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Dans la théorie des probabilités, il existe différentes notions de convergence de variables aléatoires. La convergence (dans un des sens décrits ci-dessous) de suites de variables aléatoires est un concept important de la théorie des probabilités utilisé notamment en statistique et dans l'étude des processus stochastiques. Par exemple , la moyenne de n variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées converge presque sûrement vers l'espérance commune de ces variables aléatoires. Ce résultat est connu sous le nom de loi forte des grands nombres.
Dans la suite, nous supposons que (Xn) est une suite de variables aléatoires réelles (i.e. à valeurs réelles), et X est une variable aléatoire réelle, et que toutes ces variables sont définies sur un espace probabilisé (Ω, F, P).
Sommaire |
Soient F1, F2, ... la suite de fonctions de répartition associées aux variables aléatoires réelles X1, X2, ..., et F la fonction de répartition associée à la variable aléatoire réelle X. La suite Xn converge vers X en loi, ou en distribution, si

pour tout réel a en lequel F est continue. Puisque F(a) = P(X ≤ a), cela signifie que la probabilité que X appartienne à un certain intervalle est très similaire à la probabilité que Xn soit dans cet intervalle pour n suffisamment grand. La convergence en loi est souvent notée en ajoutant la lettre
(ou
pour distribution) au dessus de la flèche de convergence:

La convergence en loi est la forme la plus faible au sens où, en général, elle n'implique pas les autres formes de convergence définies ci-dessous, alors que ces autres formes de convergence impliquent la convergence en loi. C'est ce type de convergence qui est utilisé dans le théorème de la limite centrale.
Définition équivalente: (Xn) converge en loi vers X ssi pour toute fonction continue bornée

Théorème de continuité de Paul Lévy — Soit
la fonction caractéristique de
et
celle de
. Alors

Autrement dit, (Xn) converge en loi vers X ssi la fonction caractéristique de la variable aléatoire réelle Xn converge simplement vers la fonction caractéristique de la variable aléatoire réelle X.
La moyenne d'une suite de variables aléatoires centrées, indépendantes et de même loi, une fois renormalisée par
converge en loi vers la loi normale

La loi de Student de paramètre
converge, lorsque
tends vers
vers la loi de Gauss:

La suite[1]
converge en loi vers une variable aléatoire dite dégénérée, qui consiste en un seul point (0) avec probabilité 1 (on parle parfois de masse de Dirac en 0, notée
) :
![\Pr(x_0\le x)=\delta_0\left((-\infty,x]\right)=\begin{cases}0 & \text{ si } x< 0,\\1 &\text{ si } x \geq 0.\end{cases}](http://upload.wikimedia.org/math/8/4/5/845ccce8f9ab7a118ea03a4aa27036fc.png)
Définition — Xn converge vers X en probabilité 
La convergence en probabilité est parfois notée
, ou encore 
La convergence en probabilité est utilisée dans la loi faible des grands nombres.
La convergence en probabilité implique la convergence en loi. On peut donc énoncer le théorème suivant:
Théorème — Xn converge vers X en probabilité
Xn converge vers X en loi
Pour effectuer la démonstration, le lemme suivant est utile
Soient X, Y des variables aléatoires réelles, c un réel et ε > 0. Alors
Lemme — 



car

Pour tout ε > 0, en raison de ce lemme, on a:


On a donc

En prenant la limite pour
, on obtient

Or
est la fonction de répartition FX, qui est continue par hypothèse en a, i.e.

