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Allemand

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Cet article concerne la langue allemande. Pour les autres significations du mot « allemand », voir Allemand (homonymie)
  Allemand
(Deutsch)
 
Parlé en Allemagne, Autriche, Suisse et dans 8 autres pays
Région Europe
Nombre de locuteurs 125 millions
Classement 10
Typologie V2
Flexionnelle - Accentuelle
Classification par famille

 -  Langues indo-européennes
    -  Langues germaniques
       -  Langues germaniques occidentales
          -  Langues germano-néerlandaises
             -  Haut-allemand
                -  Allemand

(Dérivée de la classification SIL)
Statut officiel et codes de langue
Officielle
en
Autriche Autriche
Belgique Belgique
Allemagne Allemagne
Liechtenstein Liechtenstein
Luxembourg Luxembourg
Voïvodie d'Opole, Pologne
Ville de Sopron, Hongrie
Suisse Suisse
Trentin-Haut-Adige, Italie
Namibie Namibie (langue co-officielle régionale)
Union européenne
Vatican Vatican (langue officielle de la Garde Suisse Pontificale)
ISO 639-1 de
ISO 639-2 ger (B) / deu (T)
ISO 639-3 (en) deu
type : L (langue vivante)
étendue : I (langue individuelle)
SIL GER
Échantillon

Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme (voir le texte en français)

Artikel 1

Alle Menschen sind frei und gleich an Würde und Rechten geboren. Sie sind mit Vernunft und Gewissen begabt und sollen einander im Geist der Brüderlichkeit begegnen.

Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur
Connaissance de l'allemand dans l'Union Européenne et les pays candidats.

La langue allemande (Deutsch en allemand) est une langue indo-européenne appartenant à la branche occidentale des langues germaniques. "Germanique" et "allemand" ne sont donc pas synonymes. Le terme germanique "theut-" [ðeut-] signifie "peuple" et le nom des Teutons en dérive. Son dérivé "theutisk" a donné en allemand "deutsch" et en français les mots "tudesque" et "thiois" ; en italien "allemand" se dit "tedesco", et en danois "tysk". Il est aussi à l'origine du mot anglais "Dutch" qui signifie abusivement "hollandais", bien qu'aux États-Unis certains dialectes allemands soient appelés "Dutch". La racine theut- ("peuple") est d'origine indo-européenne, et on la retrouve en gaulois touta ("peuple") et en breton tud ("les gens"), ainsi qu'en latin totus (le "tout", "tous").

Le terme français "allemand" provient du peuple des "Alamans" dont le nom, des mots "all-" (tous) et "mann-" (hommes), signifiait "regroupement de tous les hommes". En effet, au début du premier millénaire les peuples germaniques se regroupaient en ligues; les Alamans constituaient une ligue, de même que les Francs en constituaient une autre.

L'allemand est la langue la plus parlée au sein de l'Union européenne, avec plus de 100 millions de locuteurs. Allemand est aussi un terme linguistique, dans bas-allemand, moyen-allemand et haut-allemand, où il n'a pas le sens de "nationalité" mais celui de famille linguistique, et où "bas" signifie "nord" (bas-Rhin, ou proche de la mer), et "haut" signifie "sud" (haut-Rhin, ou plus haut géographiquement). L'allemand standard fait partie du haut-allemand.

Sommaire

[modifier] Répartition géographique

Note : que l'allemand soit devenu langue officielle dans certains États. des États-Unis d'Amérique est une rumeur infondée.

