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Le calendrier grégorien est le calendrier actuellement utilisé dans la majeure partie du monde. Conçu par un collège de scientifiques sous la direction de Christophorus Clavius pour corriger la dérive séculaire du calendrier julien, sa dénomination porte le nom de son instigateur Grégoire XIII, pape de 1572 à 1585. Son point de départ, l'an 1, correspond à l'année estimée comme étant celle de la naissance de Jésus.
Sommaire |
La structure du calendrier grégorien est analogue à celle du calendrier julien de la Rome antique en vigueur jusqu'alors. C'est un calendrier solaire, se basant sur la révolution de la Terre autour du Soleil en 365,2422 jours de 24 heures de 60 minutes de 60 secondes métriques. Le calendrier grégorien donne un temps moyen de l'année de 365,2425 jours ; pour assurer un nombre entier de jours par année, on y ajoute tous les 4 ans un jour intercalaire, le 29 février (voir année bissextile), à l'exception des années bissextiles séculaires qui sont supprimées, sauf si leur millésime est divisible par 400. Il reste actuellement une erreur d'environ un jour sur 3 000 ans.
Le calendrier grégorien utilise les règles du comput grégorien.
Le calendrier grégorien est divisé en douze mois, groupés en quatre trimestres :
| 1er trimestre | 2e trimestre | 3e trimestre | 4e trimestre |
|---|---|---|---|
| janvier, 31 jours février, 28 ou 29 jours mars, 31 jours. |
avril, 30 jours mai, 31 jours juin, 30 jours. |
juillet, 31 jours août, 31 jours septembre, 30 jours. |
octobre, 31 jours novembre, 30 jours décembre, 31 jours. |
| 90 ou 91 jours | 91 jours | 92 jours | 92 jours |
Une période de sept jours forme une semaine. Les jours d’une semaine ont chacun un nom : en français, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche. Une période de quatre semaines forme un mois, et une période de douze mois forme une année.
L’ère ordinairement utilisée avec le calendrier grégorien est l’ère chrétienne, c’est-à-dire « après Jésus-Christ » (Anno Domini en latin, locution encore utilisée en anglais et le plus souvent notée après l’année sous sa forme abrégée AD, et autrefois désignée en français comme an de grâce ou an du Seigneur).
L'année « zéro » aurait-elle du exister ?
Un calendrier est une mesure du temps, un compte des années, mois et jours. Une mesure évalue la grandeur de l'objet observé. Elle ne peut partir que de zéro. Mais, zéro, ce n'est que le point de départ, c'est le repère. Ici, dans la notion du temps, ce n'est donc qu'un instant, pas un laps de temps. (Zéro, c'est zéro). Arrivé au bout d'une année, on dit que c'est la 1ère année. Faisons l'analogie avec la distance, notion d'espace unidimensionnel : un coureur part d'un point donné et au bout d'un km, on dit que c'est le km 1. On peut penser aussi, e.g., à la mesure des distances kilométriques sur les cartes routières. La 1ère année de tout calendrier ne peut donc qu'être l'an 1 (tout comme le 1er km parcouru est le km 1).
Par ailleurs, à propos de ceux qui prétendent que les calendriers auraient pu y comporter des années zéro : certains, en constatant que les faiseurs de calendriers de l'époque n'avaient pas retenu d'année zéro, ont cru que les Romains (sans penser aux Sémites et autres Chrétiens) ne connaissaient pas l'existence du zéro. Mais en fait, s'étant rendus compte que les calendriers ne devait logiquement pas comporter d'année zéro, nos aïeux n'en ont pas mis et on ne peut donc pas en conclure qu'ils ne connaissaient pas le zéro.
L’ère qui précède est l’ère pré-chrétienne; elle est décomptée en sens opposé, là aussi à partir de l'instant zéro. On est dans la direction « avant Jésus-Christ » souvent abrégée en français « av. J.-C. ». Les années « x av. J.-C ». sont aussi noté « -x ».
L’introduction du calendrier grégorien en remplacement du calendrier julien commença le 15 octobre 1582 avec les pays se réclamant de l’alignement sur Rome : Espagne, Portugal, États de la péninsule italienne (dont les États pontificaux). Le but était de lutter contre la dérive de la date de Pâques (le dimanche après la première lune fictive de l’équinoxe de printemps) qui se déplaçait vers l'été.
En fait la réforme principale et suffisante éliminant cette dérive (et qui a été appliquée facilement dans les autres pays par la réforme limitée du calendrier julien) était celle du mode d’application des années bissextiles lors des années séculaires. La différence principale entre le calendrier grégorien et son ancêtre, le calendrier julien non réformé, repose dans la distribution des années bissextiles.
