'avant du corps qui faisait office de hampe).
Aux fenêtres et balcons des édifices publics comme les mairies ou les préfectures, les drapeaux sont souvent tenus à l'arrière d'un porte-drapeaux, généralement un écusson tricolore avec monogramme RF et palmes.
Voir la déontologie du porte-drapeau. Il existe un diplôme d'honneur de porte-drapeau régit par un arrêté du 30 janvier 2003[18].
Le pavillon particulier apparaît pour la première fois avec le décret du 20 mai 1885 qui précise : « Le bâtiment monté par le Président de la république arbore au grand mât le pavillon carré aux couleurs nationales, au centre duquel ses lettres initiales sont brodées en or. Toute autre marque distinctive est alors rentrée. L’embarcation montée par le Président de la République porte le même pavillon à l’avant et le pavillon national à la poupe ».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le maréchal Pétain fit ainsi frapper le blanc du drapeau de son bâton de maréchal orné d'une francisque.
En réponse, le général de Gaulle choisi de prendre comme symbole de la France libre le drapeau français orné d'une croix de Lorraine. Ce drapeau est le symbole de la Résistance et de la libération.
Voir les marques des Présidents de la République depuis 1870
La circulaire 808 EMM/CAB du 5 décembre 1985 définit, par référence aux textes interarmées, les unités qui peuvent se voir attribuer un drapeau.
Le drapeau est l'insigne de tous les régiments français de traditions ou unité (Infanterie, Transmissions, Matériel).
Un drapeau se compose de trois parties :
En mer, depuis le Second Empire, les bateaux français, civils ou militaires, utilisent un pavillon national un peu différent du drapeau. Les proportions des couleurs nationales du pavillon français sont alors : 30/33/37. La bande bleue est légèrement plus étroite que la bande blanche et la blanche légèrement plus étroite que la bande rouge. Ainsi, en flottant, les trois bandes paraissent égales[19]. Ce type de dessin, corrigeant un effet d'optique dû au mouvement du drapeau ou du pavillon, se retrouve en Scandinavie, en Finlande (croix décalée), au Japon (anciens drapeaux et drapeau de la marine de guerre), au Bangladesh, à Palau et au Groenland.
La partie basse de l'oriflamme peut être droite ou en forme de queue de pie.
La France n'a pas d'armoiries officielles car elles ont été considérées comme liées à la royauté. Aux fenêtres et balcons des édifices publics comme les mairies ou les préfectures, les drapeaux sont souvent tenus à l'arrière d'un porte-drapeaux, généralement un écusson tricolore avec le sigle « RF » et des palmes.
En France, l’écharpe tricolore est un symbole des élus députés, sénateurs, maires et dans certain cas adjoints et les conseillers municipaux. Le port et l'usage de l'écharpe tricolore est régi par le décret n° 2000-1250 du 18 décembre 2000 (Journal officiel du 23 décembre 2000).
Brièvement, le port de l’écharpe par tous les élus s’effectue sur l’épaule droite au côté gauche. Pour les parlementaires, le bord rouge doit être près du col (formant ainsi, lues de gauche à droite, les couleurs bleu-blanc-rouge). À l’inverse, les élus communaux (les maires, leurs adjoints et les conseillers municipaux) portent l’écharpe avec le bord bleu près du col.
Cette différenciation présente l'avantage de distinguer optiquement un parlementaire d'un maire, étant bien entendu qu'en cas de cumul de mandat (député-maire, sénateur-maire) c'est le mandat national qui prévaut.
Lors d'inaugurations de bâtiments publics, il est d'usage qu'un élu coupe avec des ciseaux un ruban aux couleurs tricolores.
Le gouvernement français s'est doté en septembre 1999, sous le gouvernement Jospin, d'un logotype rappelant le drapeau du pays sous la forme d'un rectangle allongé où la partie blanche prend la forme d'une effigie de Marianne vue de profil et contournée, c'est-à-dire regardant vers la droite. Sous le rectangle figure la devise de la République « Liberté • Égalité • Fraternité » et sur une deuxième ligne la mention République française.
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Logotype du gouvernement français depuis 1999. |
Un élu de la République française, Antoine Waechter, avec son écharpe tricolore. |
Les institutions publiques et les forces armées de la France ont des logos qui reprennent naturellement les couleurs du drapeau français :
De nombreuses nations (d'anciennes colonies africaines par exemple) admirateurs de la liberté, de l'égalité et de la fraternité à la française ont adopté le modèle tricolore vertical (la norme auparavant était le drapeau horizontal).[20]
En 1830, la Belgique indépendante des Pays-Bas adopte la disposition en bandes verticales également en référence au drape