Populations germanophones, c'est-à-dire parlant l'allemand standard ou l'un de ses dialectes, classées par nombre estimé de locuteurs.
Pays Nombre de locuteurs Remarque
Allemagne 82 250 000 langue officielle
Autriche 8 123 000 langue officielle
Suisse 5 200 000 langue co-officielle
États-Unis 2 000 000
Brésil 1 900 000
France 1 400 000 [1]
Russie 850 000
Kazakhstan 350 000
Italie 300 000 langue régionale
Argentine 300 000
Luxembourg 300 000 langue co-officielle
Paraguay 250 000
Canada 250 000
Pologne 190 000
République tchèque et Slovaquie 150 000
Australie 150 000
Hongrie 145 000
Mexique 140 000
Chili 100 000
Kirghizstan 100 000
Belgique 71 000 langue co-officielle
Roumanie 70 000
Bolivie 50 000
Afrique du Sud 45 000
Ouzbékistan 40 000
Pays-Bas 40 000
Ukraine 38 000
Équateur 32 000
Liechtenstein 30 000 langue officielle
Namibie 30 000 langue co-officielle régionale
Uruguay 28 000
Danemark 20 000
Slovénie 20 000
Croatie 11 000
Belize 10 000
Moldavie 7 000
Lettonie 4 000
Lituanie 2 000
Togo 1 500

Source : wikipédias allemand et espagnol (en désaccord entre eux). À vérifier depuis une source plus sûre.

[modifier] Langues dérivées

[modifier] Histoire

Développement de l'aire linguistique allemande à travers le temps.

[modifier] Première mutation consonantique

Icône de détail Articles détaillés : Loi de Grimm et Loi de Verner.

Avec la première mutation consonantique (erste germanische Lautverschiebung) aux environs du Ve siècle av. J.-C., naissait le germanique commun à partir d'un dialecte indo-européen. Cette transformation explique des différences entre les langues germaniques (plus l'arménien) et les autres langues indo-européennes. On peut, pour simplifier, présenter les faits ainsi :

Pour résumer, on a :

[modifier] Seconde mutation consonantique

Icône de détail Article détaillé : Seconde mutation consonantique.

On commence à parler de langue allemande (ou, en linguistique "haut-allemand") lorsque les dialectes parlés dans le Sud-Ouest de l'Allemagne subirent la seconde mutation consonantique (zweite germanische Lautverschiebung ou hochdeutsche Lautverschiebung, que l'on situe grosso modo vers le VIe siècle), au cours de laquelle la langue commença à se différencier des dialectes du nord (Niederdeutsch, bas-allemand).

Cette modification phonétique explique un certain nombre de différences entre l'allemand actuel et, par exemple, le néerlandais ou l'anglais :

pour résumer, *k / *p / *t -> ch / pf (ou f) / ts (ou s)

Les dialectes du nord, qui n'ont pas ou peu subi cette 2nde mutation phonétique, sont qualifiés de bas-allemand. Cette appellation est jugée abusive par certains linguistes, notamment néerlandais (qui ne sont pas "allemands"). Mais le terme "allemand" n'est ici qu'un terme linguistique, un peu comme "roman", "slave" ou "scandinave".

Nota bene: "bas" signifie "nord" (bas-Rhin, ou proche de la mer), et "haut" signifie "sud" (haut-Rhin, ou plus haut géographiquement).

[modifier] Moyen Âge

Entre le Xe siècle et le XVe siècle eut lieu une diphtongaison dans les parlers du Sud-Ouest concernant l'articulation en deux phonèmes de ei, eu et au. Cela explique à nouveau certaines différences entre l'allemand standard et, par exemple, le néerlandais (les lettres dans les parenthèses expliquent la prononciation en utilisant la langue française):

Contrairement aux États voisins, les contrées germaniques sont restées morcelées (Kleinstaaterei) au cours de l'ensemble du Moyen Âge contribuant au développement de dialectes très différents et, parfois, mutuellement inintelligibles. Un premier pas vers une langue interrégionale correspond au Mittelhochdeutsch poétique des poètes de cour vers le XIIIe siècle, bien que l'influence sur la langue vulgaire fût quasiment nulle, en raison de la faible alphabétisation. Aussi les régions germaniques restèrent-elles longtemps coupées en deux régions linguistiques :

[modifier] Influence de la Réforme

En 1521, Martin Luther traduisit le Nouveau Testament dans cet allemand standard en développement et en 1534, l'Ancien Testament. Bien que Luther ne fut pas, comme il fut considéré autrefois, le pionnier dans l'établissement d'une langue interrégionale — en élaboration depuis le XIVe siècle — il n'en reste pas moins que la Réforme contribua à implanter l'allemand standard dans les administrations et les écoles, y compris dans le Nord de l'Allemagne qui finit par l'adopter.

