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Le capital désigne un ensemble de biens ou de richesses accumulés générant de nouveaux biens ou revenus. Le terme de capital est toutefois employé avec des définitions spécifiques en sciences économiques, en finance et comptabilité ou en sociologie.
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Pour la théorie économique, le capital désigne toute richesse non consommée, obtenue par épargne ou emprunt, qui est mobilisée pour la production de nouvelles richesses ou l'obtention d'un revenu. Plus précisément, la science économique distingue plusieurs types de capital :
L'accumulation du capital fixe s'opère grâce aux investissements successifs des entreprises. En France, la comptabilité nationale utilise ainsi l'agrégat appelé formation brute du capital fixe pour mesurer l'investissement. Le terme de formation brute est employé dans la mesure où une partie des investissements sont des investissements de remplacement qui ont pour but de remplacer le capital usagé ou obsolète, c'est-à-dire qui vise à compenser la perte que représente l'amortissement du capital.
L’intensité capitalistique d'un secteur d'activité économique est défini par le rapport entre le capital fixe et le travail, ou, de manière plus rigoureuse, les immobilisations corporelles (valeur brute à la clôture de l'exercice) et les effectifs salariés moyens[1] ou bien par le rapport entre les immobilisations corporelles et la valeur ajoutée[2].
Pour l'école classique, il y a trois sources de richesses, le travail, le capital foncier (terre agricole ou à bâtir, gisements miniers et d'hydrocarbures, réserves hydrauliques et autres ressources naturelles) et le capital technique qui englobe les biens, les produits pouvant être utilisés pour la production d'autres biens. Ce sont typiquement les machines fabriquées par l'homme.
Pour Marx, le capital est avant tout un type de relation sociale, dans la mesure où les capitalistes ne peuvent posséder et accumuler du capital que grâce au rapport social qu'ils entretiennent avec les travailleurs. Marx part de l'analyse de l'école classique pour qui le capital est constitué par tous les moyens de production avancés par les capitalistes durant le cycle de production[3]. Le capital productif est constitué des biens que le capitaliste acquiert afin de produire, machines et matières premières, ce que Marx appelle le « capital constant », ainsi que la force de travail salariée que Marx nomme le « capital variable ». Marx décrit un processus de production organisé de façon que les capitalistes investissent de l'argent (A) afin d'acquérir des moyens de production (M) et une force de travail (T) pour produire des marchandises (M') qu'ils vont vendre pour une somme d'argent (A'), avec A' supérieur à A. La différence entre A et A' constitue le profit.
Toute la question, pour Marx, est de savoir d'où vient ce profit, cette plus value[4]. Pour lui, elle vient du fait que les capitalistes exploitent les travailleurs en ne leur payant pas la totalité de la valeur qu'ils produisent par leur travail. Cette partie non versée est accaparée par le capitaliste en sa qualité de propriétaire des moyens de production [5]. C'est donc grâce à ce « surtravail » que les capitalistes obtiennent, pour Marx, un profit, qui leur permet d'accumuler du capital. Dans ce sens, « les moyens de production matériels (machines etc.) ne sont pas par nature du capital, ils ne le deviennent que lorsqu'ils sont mis en œuvre par des travailleurs salariés et qu'ils permettent de dégager de la plus-value »[6], et donc du profit. Par conséquent, pour Marx, « au lieu d'être une chose, le capital est un rapport social entre les personnes. » [7] Ce rapport social correspond à ce que Marx appelle « l'exploitation capitaliste ».
L'analyse du capital comme détour de production, due à Eugen von Böhm-Bawerk a marqué l'histoire de la pensée économique. Böhm-Bawerk entend désigner par ce terme le fait que le capital est constitué de biens, dont la production a demandé des ressources, en particulier du temps de travail. Or, ces ressources auraient pu être utilisées pour obtenir des biens immédiatement consommables. Toutefois, grâce à ces biens de production, il sera possible de produire davantage dans le futur. Ainsi, le capital est constitué par un détour de production au sens où au lieu de produire directement des biens de consommation, on détourne des ressources pour acquérir des biens de production qui accroitront la production future de biens de consommation. En ce sens, pour Böhm-Bawerk, le capital résulte d'un arbitrage intertemporel, puisque les agents économiques en investissant choisissent une consommation présente plus faible contre une consommation future plus forte. L'intérêt qui rémunère les prêteurs est, dans cette perspective, le prix de la désutilité qu'implique pour eux le renoncement à une consommation présente.