Comme noté ci-dessus, l’année tropique moyenne, c’est-à-dire la période de révolution de la Terre autour du Soleil, dure 365,24219 jours. En insérant une journée bissextile tous les quatre ans, le calendrier julien attribuait à l’année une durée moyenne de 365,25 jours. Ceci induisait un décalage d’environ 8 jours par millénaire par rapport au temps vrai, avec pour effet que la date de Pâques, déterminée par le 21 mars (sorte d’équinoxe de printemps légal), glissait progressivement en s'éloignant de l'équinoxe de printemps réel ; dont ce dernier "remontait" lentement dans le calendrier, pour se situer aux alentours du 10 mars (julien) au XVIe siècle.
On considère donc comme années communes (années de 365 jours) les millésimes qui sont multiples de 100 sans être multiples de 400. Ainsi 1600 et 2000 furent bissextiles, mais pas 1700, 1800, 1900 qui furent communes. De même, 2100, 2200, 2300 seront communes, alors que 2400 sera une année bissextile.
En appliquant cette règle, on arrive à une année de 365,2425 jours au lieu de 365,24219 jours soit un excès de trois jours en 10 000 ans. Il a été proposé d'amender la règle pour considérer les années multiples de 4 000 comme normales. Mais du fait du raccourcissement de l'année tropique évalué à 0,5 s par siècle et de l'allongement du jour de 1,64 millisecondes par siècle, il est illusoire d'arriver à ce niveau de précision, les incertitudes sur la durée de l'année sur 10 000 ans étant du même ordre de grandeur.
L'introduction du calendrier grégorien comprend aussi une deuxième réforme d’application plus délicate, le décalage grégorien qui supprima dix jours du calendrier, entre le 4 octobre 1582 et le 15 octobre 1582 pour les pays ayant immédiatement suivi Rome, ce qui permit de fixer de nouveau l’équinoxe de printemps le 21 mars, comme ce fut le cas au début de l’ère chrétienne, au Premier concile de Nicée en 325.
Ces dix jours permettaient de rattraper d’un coup le retard croissant pris par l’ancien calendrier julien sur les dates des équinoxes depuis le début de l’ère chrétienne, c’est-à-dire plus de 12 siècles avant, et de retrouver la concordance entre l'équinoxe de printemps et le 21 mars calendaire. 9 années bissextiles ont été comptées en trop (en 500, 600, 700, 900, 1000, 1100, 1300, 1400 et 1500 suivant les nouvelles règles de calcul) si le calendrier julien n'avait pas induit ce décalage sur toute cette période jusqu’en 1582, mais des corrections antérieures avaient déjà été appliquées durant cette période en omettant d’ajouter un jour en fin février de certaines années qui auraient dû être bissextiles (suivant l’ancienne règle du calendrier julien).
Cependant, certains pays ont aussi tardé à appliquer l’ajustement grégorien des années séculaires (dates d'ajustement selon les pays), et ont donc compté l’année 1700 comme bissextile (selon l’ancien calendrier julien non réformé), ce qui a accru le décalage de date à onze jours. La Suède qui utilisait le calendrier julien a tenté une première fois d’appliquer seule la règle d’ajustement grégorien en 1700 (non bissextile), sans appliquer le décalage de 10 jours, puis s’est reprise en 1704 en ajoutant deux jours au mois de février (année doublement bissextile) pour revenir à l’ancien calendrier julien encore utilisé en Angleterre ou dans les pays protestants et orthodoxes voisins.
La Suède et l’Angleterre n’appliqueront complètement le calendrier grégorien que plus tard, sous l’influence de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Suisse dont les États utilisaient simultanément les calendriers julien et grégorien suivant qu’ils étaient de confession protestante ou catholique, et qui lors de leur unification ont voulu uniformiser les calendriers.
La troisième réforme du calendrier grégorien était de numéroter les années à partir de janvier et non du mois de mars comme dans le calendrier julien (le début de l'année dans le calendrier julien à lui-même varié — voir l'article correspondant et ses liens externes). Cette réforme permettait de faire coïncider les fêtes païennes du nouvel an dans le temps de Noël, et non peu avant la période sainte de Pâques. Dans bien des pays, cette dernière réforme a été appliquée des années ou même plusieurs siècles après celle de l’ajustement et du décalage grégorien. Cependant ce ne sera pas le cas des pays orthodoxes, dont l’année commençait en septembre.
Proposé dès le début du règne de Grégoire, et soutenu par l’Angleterre dans un concile œcuménique, ce calendrier prend son nom quand le pape décide de l’adopter aussi. D’abord refusé dans de nombreux pays pour des raisons religieuses ou politiques (conflit entre la Papauté et certains pays protestants, et application limitée par les Églises orthodoxes qui acceptent le nouveau mode de calcul des années séculaires dans le calendrier julien mais sans appliquer le décalage calendaire) le calendrier grégorien a été diffusé lentement :
Les pays qui utilisent le calendrier grégorien associé à un autre calendrier sont :
Seuls l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Éthiopie et le Viêt Nam n'utilisent pas le calendrier grégorien.
