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L'alerte aux populations est l'action de prévenir les populations de l'arrivée d'un danger afin que celles-ci puissent s'en protéger. Le but est de minimiser le nombre de victimes.
On peut distinguer deux situations :
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La mise en place d'un système d'alerte dans un pays requiert d'avoir d'une part un réseau de veille permettant de détecter le problème à temps, et d'autre part une structure pouvant déclencher le système d'alerte, en relation avec le réseau de veille. Il faut distinguer les structures locales, pour les accidents industriels ou les catastrophes naturelles d'ampleur locale (par exemple inondation), et les structures nationales ou supra-nationales pour les catastrophes de grande ampleur ou dont la prévision nécessite de gros moyens (par exemple ouragan, tsunami, nuage toxique ou radioactif de type Tchernobyl, bombardement).
Le pays doit ensuite mettre en place une infrastructure pour diffuser l'alerte, en général :
Il faut enfin former les populations à la reconnaissance de ce signal et à la conduite à tenir. Ceci doit prendre en compte les risques les plus probables pour la région. Les consignes doivent être simples ; on peut distinguer deux types de situations : celle requérant un confinement, et celle requérant une évacuation immédiate. Il faut donc dans l'idéal deux signaux distincts.
En France, l'alerte aux populations se fait via le réseau national d'alerte (RNA). Il s'agit d'un réseau constitué d'environ 4 500 sirènes réparties sur le territoire ; il est hérité de la défense passive de la Seconde Guerre mondiale. Les signaux ont été définis par l'arrêté du 23 mars 2007 relatif aux caractéristiques techniques du signal national d’alerte. Ce signal consiste en trois cycles successifs d'une durée de 1 minute et 41 secondes chacune et séparés par un intervalle de 5 secondes, d'un son modulé en fréquence :
Le son produit par les sirènes pneumatiques ou électroniques est constant en fréquence et en puissance. Dans le cas des sirènes électroniques, le signal électrique à injecter est un signal périodique en « dent de scie » de fréquence fondamentale 200 Hz (tolérance 5 Hz).
Le signal d'alerte spécifique des aménagements hydrauliques comporte, quant à lui, un cycle d'une durée minimum de 2 minutes composé d'émissions sonores de 2 secondes séparées par un intervalle de 3 secondes.
Le signal de fin d'alerte comporte une émission sonore d'une durée de 30 secondes.
Lorsque ce signal retentit, les personnes sont invitées
Les enfants scolarisés sont pris en charge par l'école, c'est le lieu où ils sont le plus en sécurité. Il est donc dangereux et inutile d'aller les chercher.
La fin de l'alerte est indiquée par un signal continu de trente secondes, d'une fréquence de 380 Hz, que le signal soit d'origine électronique ou électromécanique.
Les sirènes diffusant ce signal sont installées en fixe sur des hauteurs (par exemple des bâtiments hauts) ; le signal peut éventuellement être diffusé par des haut-parleurs montés sur des véhicules mobiles. Dans les petites communes abritant un centre de première intervention (CPI) des sapeurs-pompiers, la sirène sert également parfois à appeler les sapeurs-pompiers volontaires lorsque leur intervention est requise, mais le signal est différent (une séquence unique de deux ou trois cycles seulement), et le système est de plus en plus remplacé par des bips (pageurs).
Jusqu'en 1999, les consignes étaient indiquées sur les annuaires téléphoniques de France Télécom. Elles sont enseignées au PSC1 (Prévention et secours civiques de niveau 1 - anciennement AFPS).
Les lieux situés en aval d'un barrage disposent d'une alerte spéciale, sous la forme d'une corne de brume. Ce signal indique un risque de rupture imminent du barrage ou un relargage d'eau pour éviter cette extrémité, avec un risque d'inondation de la vallée. Lorsque ce signal retentit, les personnes doivent évacuer d'urgence la zone.