En finance de marché, on parle de marché des capitaux pour toutes les transactions portant sur des apports d'argent stable ou à long terme utilisés pour l'activité économique. On parle également de capital financier pour désigner des avoir sous forme d'actif financier. Les financiers s'intéressent également à la notion de capital économique.
La liberté de circulation des capitaux est l'un des principes qui a été adopté lors du consensus de Washington en 1989 (libéralisation des marchés financiers). Dans l'Union européenne, la liberté de circulation des capitaux est l'une des quatre libertés définies par l'Acte unique (février 1986), avec la liberté de circulation des marchandises, des services, et des personnes.
En comptabilité et finance d'entreprise, le capital désigne, par ellipse, les capitaux propres (ou fonds propres) composés du capital social initialement apporté par les sociétaires, de la réserve comptable, du report à nouveau, pour sa part distribuée sous forme de dividendes, et du résultat de l'exercice. Il figure au passif du bilan et représente la dette de l'entreprise envers ses actionnaires. C'est en fonction des capitaux propres qu'est calculée la rentabilité financière d'une entreprise.
Au capital économique qui reflète le patrimoine d'un individu, le sociologue Pierre Bourdieu, a ajouté plusieurs autres notions qui reflètent la richesse d'un individu :
Bourdieu applique le terme de capital pour désigner des ressources qui ne sont pas de nature économique dans la mesure où ces ressources sont accumulées par les individus et leur permettent d'obtenir des « profits » sociaux. Ainsi les ressources scolaires qu'un individus a acquises, en particulier les titres scolaires, lui permettent d'atteindre certaines positions sociales. Cet usage de la notion de capital à des ressources non économiques a pu être critiqué dans la mesure où il est en partie métaphorique. En effet, ces ressources sociales ne possèdent pas certaines propriétés du capital économique, comme la capacité de pouvoir être transmises sans perte d'un individu à un autre, par exemple son enfant [10]. La transmission du capital culturel d'une génération à l'autre passe, de fait, par la socialisation, processus beaucoup plus complexe et incertain qu'un héritage.
Pierre Bourdieu pense que le capital économique et le capital culturel sont les deux formes de capitaux les plus importantes dans nos sociétés. Il propose ainsi une description de la société comme un espace où les individus occupent des positions en fonction, d'une part, du volume total de capital dont ils disposent et, d'autre part, de l'importance relative du capital économique et du capital culturel dans ce volume total (cf. diagramme ci-contre).
Le capital naturel est une approche d'estimation de la valeur d'un écosystème, une alternative à la vue plus traditionnelle selon laquelle la vie non-humaine constitue une ressource naturelle passive. Il s'agit donc des ressources naturelles telles que minéraux, plantes, animaux, air, eau, pétrole, présents dans la biosphère terrestre, vus comme un moyen de production d'oxygène, de filtration de l'eau, de prévention de l'érosion, ou comme fournisseur d'autres services naturels.
Deux approches sont concurrentes en matière de développement durable, en durabilité forte, le stock de capital naturel ne doit pas baisser alors qu’en durabilité faible, on tolère le remplacement d'une partie des ressources naturelles par le capital de connaissances. En fait, de récentes études sur le capital immatériel n'intègrent que la stratégie de Lisbonne (2000), mais pas les objectifs de développement durable fixés lors du Conseil européen de Göteborg (2001). Le concept d'empreinte écologique fait référence aux limitations globales à l'utilisation de ressources naturelles selon les modes de consommation et de production traditionnels de l'ère industrielle. L’éco-efficacité vise d'autres usages plus valorisants à l'échelle d'un écosystème local.
Le capital infrastructurel est l'ensemble des infrastructures nécessaires directement ou indirectement à l'économie dans une région donnée.
La notion de capital intellectuel se définit au niveau microéconomique. Le capital cognitif propre à l'économie du savoir est son équivalent au niveau macroéconomique.
L'évaluation du capital intellectuel est à mettre en rapport avec l'évaluation des immobilisations corporelles et incorporelles comptables.