Si le principe de l'ajustement grégorien n'a pas été remis en cause, il n'en est pas de même de sa structure interne.
Les critiques portèrent en France sur ses liens avec le christianisme, au travers de l'ère chrétienne, des fêtes religieuses, et des références aux saints dans les agendas. Les agendas étaient en effet à l'époque l'un des principaux moyens d'information dans les campagnes françaises.
Cela a motivé quelques projets de calendriers laïcs comme par exemple le calendrier républicain de la Révolution française. À la différence du système métrique, celui-ci n'aboutit pas : il est vrai que le principe de ne plus se reposer qu'un jour sur dix (decadi) au lieu de sept pouvait ne pas enthousiasmer. Une autre raison, plus technique, était que le décalage de calendrier entre la France et les pays limitrophes posait certaines difficultés dans les zones frontalières.
Un autre projet de calendrier laïc (le calendrier fixe) a été proposé par Auguste Comte : le calendrier positiviste. Celui-ci n'a pratiquement pas été utilisé en dehors de Comte et de quelques disciples.
D'autres critiques semblent concerner la construction même du calendrier :
Mais ces originalités ne sont pas liées aux choix humains, le calendrier essaye simplement de suivre l'année astronomique. Elle ne comporte pas un nombre entier de jours et les périodes estivale et hivernale ont 7 jours d'écart de durée. Le cycle lunaire n'est pas fixe lui non plus. Néanmoins il faut bien un nombre de jours entiers dans une année pour s'y retrouver et suivre la durée des jours (lever du Soleil).
Cette difficulté a amené de nombreuses propositions de réformes à utiliser le principe du jour épagomène. Il s'agit d'un jour blanc qui n'entre pas dans le décompte de la semaine. En ajoutant un (ou deux les années bissextiles) jour épagomènes à l'année, on arrive à obtenir l’égalité 365 = 7×52 + 1. On retrouve la même idée avec les jours complémentaires dans le calendrier républicain de la Révolution française.
La durée des mois avait été choisie de façon à correspondre approximativement à un cycle lunaire. Ainsi, même une population non lettrée pouvait savoir à peu près, en observant le changement d'aspect de la lune, quand un mois s'était écoulé ; la référence à la lune était importante pour les marins (pour connaître les marées) et pour les agriculteurs (travaux nocturnes dans les champs) d'une population très majoritairement rurale.
Si aujourd'hui ce lien n'est pas évident dans notre civilisation urbaine, la grande majorité des réformes du calendrier tente de conserver un mois d'environ une lunaison.
Il faut cependant noter l'émergence du calendrier badi`, utilisé dans le bahaïsme. S’il se base également sur une année solaire, celle-ci débutant à l’équinoxe du printemps le 21 mars, son originalité tient à l’abandon de la référence lunaire pour la durée du mois. Une année de ce calendrier comporte en effet 19 mois de 19 jours (soit 361 jours). Les 4 ou 5 jours supplémentaires nécessaires pour compléter une année sont intercalés entre le 18e et le 19e mois, et sont nommés les jours intercalaires.
Au cours des trois derniers siècles, d'autres propositions de réformes ont été avancées. Les plus connues furent les propositions de calendrier universel et de calendrier fixe. Vers le milieu du XXe siècle, la Société des Nations puis l'Organisation des Nations unies menèrent des études pour réformer le calendrier. Celles-ci furent abandonnées sous la pression de pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou l'Indonésie, officiellement pour ne pas désorganiser les traditions religieuses.
Beaucoup d'auteurs de science-fiction ont joué avec l'idée que le calendrier terrien serait peut-être un jour utilisé dans tout l'espace connu, alors que tout le monde ou presque aurait oublié sa raison d'être initiale, voire l'existence de la Terre elle-même.
Dans une optique plus terre à terre, à l'approche de l'an 2000, lorsqu'il s'est agi d'adapter les systèmes informatiques qui, pour la plupart, étaient affectés par le bogue de l'an 2000, via la date système et les algorithmes de datation employés dans les programmes informatiques, la question s'est posée entre les autorités de différentes religions, de savoir quel calendrier était la référence. À l'issue d'un débat tenu aux États-Unis, il a finalement été décidé de conserver, par souci de simplification, le calendrier grégorien...
Avant 1582, on utilisait le calendrier julien. C'est ce calendrier qu'utilisent donc aussi les historiens pour cette période, puisqu'ils travaillent avec les dates portées sur les documents. Le calendrier grégorien est donc rarement utilisé de façon rétroactive.
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