Des consignes spécifiques peuvent être définies en fonction des risques locaux, notamment industriels. L'information des populations est alors à la charge des mairies et préfectures.
Le signal national d'alerte est testé le premier mercredi de chaque mois à midi : le signal d'alerte retentit une seule fois (au lieu de trois) à 12h00, puis le signal de fin retentit à 12h10 dans de nombreuses régions de France. En effet, la moitié des sirènes sont régies par le Ministère de l'Intérieur. Pour les autres, c'est au choix des personnes en charge des sirènes (informations complémentaires nécessaires !)
Le 22 mai 2008 à 9h31, le système d'alerte s'est déclenché inopinément sur Paris et la petite couronne. Il a été interrompu après la seconde période du premier cycle[1].
Le 16 juillet 2008 à 18h54, le système d'alerte s'est encore déclenché de façon inopinée sur Saint-Louis (Haut-Rhin). Il a été interrompu à la fin du premier cycle (soit plus d'une minute). Une mauvaise manipulation de la part du centre d'incendie et de secours de la ville est à l'origine de l'alarme.[2]
Le 20 août 2008 à 23h46, le système d'alerte aux populations s'est déclenché aussi de manière inopinée sur Versailles. Il a été interrompu avant la fin du premier cycle (après 30 à 40 secondes).
Aux États-Unis, l'alerte aux populations se fait par radio, avec le système appelé Emergency alert system (EAS). Ce système a remplacé le Emergency broadcast system (EBS) en 1997, qui a lui-même été créé en 1963 pour remplacer le CONELRAD (Control of Electromagnetic Radiation).
Les messages d'alerte sont des messages numériques (succession de bits) d'un format normalisé. L'en-tête indique la nature du message (il est émis quatre fois afin d'éviter les déclenchemens erronés). Ces messages peuvent être envoyés par les stations primaires qui peuvent être nationales (national primary, NP), de l'État (state primary, SP) ou bien locales (local primary, LP). Les messages sont relayés par les relais de l'État (state relays, SR) jusqu'aux acteurs locaux. Les relais locaux, ou participating national sources (PN), sont les stations de radio et de télévision (systèmes de diffusion par câble ou par voie hertzienne), les autres services sous la coupe de la Federal Communications Commission (FCC), ainsi que des entreprises participant au programme ; les particuliers possédant une radio compatible EAS peuvent directement décrypter les messages de l'EAS.
Une notification d'action d'urgence (emergency action notification, EAN) est envoyé à toutes les stations relais pour indiquer le début de l'alerte ; les émissions des stations relais sont alors interrompues et remplacées par le message d'alerte, qui commence par un signal sonore de huit secondes composé par deux sons sinusoïdaux émis en même temps et de fréquence 853 Hz (entre le sol # et le la aigu) et 960 Hz (entre le sib et le si aigu), qui est un accord dissonant (il provoque une sensation désagréable, avec des battements interférentiels). Ce signal sonore est suivi par un message vocal indiquant la nature de l'alerte et les consignes à suivre. Lorsque l'alerte est levée, la station d'origine émet un message de fin (emergency action termination, EAT).
La plupart du temps, l'EAS est activé pour des risques climatiques (tempêtes, ouragans). Le système est testé une fois par semaine.
Dans le système précédent (EBS, avant 1997), le signal d'alerte n'était pas numérique mais analogique. Le signal d'avertissement (accord dissonant) était diffusé durant 28 secondes, les 20 premières secondes déclenchaient l'arrêt des émissions normales et les 8 dernières secondes étaient diffusées à l'antenne en préalable au message d'urgence. Le basculement des émissions normales à la diffusion du message d'alerte (retransmission du message de la station primaire) était effectué manuellement. Pour les déclenchements nationaux, une confirmation de l'alerte était relayée par les agences de presse Associated Press (AP) et United Press International (UPI) pour éviter les erreurs ou canulards. Entre 1976 et 1996, l'EBS a été activé plus de 20 000 fois, pour des événements météorologiques..