Donc, en prenant la limite pour
, on obtient

Il est possible de relier la convergence en probabilité vers une constante avec des conditions sur l'espérance et la variance de la suite:
Théorème —
.
On veut montrer que ![\lim_{n \to \infty}\operatorname{E}[X_n]= c\quad \mathbf{ et } \quad \lim_{n \to \infty}\operatorname{Var}[X_n]= 0 \Rightarrow X_n \xrightarrow{p} c](http://upload.wikimedia.org/math/2/a/6/2a6f6e8ad2edf8576f817d4530e0072b.png)
En partant de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev:
Théorème — 
On a:
![\begin{align} \Pr\left(\left|X_n-c\right| \geq \alpha \right)
&< \frac{\operatorname{E}[(X_n-c)^2]}{\alpha^2}\\
&< \frac{\operatorname{E}[(X_n-\operatorname{E}[X_n]+\operatorname{E}[X_n]-c)^2]}{\alpha^2}\\
&< \frac{\operatorname{E}[\left(X_n-\operatorname{E}[X_n]\right)^2
+2\operatorname{E}(X_n-\operatorname{E}[X_n])\overbrace{(\operatorname{E}([X_n]-c)}^{=0 \text{ si }\operatorname{E}[X_n]\xrightarrow{\infty}c}
+\left(\operatorname{E}[X_n]-c\right)^2]}{\alpha^2}\\
&< \frac{\operatorname{E}\left[(X_n-\operatorname{E}[ X_n])^2\right]+\left(\operatorname{E}[X_n]- c\right)^2}{\alpha^2}\\
&< \frac{\operatorname{Var}[X_n]+\left(\operatorname{E}[X_n]- c\right)^2}{\alpha^2}\\
\end{align}](http://upload.wikimedia.org/math/5/c/0/5c0764a81fa3a440969f6a151229c28d.png)
On voit alors que si ![\operatorname{E}[X_n]\to c \quad \mathbf{ et }\quad \operatorname{Var}[X_n]\to 0 \Rightarrow \Pr\left[ |X_n -c|>\alpha\right]\to 0 \Rightarrow X_n \xrightarrow{p} c](http://upload.wikimedia.org/math/a/9/f/a9f0a2e7b82db5fcfe6b7c7c833ed20d.png)
Ce théorème est très utile pour démontrer la loi faible des grands nombres de manière simple: il suffit de voir que si Xi est une suite de variables aléatoires indépendamment et identiquement distribuées d'espèrance μ et de variance σ2 et que
, alors:
![\operatorname{E}[\bar X]=\mu](http://upload.wikimedia.org/math/1/0/0/10047bb6186e738cb0c5667a193e4f9b.png)
(Voir preuve sur la page variance)Alors 
La réciproque n'est pas vraie:
Soit une suite de variables aléatoires
définie sur {0,n} telle que:
et 
On voit qu'elle converge en proba: 
Cependant,
et
.
Donc la réciproque ne s'applique pas.
On dit que Xn converge presque sûrement ou presque partout ou avec probabilité 1 ou fortement vers X si
Définition — 
Cela signifie que les valeurs de Xn approchent la valeur de X, au sens où (cf presque partout) l'événement sur lequel Xn ne converge pas vers X a une probabilité nulle.
Elle se note souvent
ou
(almost surely en anglais).
On peut définir de manière plus générale la convergence presque sûre en utilisant l'espace probabilisé (Ω, F, P) et le concept de variable aléatoire comme fonction de Ω dans R:

Théorème — Xn converge vers X presque sûrement
converge vers X en probabilité
La convergence presque sure est utilisée dans la loi forte des grands nombres.
Soit r > 0. On dit que Xn converge vers X en moyenne d'ordre r ou en norme Lr si E|Xn|r < ∞ pour tout n et
.La convergence en moyenne d'ordre r nous dit que l'espérance de la puissance r-ième de la différence entre Xn et X converge vers zéro.
Pour r =2, on parle de convergence en moyenne quadratique
Théorème — Xn converge vers X en norme Lr
converge vers X en probabilité.
Ce résultat s'obtient d'après l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.
Théorème — Pour r > s ≥ 1, la convergence en norme Lr implique la convergence en norme Ls.
On a également le résultat obtenu plus haut:
Théorème — Xn converge vers une constante c en moyenne quadratique
.
Un théorème très pratique, désigné en anglais généralement sous le nom de Mapping theorem (en), établit qu'une fonction g continue appliquée à une variable qui converge vers X convergera vers g(X) pour tous les modes de convergence:
Théorème — Mapping theorem[2] Soit
une fonction continue pour tout point d'un ensemble C tel que
:



En statistiques, un estimateur convergent de la variance σ2 est donné par:

On sait alors par le continuous mapping theorem que l'estimateur
de l'écart type
est convergent, car la fonction racine est une fonction continue.
A quelques exceptions près, les implications mentionnées dans les sections précédentes n'ont pas de réciproque, à proprement parler. Voici toutefois quelques propriétés utiles qu'on pourrait qualifier de "semblants de réciproques":
si Xn converge en probabilité vers X et si toutes les variables aléatoires Xn sont uniformément presque sûrement bornées, alors Xn converge vers X en moyenne d'ordre r.

alors Xn converge presque sûrement vers X. En d'autres termes, si Xn converge en probabilité vers X suffisamment rapidement (i.e. la série ci-dessus converge pour tout ε > 0), alors Xn converge aussi presque sûrement vers X. Cela résulte d'une application directe du Théorème de Borel-Cantelli.

alors Sn converge presque sûrement ssi Sn converge en probabilité.