Mais, jusqu'au début XIXe siècle, le Hochdeutsch resta une langue souvent écrite, que beaucoup d'Allemands, en particulier dans le Sud, apprenaient comme une langue étrangère.

[modifier] L'allemand en Europe centrale

Avec la domination de l'Empire austro-hongrois en Europe centrale, l'allemand y devint la langue véhiculaire. En particulier, jusqu'au milieu du XIXe siècle, les marchands et, plus généralement, les citadins y parlaient l'allemand, indépendamment de leur nationalité : Prague, Budapest, Bratislava, Zagreb et Ljubljana constituaient des îlots germanophones au milieu des campagnes qui avaient conservé leur langue vernaculaire.

[modifier] Normalisation de l'orthographe et de la grammaire

Johann Christoph Adelung publia en 1781 le premier dictionnaire allemand exhaustif, initiative suivie par Jacob et Wilhelm Grimm en 1852. Le dictionnaire des frères Grimm, publié en seize tomes entre 1852 et 1960, reste le guide le plus complet du vocabulaire allemand. Cette normalisation progressive de l'orthographe fut achevée grâce au Dictionnaire orthographique de la langue allemande de Konrad Duden en 1880, qui fut, à des modifications mineures près, déclaré comme référence officielle dans la réforme de l'orthographe de 1901.

[modifier] Classification

C'est une langue germanique de la branche ouest, proche, notamment, du néerlandais.

[modifier] Langues régionales

[modifier] haut-allemand

[modifier] bas-allemand

[modifier] Écriture

L'allemand s'écrit avec les 26 lettres de l'alphabet latin, trois voyelles surmontées d'un Umlaut (sorte de tréma) ä, ö et ü, et un symbole graphique spécial ß, eszett (ligature de « s » et de « z ») ou scharfes S, utilisé en lieu et place de ss dans certains cas (principalement après une voyelle longue ou une diphtongue). La Suisse n'utilise plus le ß depuis les années 1930. Jusque dans les années 1940, l'allemand était imprimé en écriture gothique (Fraktur) et écrit en sütterlin, qui sont différentes versions de l'alphabet latin.

[modifier] Orthographe

L'orthographe allemande se déduit en général de la prononciation et d'un minimum de connaissances. Il est toutefois à noter que les fortes disparités régionales au niveau de la prononciation peuvent rendre la tâche ardue. Les principales difficultés orthographiques de l'allemand résident dans :

Afin de supprimer une partie des difficultés décrites ci-dessus, les représentants allemands, suisses et autrichiens convinrent d'une réforme de l'orthographe. Elle est entrée en vigueur en 1998 en Allemagne et est devenue obligatoire à partir de la mi-2005. La dernière réforme datait de 1901 et portait entre autres sur la suppression du h dans Thor et sur l'ajout du e pour les voyelles longues et accentuées dans la conjugaison des verbes, par exemple kritisirt -> kritisiert).

Les principaux changements concernent :

Cette réforme rencontre une forte critique en Allemagne. Le Land de Schleswig-Holstein a voté le retour à l'orthographe traditionnelle en 1998 (décision annulée pourtant par le parlement régional) et certains journaux et éditeurs ont depuis décidé de revenir à la graphie conventionnelle.

[modifier] Prononciation

Icône de détail Article détaillé : Prononciation de l'allemand.

Contrairement a des langues telles que l'anglais, l'allemand classique (Hochdeutsch) se prononce de manière assez conforme au texte écrit, hormis pour les mots d'emprunt. Presque toutes les voyelles se prononcent clairement, voire longuement, même sans indications.

Toutefois, les francophones qui apprennent l'allemand rencontrent généralement quelques difficultés, listées ci-dessous.


Tous les sons n'y figurant pas se prononcent toujours de la même manière qu'en français (a, b, d, f, i, k, l, m, n, o, p, ph, q, r, t, x). Le son [k] composé de c et h existe également en allemand : Christ, écho…

Lettres à Umlaut (notre "tréma" français)

Les Umlauts indiquent également l'accentuation. Ils marquent souvent le pluriel ou le diminutif (avec "-chen" et "-lein") des mots.

Lorsque les Umlauts ne sont pas permis (clavier étranger, Internet…), ils sont représentés par "e" : ae pour ä, oe pour ö, ue pour ü.

En Alsace, le remplacement des Umlauts est fréquent : Koenigshoffen (quartier de Strasbourg), le Haut-Koenigsbourg (un château fort)…


Lettres


Sons composés

Il faut bien veiller à ne prononcer qu'un son et pas deux sons distincts pour les combinaisons de deux voyelles : par exemple, pour la combinaison EI, il faudra prononcer ail (ou I et le i de knife) et non de na|ïf. Le son français OI est l'exemple même : on se prononce pas directement OU|A.


- übersetzen = traduire (passé composé : übersetzt)
- übersetzen = traverser un fleuve, aller sur l'autre rive (p.c. : übergesetzt).
- Du bist ein Ass = Tu es un as !
- Du bist ein Aas = Tu es un salaud ! (littéralement "une charogne")

Tableau synthétique de la prononciation de l'allemand
Les consonnes
b c ch ck d dt dsch f g h j
[b], [p] [k], [t͡s] [ç], [x], [k] [k] [d], [t] [t] [dʒ] [f] [g], [k], [ç] [h], [ː] [j], [ʒ]
k l m n ng p pf ph qu r
[k] [l] [m] [n] [ŋ] [p] [pf] [f] [kv] [ʁ], [ʀ], [ɐ]
s sch ß (ss) t ts, tz tsch v w y z
[z], [s], [ʃ] [ʃ] [s] [t] [ts] [] [f], [v] [v] [y], [j], [i] [ts]
Les voyelles
courtes a ä e er i o ö u ü
[a] [ɛ] [ɛ] [ɐ] [ɪ] [ɔ] [œ] [ʊ] [ʏ]
longues a, aa, ah ä, äh e, ee, eh i, ie, ih o, oo, oh ö, öh u, uh ü, üh
[] [ɛː] [] [] [] [øː] [] []
diphtongues ai, ay, ei au äu, eu
[ai] [au] [ɔi]*

* [ɔi] est parfois retranscrit en [ɔy].

Note :
b = [p] à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, [b] devant une voyelle.
ch = [x] après a, o ou u, [ç] ailleurs, [k] parfois au début d'un mot.
d = [t] à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, [d] ailleurs.
e = [ə] dans les syllabes inaccentuées.
g = [k] à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, [g] avant une voyelle, [ʒ] dans les mots étrangers. ig = [iç].
h = allonge la voyelle lorsqu'il la suit, [h] ailleurs.
j = [ʒ] dans les mots étrangers, [j] ailleurs.
r = entre une voyelle et une consonne : [ɐ] ou il ne se prononce pas, [ʁ] ou [ʀ] ailleurs.
s = [z] au début d'un mot et entre deux voyelles, [ʃ] devant t ou p, [s] ailleurs.
v = [v] dans les mots étrangers, [f] ailleurs.
y = [y] dans les mots provenant du grec, [i] ou [j] ailleurs. dsch, ph, qu et y se trouvent majoritairement dans les mots étrangers.

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